Attention!
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Description
Monsieur Landry se retrouve à Chypre à deux reprises pendant sa carrière militaire. Il nous dresse un bref aperçu de l’ambiance qui régnait là-bas.
Clifford Landry
À 14 ans, monsieur Landry travaille en forêt où il conduit des camions pour l’industrie forestière, puis il joint l’armée à 23 ans pour voir le monde et servir son pays. Après une brève formation d’artilleur, il se retrouve en Corée en 1952, cent jours avant la fin de la guerre. Après l’armistice de Panmunjom, il s’engage pour six mois supplémentaires qu’il passe surtout au Japon. Après la Corée, monsieur Landry consacre vingt et un ans aux Forces armées canadiennes. Il sera déployé en Allemagne et deux fois à Chypre.
Transcription
Là c’était pour le Peacekeeping contre les… entre les Grecs pis les Turcs.C’est du monde qui est tellement fier. Y’ont beaucoup de… ils sont pauvres pis… ils tiennent beaucoup de rancune. Des affaires terribles qu’on va aller voir… Ils nous ont apportés dans… puis ils remontent tout ce que les autres ont fait, tu sais là. Pis les Turcs, eux autres, ont fait… ben ils ont tous des affaires aussi pires que ça. Y’ont descendu, eux autres, c’est pas loin de Kyrenia là, y’ont rentré dans une école pis y’ont tout tué les enfants qu’il y avait là pis après ça ils les ont pendus sur des hooks à viande su’l boucher qui était à côté, pis là ils s’en ont été. Mais ces personnes-là, là, qui étaient responsables de ça, cette troupe là qui a été là, ben les Grecs, certains voulaient les tuer ! Pis on a parlé à un d’eux autres. Moi j’ai parlé à un d’eux autres, moi. Y’était là-dedans. Il dit : « Moi, si là, si les Canadiens s’en aillent, j’aurais une semaine à vivre à peu près, je serais tué par eux autres. »Parce que, hé, t’étais d’un d’un côté, pis l’autre de l’autre côté-là… c’était… fallait faire attention. On venait habitué à ça nous autres pareil, tu sais les… les chars qui s’en allaient d’une place à l’autre. Ils passaient là dans le terrain… les Grecs étaient escortés pis nous autres on envoyait ça tout seul… Nos véhicules étaient jamais… on n’a jamais été dérangé. On partait de là pis on s’en allait en ville pis, tu sais… y’avait pas de problème. Pas trop d’action, c’était assez tranquille.Des fois, ils essayaient des affaires, tu sais là… Ils bâtissaient… Y’a une place, ils bâtissaient une ville. La première chose qu’ils ont bâti, c’était la rue. Ben c’était un airport qu’ils bâtissaient. (rires)Nous autres, on avait la force là, les Nations Unies là. Ils avaient le droit de se défendre pis s’ils se tuaient entre eux autres, ben… c’est pas si pire. Nous autres, un jeune de dix-neuf ans, y’était là pis il faisait la garde pis l’autre s’est levé à côté. Le Canadien était là, il s’est levé à côté pis il a tiré le gars. Y’a tué un jeune gars là… quand on était là. Ça prend pas grand-chose, mais ça fait de l’excitation pour une secousse.D’entre eux autres, ils y en avaient qui blâmaient les Canadiens. Mais le Canadien, qu’est-ce qu’il était pour faire lui là ? Se mettre entre les deux ? C’est lui qui s’aurait fait tuer. Y’a resté où ce qu’il était. Y’a fait ce qu’il était supposé de faire. Il les a empêché de venir ensemble, mais c’est rien qu’un garde qu’il y avait là dans une boite. Qu’est-ce tu peux faire ? Y’a pas eu grand-chose dans, dans la majorité des temps. On avait assez des bonnes relations avec les deux, tu sais. Nous autres on y allait d’un côté ou de l’autre, ça dérangeait pas.Interviewer : Quelle était la réaction des peuples à avoir tous ces officiers des Nations Unies, les Canadiens parmi leur village ou leur ville ? Dans la majorité des cas… ça leur sauvait leur vie eux autres. Parce qu’ils auraient été attaqué par l’autre, par l’autre.