Rwanda - Les Forces armées canadiennes au Rwanda

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Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.

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Description

Collection d'entrevues avec des vétérans des Forces armées canadiennes racontant leur expérience du service militaire au Rwanda. Les vétérans de ce vidéo sont : Jean-Yves St-Denis, Étienne Paulin, Jerry Deveau, Mike Desmeules, Denis Allaire.

Transcription


Rwanda 1994... j’ai témoigné des suites du massacre de 750 mille personnes... j’ai vu des fosses communes... j’ai exhumé des corps, des enfants encore emmaillotés à leur mère, leur tête écrasée... j’ai vu des blessures causées par des mines... la maladie et la mort étaient partout... et la société avait complètement perdu la tête.

La première chose que j’ai vue, après mon atterrissage, je suis monté dans une jeep avec un autre Canadien. Il m’a dit : « En passant, fais attention, juste au dessus de cette colline, il y a le cadavre d’une femme en train de pourrir au milieu de la rue. »

Il y avait des centaines de milliers de corps partout dans le pays, littéralement.

It didn’t smell great when we arrived there. The smell, along with the heat, was really suffocating.

Devant un hôpital, j’ai vu un tas de corps qui faisait peut être 20 pieds de haut. Il était là, tout simplement.

Il y en avait tellement, que nous étions devenus assez bons pour dire, d’après l’odeur, si les corps étaient vieux de quelques jours, deux semaines, un mois.

Au Rwanda, quand on marche, il faut toujours regarder où on va et surveiller les gens, parce qu’on ne sait pas qui ils sont.

Si vous ne faisiez pas partie de leur tribu, leur bétail avait plus de valeur à leurs yeux que vous.

I often spoke with young Hutus at the water hole, you know, I ended up making some contacts there. They weren’t more than 12, 13 years old. I asked them, and killing a Tutsi was like a game to them, like going hunting. No remorse or pangs of conscience...They’d talk about it with a smile from ear to ear.

On traversait la ville, et il fallait s’arrêter aux postes de contrôle. À un moment donné, il y a eu un échange de coups de feu devant nous. On était là, on regardait des gars se faire tuer et se vider de leur sang sous nos yeux. Puis le combat s’arrête, les coups de feu cessent. Et le véhicule des Nations Unies passe le poste de contrôle.

It would break any man who has a heart. Even those who don’t would find one.

Tu peux pas croire que l’humain peut aller aussi loin pour atteindre un but.

On est allé dans un stade à Kigali. On est resté au stade, c’est là qu’on était stationné. Y’avait pas d’eau courante, pas d’électricité, rien. C’était très sale. Il a fallu nettoyer; c’est la première chose qu’on a faite.

The floor of the stadium was brown, and it was a beautiful stadium. You could see it was polished marble, but it was all brown. And if you were so unlucky as to spill a little water on it, you could see it was covered in organic, human waste; it stank!

On dormait sur le plancher dans un sac de couchage et les rats rôdaient, et, mon Dieu, ils avaient la taille d’un chat !

Il fallait parfois se nourrir d’aliments périmés ou de ce qu’on pouvait trouver; il n’y avait aucun soutien. C’était ardu.

On ne pouvait protéger ni notre propre personne ni la population locale.

On essaie d’échaper aux balles, on se frustre parce que les Nations Unies ne peuvent nous fournir les ressources dont on a besoin; et on se demande « Qu’est-ce que je fais ici ? »

We heard dogs barking, dogs howling, we heard complaints, shots being fired, machine guns going off, people screaming; it seemed to be women and children.

Je dormais avec un pistolet chargé sous mon oreiller et une arme semi automatique à côté de mon lit. Je me suis dit : « Je veux rentrer à la maison, et pas dans un sac à dépouilles. »

Impossible de se préparer pour de telles situations, vous savez, ce type d’horreur. C’est tout simplement impossible.

C’était une aberration.

Impossible à oublier.

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