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Chypre phase 2

L'intervention du Canada et de la communauté internationale

Le 4 mars 1964, les Nations Unies créent la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre pour aider à rétablir l’ordre. Le Canada y participe depuis le début.

1964 – présent


Chypre

L'intervention du Canada et de la communauté internationale

Voyant la violence s'intensifier, les Nations Unies a tenté de trouver une manière d'aider. Le 4 mars 1964, les Nations Unies a créé la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre afin de contribuer à rétablir l'ordre. Le Canada a fait partie de cet effort dès son début.

Le 13 mars 1964, l'Aviation royale canadienne a commencé à amener des troupes et du matériel à Chypre. Les Canadiens ont eu à faire face à d'importantes difficultés. Garder la paix était difficile là où de nombreux petits groupes de Turcs vivaient parmi une large population grecque. Les forces des Nations Unies avaient besoin de soldats, mais aussi de gens ayant la capacité de désamorcer les accrochages quotidiens entre les deux parties. En raison de situations comme celles ci, il est dit que le maintien de la paix n'est pas un travail de militaire, mais que seuls des militaires peuvent le faire.

Des gardiens de la paix canadiens dans un véhicule blindé lors d'une patrouille à Chypre. (Photo : Ministère de la Défense nationale)

Une paix précaire

Au cours des années suivantes, les représentants des Nations Unies ont tenté de faire la médiation des désaccords à Chypre. Les négociations ont malheureusement toujours échoué, aucune solution n'a été trouvée. Durant 10 ans, malgré les épisodes de violence qui éclataient de temps en temps, les forces de des Nations Unies ont contribué à maintenir en place une paix fragile.

Coup d'État

La pression a explosé en juillet 1974. Des Chypriotes grecs ont mené un coup d'État pour enfin unir Chypre à la Grèce. La Turquie, pays voisin, était contre et est rapidement intervenue avec force.

L'invasion turque

Le 20 juillet 1974, 40 000 soldats turcs ont commencé à envahir Chypre. La Turquie a déclaré ne vouloir que rétablir la situation et protéger la population minoritaire turque. Les Canadiens et les autres soldats des Nations Unies se sont soudainement retrouvés au beau milieu d'une zone de guerre.

Ils étaient entourés des nombreuses situations périlleuses. Lors d'un combat à proximité de l'aéroport de Nicosie, les Canadiens ont négocié un cessez le feu local. Les forces grecques et turques ont accepté de se retirer de la zone. Nos Casques bleus ont ensuite occupé l'aéroport, mais la menace des Turcs était toujours présente. Les militaires canadiens ne disposaient que de quelques armes antichars et des mitrailleuses lourdes. Avec astuce, ils se déplaçaient d'une place à l'autre autour de l'aéroport sous le couvert de la nuit, pour faire croire qu'ils étaient plus nombreux à défendre le lieu. La stratégie a porté ses fruits! Nos Casques bleus ont gardé un lieu stratégique.

Les courageux soldats canadiens

Le combat ouvert a fait rage à Chypre durant plusieurs semaines de l'été 1974. Durant ces combats, trois Casques bleus canadiens ont été tués et 17 autres ont été blessés. Les Canadiens ont aussi su prouver leur grand courage.

Le 23 juillet 1974, des membres de nos troupes se sont retrouvés sous le feu des armes lors d'une patrouille. Plusieurs soldats ont été touchés, dont l'officier qui menait la patrouille. Le soldat Joseph Plouffe s'est précipité pour prodiguer les premiers soins à l'officier, mais il fut touché à son tour. Des tirs de mitrailleuses menaçaient la vie de ces deux Canadiens blessés. Cependant, le caporal Joseph Whelan, les soldats Joseph Belley et Joseph Pelletier ont bravé les balles pour les sauver.

Cessez-le-feu

Alors que les affrontements se poursuivaient à Chypre, une solution diplomatique était recherchée. Une série de cessez-le-feu ont été négociés et les pourparlers formels pour la paix ont commencé. Enfin, un plan pour diviser l'île en deux territoires a été mis en œuvre. Une zone tampon d'une longueur de 180 km allant de la cote est à la cote ouest, et traversant Nicosie, a été créée. Cette zone fut nommée la ligne verte, au nom de la couleur utilisée par un général pour la tracer sur la carte. C'était une zone démilitarisée avec les forces turques au nord et les forces grecques au sud. La solution n'était pas parfaite, mais elle a mis un terme à la guerre ouverte.

Cette approche a cependant été adoptée au détriment des gens de l'île. Plusieurs Chypriotes grecs et turcs sont devenus des réfugiés dans leur propre pays, car ils ont dû être déportés en raison de la division de l'île.

Patrouille de la ligne verte

Les forces de maintien de la paix des Nations Unies ont patrouillé dans la ligne verte durant les nombreuses décennies qui ont suivi. À certains endroits, les territoires grecs et turcs ne sont séparés que par quelques mètres seulement. La tension y est parfois très forte et les coups de feu sont fréquents. Souvent, même déplacer un sac de sable n'était pas sans danger de créer un incident. Les Casques bleus canadiens devaient vivre avec la mission de contenir une situation explosive. Avoir à maîtriser des foules et des groupes en colère était des défis courants.

Des gardiens de la paix se rencontrent à un point d'observation des Nations Unies à Chypre. (Photo : Ministère de la Défense nationale)

Évolution de la participation du Canada

Au cours des 30 dernières années, un large contingent de Canadiens, allant de 500 à 1 100 personnes, a servi à Chypre. La majeure partie des Casques bleus a été ramenée en 1993. Cependant, une présence militaire canadienne peu nombreuse – portant le nom de code Opération Snowgoose – y demeure encore aujourd'hui. En tout, plus de 25 000 Canadiens ont effectué une période de service de six mois dans l'île au fil des ans.

Sacrifices

Le maintien de la paix peut être une tâche très dangereuse. À Chypre, 28 Casques bleus canadiens ont péri. Ils ont fait le sacrifice ultime en contribuant aux efforts de notre pays pour aider les Chypriotes. Le sacrifice de nos Casques bleus peut prendre d'autres formes. Les blessures ou les rudes expériences vécues par nos vétérans lors de ces difficiles missions internationales causent parfois des répercussions qui les touchent pour le reste de leurs jours.


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