Attention!
Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.
Description
M. Fraser nous raconte ce que les prisonniers de guerre mangeaient au camp Stalag VIII B.
Arthur Fraser
Enrôlé chez les Fusiliers Mont-Royal à l’âge de dix-sept ans, Monsieur Fraser monte la garde à l’aéroport de Saint-Hubert jusqu’à son dix-huitième anniversaire, car on lui interdit d’aller au front outre-mer si jeune. Puis il se retrouve en Angleterre où il participe à une formation de commando avant d’être mobilisé pour le raid de Dieppe. À Dieppe, il est fait prisonnier et se retrouve au camp de prisonniers Stalag VIII B. Là, il pratique le marché noir de nourriture afin de survivre. Il va ensuite aux travaux forcés dans des mines de charbon en Pologne, mais comme il a caché sa véritable identité, il est renvoyé en Allemagne au camp Stalag II D, où il travaille à la ferme. Il s’évade et survit en forêt quelque temps avant que les Américains et les Russes occupent l’Allemagne et qu’il puisse retourner à la maison.
Transcription
Qu’est-ce qu’on savait pas c’est que, d’où nous partions, nous en allions dans le bout de la Pologne, en Sélésie (sic). Fait que fallait traverser l’Allemagne. Naturellement que les convois militaires ou les convois civils avaient priorité sur nous autres, sur les prisonniers de guerre. Alors ça veut dire ça que on était obligé d’arrêter pour laisser passer certains convois, ou certains trains. Alors ça nous a pris trois jours pour se rendre là.En rentrant dans le camp, y’ont pris notre nom, notre numéro régimentaire, et puis là ils nous toutes donnés un tag comme ça ici. Ce tag-là, c’est le tag allemand, pis ça on était supposé de porter ça sur notre corps en… Y’était en un morceau, mais si tu meurs, ils le brise en deux. Un morceau reste sur ton corps puis l’autre morceau, ils envoyent ça à la Croix-Rouge internationale.Et puis, en passant, y’a un Anglais qui dit, il dit : « Your tag… » il dit « c’est la ration de pain que vous allez avoir à toutes les jours. » Alors le, un pain, comme vous savez, c’est faite en long, pis nous étions sept sur un pain. Et ça, la largeur de ce tag-là, c’était ma ration de pain que j’avais à toutes les jours. Alors un pain c’est pas faite carré dans ce temps-là. T’as un pain, y’avait chaque bout, c’était un rond. Alors on avait chacun notre numéro, pis c’était tiré au sort, et puis le numéro que… qui tu sortait, c’était su’ton pain, tu prenais ce morceau-là, c’était à toi.De temps en temps, on avait du fromage, des Allemands. Temps en temps, on avait un p’tit morceau de viande, de saucisson, pis on avait de la soupe. D’la soupe on n’avait toutes les jours. On la mangeait pas la soupe parce que tu savais pas quecé que t’étais pour trouver dans’soupe. Fait que… tu savais pas si t’étais pour trouver une tête de quequ’chose ou des morceaux de dentier, ou d’animal, ces affaires-là. Fait que la soupe on la mangeait pas.Mais aujourd’hui, si je suis ici pour vous conter mon expérience de l’Armée et prisonnier de guerre, je remercie la Croix-Rouge internationale. Parce que si nous avions pas eu le colis, à toutes les semaines, de la Croix-Rouge internationale, je suis sûr et certain que je serais pas ici. Si on avait eu seulement que la ration allemande, je serais pas ici aujourd’hui.