Le programme d'entraînement aérien du Commonwealth britannique

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Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté en 1939, un océan séparait le Canada du théâtre des combats en Europe. Mais la distance géographique n'a pas empêché le pays de jouer un rôle important dans la lutte pour recouvrer la paix.

L'une des plus importantes contributions de notre pays à l'effort de guerre fut le Programme d'entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB). En vertu d'une entente signée en 1939, le Canada devait fournir des installations et de l'entraînement aux aviateurs de tous les pays du Commonwealth. Le Canada était l'endroit idéal pour la mise en oeuvre d'un tel programme, car il était loin des champs de bataille, et on y disposait de grands espaces libres et d'excellentes conditions de vol.

« L'aérodrome de la démocratie »

Le PEACB était une entreprise d'une énorme envergure. En 1939, le Corps d'aviation royal du Canada (CARC) ne comptait que 4 000 personnes et possédait moins de 12 aéroports et des installations d'entraînement pour seulement 400 membres du personnel de piste par an. Le CARC devait maintenant former des milliers de personnes. Il devait recruter des instructeurs, construire des bases aériennes, acquérir des avions et mettre sur pied des écoles de formation pour diverses spécialités. À la fin de la guerre, on comptait 151 écoles de formation, et chaque province avait des installations du PEACB. Le Canada était devenu, selon l'expression du président Roosevelt des É.-U., l'« aérodrome de la démocratie ».

  • Durant sa période de fonctionnement, le PEACB disposait de 3 540 appareils et employait 33 000 membres des forces aériennes et 6 000 civils.
  • Le gouvernement a construit 7 000 hangars, casernes et salles d'exercices pour les bases aériennes et les écoles de formation.
  • La plupart des écoles de formation disposaient de trois pistes, de 100 pieds de largeur et de 2 500 pieds de longueur. Pour la construction de toutes ces pistes, on a coulé autant de béton qu'il en faudrait pour construire une route de 20 pieds de largeur reliant Ottawa à Vancouver.
  • En vertu de l'entente initiale concernant l'établissement du PEACB, la Grande-Bretagne devait payer 218 millions de dollars, le Canada 313 millions, l'Australie 97 millions et la Nouvelle-Zélande 21 millions. Toutefois, les coûts ont largement dépassé les prévisions de 1939. En fin de compte, le Canada a payé 1,6 milliard, et le coût total s'est élevé à 2,2 milliards. En devises d'aujourd'hui, cela signifie que chaque contribuable canadien a payé plus de 3 000 dollars, uniquement pour le PEACB.

Une formation rigoureuse

Dans le cadre du PEACB, la formation était rigoureuse et très exigeante. Dans les écoles spécialisées, la formation des pilotes, des radiotélégraphistes, des mitrailleurs de bord, des observateurs aériens et des mécaniciens de bord durait des mois.

  • La formation des futurs pilotes était la plus longue et la plus difficile. Ils devaient passer de l'École préparatoire d'aviation à l'École élémentaire de pilotage, où ils effectuaient leur premier vol, puis aux écoles de pilotage militaires, où ils étaient séparés en deux groupes : les pilotes de chasseurs et les pilotes de bombardiers. Ensuite, ils rejoignaient les unités d'entraînement supérieur au pilotage et d'entraînement opérationnel avant de se rendre outre-mer.
  • Parmi les Canadiens formés dans le cadre du PEACB, on comptait 25 747 pilotes, 12 855 navigateurs, 6 659 bombardiers d'aviation, 12 744 radiotélégraphistes, 12 917 mitrailleurs de bord et 1 913 mécaniciens de bord.
  • Les risques et les sacrifices consentis par ceux et celles qui ont servi notre pays durant la Seconde Guerre mondiale ne furent pas uniquement le lot des personnes engagées dans la défense active. La formation aussi pouvait être dangereuse - 856 stagiaires sont morts dans des écrasements au cours des cinq années de fonctionnement du PEACB. Si ce chiffre semble élevé, le fait qu'en 1944, il n'y ait eu qu'un seul accident mortel pour 22 388 heures de vol est tout à l'honneur du PEACB.

Chacun y met du sien

Les civils ont joué un rôle important au sein du PEACB, en fournissant des instructeurs pour les écoles de formation et en offrant du soutien communautaire aux pilotes qui se trouvaient loin de chez eux.

  • Des pilotes professionnels et des pilotes de brousse participaient au Programme à titre d'instructeurs et travaillaient avec le personnel militaire.
  • Au début, le gouvernement confia aux aéroclubs canadiens l'organisation et la direction des écoles élémentaires de pilotage. Beaucoup de membres d'aéroclubs avaient servi durant la Première Guerre mondiale et ils constituaient une source immédiate de main-d'oeuvre qualifiée.
  • Les instructeurs civils des écoles élémentaires de pilotage insistaient sur la sécurité, et leur maxime était la suivante : « Il y a des vieux pilotes et des pilotes téméraires. Il n'y a pas de vieux pilotes téméraires ».
  • Certains aéroclubs payaient le coût total d'une école de formation à l'aide de fonds privés ou de dons des collectivités. À Vancouver, des citoyens ont payé de leur poche le coût de 14 avions d'entraînement.
  • Les associations féminines organisaient des cantines, les organismes sportifs fournissaient du matériel d'athlétisme et les clubs philanthropiques, des articles tels que des pianos pour les salles à manger des casernes.
  • Beaucoup de gens invitaient les stagiaires à prendre des repas chez eux, soit comme un geste patriotique ou dans le cadre de leur contribution à l'effort de guerre.

Un succès retentissant

Le succès du Programme fut remarquable. À la fin de la guerre, 131 533 pilotes, observateurs, mécaniciens de bord et autres membres du personnel navigant avaient obtenu leurs diplômes dans le cadre du Programme pour les forces aériennes du Canada, de la Grande-Bretagne, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Même si plus de la moitié des diplômés du PEACB provenaient du continent nord-américain, des ressortissants de divers pays du monde furent aussi formés dans le cadre du Programme (2 000 Français, 900 Tchécoslovaques, 680 Norvégiens, 450 Polonais et à peu près autant de Belges et de Hollandais).

  • 72 835 diplômés ont joint le Corps d'aviation royal du Canada.
  • 42 110 diplômés ont joint la Royal Air Force (britannique).
  • 9 606 diplômés ont joint la Royal Australian Air Force.
  • 7 002 diplômés ont joint la Royal New Zealand Air Force.

Le legs

Quand on connaît l'histoire militaire de notre pays, on comprend mieux le Canada dans lequel on vit aujourd'hui et comment on peut construire l'avenir ensemble. Le Programme d'entraînement aérien du Commonwealth britannique a aidé à créer au Canada un legs qui se perpétue aujourd'hui et qui démontre que notre avenir est en fait construit sur le passé.

Le programme Le Canada se souvient

Le programme Le Canada se souvient d'Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l'héritage qu'ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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