Description
Renaud Côté
M. Côté est né le 5 octobre 1918 dans la région de Gaspé. Il a travaillé pour la compagnie Brompton. Il s'est enrôlé volontairement à Sherbrooke, rue Belvédère, en 1939. Il a commencé sa carrière militaire dans le corps forestier mais il n'y resta qu'un mois. Il a ensuite fait partie du corps dentaire à Valcartier où il travaillait dans les laboratoires. Lorsque les premières troupes partent, sans savoir où elles allaient, le dentiste Cunningham veut que M. Côté le suive. Le 27 octobre 1941, il part donc pour l'inconnu et se retrouve à Hong Kong. Il n'avait aucun entraînement militaire, seulement l'entraînement de base qu'il avait reçu à Valcartier.
Transcription
Interviewer: Y'avait beaucoup d'punaises?
Ah, on s'couchait l'soir, pis tu levais le lendemain matin pis on était tout plaqués de rouge, mangés par les punaises. C'est une maudite place! Là les malades, là, nous autres, c'qu'on faisait avec, qu'est-ce tu veux, on les encourageait pis on avait rien, pis l'Docteur Crawford, c't'un médecin qui était là, ça, on avait des caches à quelque part dans l'camp ou en dehors du camp où y avait des médicaments pour ces gens-là. On les a demandé aux Japonais d'nous rapporter ça ces médicaments là, y'ont jamais voulu, fa qu'l'monde mourait, point final. Pis là on leur disait, écoute, y'en a cinq de morts cette nuit, y arrivaient avec un camion pis envoye ça su' l'camion, pis y sortaient ça dehors. Pareil comme ramasser les maudites poubelles.
Interviewer: Parce ça c'tait tout clôturé, c't'affaire là, là?
Ben ça l'est! Ah ben j'cré ben oui! Pis une clôture avec du barbelé, et pis des electricwire, puis tout était dedans. Tu pouvais pas... moi j'ai un gars, un gars que j'connaissais très bien, un nommé... son maudit nom... y s'est jeté dans ça, lui, pis y s'est tué. Y n'avait assez hein, c'est... l'électricité était là pour tuer aussi, y'avait pas à sortir de d'là, et puis, c'est ça. L'temps d'la diphtérie, j'sais pas comment est-ce qui n'est mort, mais y doit y en avoir eu un moyen paquet, j'te dis, ça pas d'bon sens.