Attention!
Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.
Description
Quand l’Armée devait traverser une rivière, la 85e Compagnie de pontage passait à l’action. M. Champoux nous raconte un peu la vie de tous les jours au sein de cette compagnie, mais aussi comment bâtir deux sortes de ponts : les ponts à pontons et les ponts Bailey.
Henri-Paul Champoux
Après s’être enrôlé, Monsieur Henri-Paul Champoux se retrouve rapidement en Angleterre où il participera à des formations de tous genres (commando, gaz nocifs, pontage et autres) pendant presque trois ans. Affecté à la 85e Compagnie de pontage, il débarque en Normandie deux jours après le jour J. Au sein de sa compagnie, il bâtit des ponts en France, en Belgique et aux Pays-Bas afin de permettre à sa division d’avancer sur les Allemands en déroute. Il échappe à la mort plusieurs fois au cours de cette avancée et vit plusieurs histoires assez cocasses qu’il raconte avec humour. Il épouse une Française juste après la guerre et demeure en France quatre ans avant de revenir au Canada.
Transcription
Nous autres, on faisait des ponts. Y’avait un pont à faire, on allait faire le pont. Après ça, on s’en allait… on retournait sur la deuxième ligne. Là, on attendait là. Là, on pouvait passer trois, quatre jours sans rien faire. Pis après ça, on retournait sur la ligne, pis on revenait. Sur la ligne, quand on allait sur la ligne là, c’était pour une journée, deux jours, pas plus. Pis après ça, on revenait.Supposons qu’on faisait un pont, y’avait toujours une compagnie de… qui allait de l’autre bord, qui cleanait la place. Là, nous autres, on faisait notre pont pour aller par là. Pis après ça, on revenait pis on retournait. Là, les tanks passaient, eux autres. Nous autres, aussitôt que notre pont était fait, les tanks passaient dessus pis s’en allaient. C’est eux autres qui ouvraient, après ça l’infanterie pis les ingénieurs, tout ça.Là, y’avait le sergent… le staff-seargent, lui, quand on faisait un pont là, lui y’embarquait sur le pont en partant là, pis fallait qu’il marche tout le temps. Tout était sensé s’en suivre, pis là ça poussait là, y’avait des gars pour… On prenait les choses là pis ça poussait pour traverser de l’autre bord.On fait un pont… un pont Bailey… un pont Pontoon, Pontoon, Pontoon là, sur le Rhin. Ça, ça a été plus long ça. Tu sais un pont Pontoon, je sais pas si tu connais ça ? On mettait des barges dans l’eau, pis chacun y’avait des barges, pis on… En tout cas, les tanks traversaient dessus. Quand un tank passait pis y passait sur ça. Aussitôt qu’on avait fini, le tank s’en venait. Même des fois, on n’avait pas fini au complet pis on voyait venir les tanks. Je te dis que on décollait pour le faire.Ça nous a pris ça un… une journée à peu près ? Une nuit. On faisait ça de nuit de quoi ce que… pour pas se faire bombarder. Pis quand on allait faire un pont le soir, fallait pas fumer. Le feu de la cigarette, ça vient du rouge, hein… pour pas se faire tirer.Puis un pont Bailey, le pont Bailey c’était plus court, hein. Ben le pont Bailey là… on en a fait un qui était supposé prendre à peu près six heures, ça nous a pris trente-six heures. Il s’est fait couler deux fois. C’est les… y’envoyaient des bombes là pis ça tombait dessus, bang ! Parce que, quand on faisait un pont, y’avait l’infanterie qui était là avec des, des Brens qui shootaient par-dessus nous autres. Pis si y’envoyaient des bombes, les bombes r’venaient dans l’air, hein. Ben si y’arrêtaient, ben aussitôt que ça arrêtait, on aurait dit que Christ, ils le savaient les Allemands, ça tombait sur nos ponts !Mais moi, j’étais pas peureux… comme je te dis, ma mère me protégeait. Y’avait un nommé (nom coupé) lui, y’avait assez peur d’aller sur la ligne de feu, qu’il en pleurait. Pis quand on allait faire un pont, y’avait des camions qui allaient pas, pis d’autres qui allaient. Si mon camion y allait pas, moi je prenais ça place à lui. Je demandais à l’officier. Il disait toujours oui, lui. Fait que c’est moi qui allait à la place de l’autre.Mais le pont Bailey c’était des traverses… des grosses beams… des beams de long. Pis là, pour traverser… prendre des beams là, on était six. Un chaque bout… deux chaque bout pis deux dans le milieu. Là on les emmenait, on en mettait deux chaque bord pis y’avait d’autres qui arrivaient avec d’autres beams pour qu’y’aille chaque bord. C’était… ça rentrait pis ils mettaient une bolt. C’était… ça finit par là.Pis, pas à dire, c’est des tanks qui passaient dessus après ! On n’avait pas fini de faire les ponts que les tanks passaient dessus.