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Son histoire

Anneliese Papaurelis
Anneliese Papaurelis s’est enrôlée dans les Canadian Grenadier Guards en 1991 après avoir obtenu son diplôme de l’Université McGill.

Née à Montréal et y ayant grandi, Anneliese était selon ses propres dires un garçon manqué. Elle adorait faire du camping – ce qui n’a pas changé – et écouter son oncle raconter des histoires sur son service dans l’armée des États-Unis. « Je pensais tout savoir sur la vie militaire », dit-elle.

Le bénévolat dans sa communauté a toujours été important dans la vie d’Anneliese. À 12 ans, elle fournissait son aide à l’Armée du salut. Plus tard, elle est devenue bénévole à l’Hôpital général de Montréal.

Lorsqu’elle a obtenu son baccalauréat ès arts en anglais de l’Université McGill en 1991, Anneliese a constaté que les emplois étaient rares. Motivée par son amour du camping et de bons souvenirs de l’expérience militaire de son oncle, elle s’est enrôlée dans les Canadian Grenadier Guards basés à Montréal et a fait son instruction de base à Valcartier. Ce qui a commencé comme un travail à temps partiel s’est transformé en une aventure de quatre ans qui a eu des répercussions durables sur sa vie.

Au début des années 1990, les femmes commençaient tout juste à devenir plus présentes dans les métiers de combat. « Je crois que nous étions environ 30 femmes, comparativement à 3 000 hommes, se souvient-elle de son instruction à Gagetown. Nous avions beaucoup de pression. »

Pendant un entraînement à Farnham durant l’hiver 1993, Anneliese s’est blessée au dos, entraînant des douleurs et des lésions nerveuses. Plus tard la même année, elle s’est blessée gravement à la cheville. Près de 30 ans plus tard, Anneliese doit toujours composer avec l’inconfort découlant de ces blessures.

Anneliese Papaurelis
Son service au sein des Canadian Grenadier Guards a mené Anneliese Papaurelis jusqu’au Moyen-Orient.

Elle chérit malgré tout son expérience dans la Réserve, au cours de laquelle elle s’est rendue au Moyen-Orient. Elle a servi comme sous-lieutenant et a fini par assumer divers rôles au sein de son régiment, notamment la gestion financière et le signalement du harcèlement sexuel.

« J’ai adoré la camaraderie et surtout être là pour les autres femmes de l’unité. Je pense que c’était probablement l’un de mes rôles les plus importants, presque aussi important que de veiller à ce que tout le monde reçoive son salaire sans anicroche. »

Cependant, la satisfaction qu’elle ressentait au travail était éclipsée par l’ombre que jetait la rencontre de jeunes femmes qui arrivaient à son bureau avec un « problème financier » qui se révélait être un appel à l’aide lié à du harcèlement sexuel, ou pire.

« Je n’étais pas préparée ou formée pour recevoir les confidences de ces femmes qui étaient à peine moins âgées que moi », souligne-t-elle. Anneliese dit qu’aucun de ses supérieurs ne voulait avoir recours à un processus de recours hiérarchique par crainte de représailles, et qu’elle n’avait aucun moyen d’aider autre que d’écouter.

En 1996, elle a quitté la Réserve. « À cette époque, ma carrière civile devenait de plus en plus exigeante. Je travaillais comme consultante en gestion du changement, et je suis tombée enceinte. Je suppose que je me suis dit que je n’aurais probablement pas grand-chose à faire dans l’armée en étant enceinte. »

Peinture par Anneliese Papaurelis
Le parcours de guérison d’Anneliese Papaurelis comprend la reprise de la peinture, une activité qu’elle aimait dans le passé. Elle publie son art sur Instagram sous le compte artful_recovery.

Quand elle a quitté l’armée, c’est comme si une porte en acier s’était refermée dans son esprit. Elle a laissé derrière elle les souvenirs de ses propres expériences et de celles des femmes qui lui avaient fait confiance. Elle regrette de ne pas en avoir fait davantage. « J’aurais dû dénoncer ce qui se passait, mais il n’y avait vraiment aucun mécanisme pour cela, tout était si nouveau. Et personne ne voulait être pointé du doigt. » Ce n’est que des années plus tard qu’elle a commencé à se rendre compte de l’incidence de cette situation.

Après avoir quitté l’armée, elle semblait bien se porter, occupée par la gestion de projets, les relations publiques et la collecte de fonds. Mais en réalité, elle luttait pour garder la tête hors de l’eau.

Son premier mariage a pris fin pendant sa grossesse. Après une décennie de relations abusives et de périodes à vivre d’une paye à l’autre, elle se sentait brisée émotionnellement et physiquement. L’hypervigilance, les cauchemars et les flashbacks la gardaient dans un état constant de stress.

Un jour, un vieil ami lui a dit : « Quand tu étais au secondaire et à l’université, tu avais les petits amis les plus gentils, mais après l’armée, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais les choses se sont vraiment détériorées. »

Son parcours de guérison

Peinture par Anneliese Papaurelis
Anneliese a peint cette scène acrylique, « Spring Thaw », en 2016.

Cette conversation a déclenché le processus de guérison d’Anneliese. Elle a commencé par reprendre des activités positives, notamment la peinture et le dessin. Vous pouvez voir son art sur son compte Instagram (En anglais seulement). Elle est retournée travailler dans le secteur sans but lucratif, élaborant et mettant en œuvre des projets qui aident les enfants et les adultes ayant un handicap physique. Le bénévolat a également fait un retour dans sa vie avec sa participation à la campagne de Respect Canada, et elle continue d’être une ressource et une mentore pour les femmes qui tentent d’échapper à des relations abusives.

« Après avoir été entraînée dans une spirale négative pendant tant d’années, je me suis efforcée de créer une spirale positive pour faire avancer les choses dans la bonne direction. »

Un collègue vétéran lui a suggéré la méditation transcendantale (MT) pour faire face au stress. Elle a suivi la formation dans le cadre de l’Initiative canadienne pour le bien-être des femmes, qui en a assumé le coût pour elle-même et sa famille. Aujourd’hui, ils méditent tous au moins une fois par jour.

« C’est comme des vacances d’une durée de 20 minutes, dit-elle. C’est un état entre le rêve et l’éveil; vous pouvez vivre une expérience onirique, mais vous êtes conscient de tout ce qui vous entoure. » La douleur physique de ses blessures militaires devient également moins gênante.

Les cauchemars se produisent rarement maintenant, et elle a retrouvé un sentiment d’équilibre dans sa vie. Elle attribue à la MT un rôle déterminant dans son parcours de guérison, car c’est un moyen de calmer son esprit, sans avoir besoin de revivre les événements traumatisants qui se sont produits. « Cela me donne un moyen de continuer à guérir et à aider les autres. »

L’Initiative canadienne pour le bien-être des femmes et la campagne RESPECT ont reçu un soutien financier dans le cadre du Fonds pour le bien-être des vétérans et de leur famille.


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