La guerre de Corée

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Teal Bridge across Imjin River

Introduction

La guerre de Corée constitue l’un des plus importants chapitres de la valeureuse histoire militaire de notre pays. Plus de 26 000 braves Canadiens servirent sur terre, sur mer et dans les airs au cours de ce violent conflit qui fit rage en de 1950 à 1953.

Une tempête à l’horizon

Au cours des premières décennies du XXe siècle, la Corée était sous occupation japonaise. Cependant, la défaite du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale signa le démantèlement de son empire. Dans l’un des coups d’envoi de ce qu’on appellerait plus tard la « Guerre froide », l’Union Soviétique déploya ses troupes au Nord de la péninsule de Corée récemment libérée. Les soldats américains, eux, prirent position au Sud et une frontière fut ainsi établie entre les deux Corées, le long du 38e parallèle.

Au bout de quelques années, les Soviétiques et les Américains finirent par retirer leurs troupes, mais pas avant qu’un gouvernement communiste soit établi dans le Nord et un gouvernement démocratique, lui, dans le Sud. Les tensions entre les deux Corées atteignirent un point culminant le 25 juin 1950, lorsque les forces militaires nord-coréennes envahirent la Corée du Sud. Cet événement marqua le début des hostilités qui firent rage pendant plus de trois ans partout au pays, pays que ses habitants baptisèrent « Pays du matin calme ».

Réactions à l’échelle mondiale

Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, l’Organisation des Nations Unies (ONU) fut créée afin de chercher à éviter de futurs conflits internationaux en ayant recours à la diplomatie et au dialogue, bien qu’elle ait aussi l’option de recourir à la force pour défendre la paix et la liberté. Ce conflit en Corée créa une onde de choc internationale et les États-Unis firent vite appel au Conseil de sécurité de l’ONU. Après un tourbillon de manœuvres diplomatiques, l’ONU vota pour une intervention armée. Au total, 18 pays membres, dont le Canada, fourniraient des unités américaines et sud-coréennes pour former une force internationale d’intervention en Corée.

Les premières phases de la guerre

Les premiers mois de la guerre de Corée furent marqués d’importantes fluctuations sur les lignes de front. Comme la première offensive des troupes nord-coréennes consistait à prendre le Sud, celles-ci s’emparèrent rapidement de Séoul, capitale de la Corée du Sud, et réussirent ensuite à faire rebrousser chemin aux forces armées, lesquelles se retrouvèrent sans issues aux alentours de la ville portuaire de Pusan (au sud-est de la péninsule) d’ici la fin de l’été.

Les forces de l’ONU répliquèrent en effectuant un important débarquement amphibie à Inchon à la mi-septembre 1950 et une puissante percée qui permit de briser le périmètre à Pusan. Séoul fut rapidement reprise par les forces de l’ONU et du Sud de la Corée et celles-ci repoussèrent les troupes nord-coréennes au-delà du 38e parallèle vers la frontière chinoise. Alarmée par ce revers, la Chine intervint à l’automne 1950 et lança une grande offensive à la fin novembre, ce qui repoussa les forces de l’ONU et du Sud de la Corée sous le 38e parallèle et permit à la Corée du Nord de s’emparer, encore une fois, de Séoul. Une suite d’offensives et de contre-offensives mineures en janvier 1951 permettront à nouveau de libérer Séoul; dans les mois qui suivront, les forces de l’ONU et communistes se disputeront la partie centrale de la péninsule.

Le déploiement des soldats canadiens

La Force spéciale de l’Armée canadienne fut mise sur pied au mois d’août 1950 afin de servir en Corée. Le premier régiment canadien à être déployé en Asie est le 2e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry; celui-ci s’entraîna au Canada et à Washington avant de quitter pour la Corée en novembre 1950. Nos soldats atteignirent la ligne de front en février 1951, après avoir achevé des préparatifs supplémentaires en Corée.

Le relief très accidenté de la Corée rendait les combats difficiles. Pays de collines entrecoupées de vallées, de rivières, de marécages et de rizières, la Corée se caractérisait également d’étés très chauds et d’hivers rigoureux. Les troupes du Canada, du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Inde servirent côte-à-côte et formeraient plus tard la 1re Division du Commonwealth (1951).

Au printemps 1951, après que les forces de l’ONU aient réussi à gagner le nord du 38e parallèle, les armées chinoises et nord-coréennes renforcèrent leurs troupes et s’armèrent de nouveaux équipements pour reprendre l’offensive avec force en avril. Au risque d’être débordées, les troupes sud-coréennes et de l’ONU furent forcées de reculer. Dans ce qui deviendrait l’une des plus importantes batailles du Canada lors de la guerre de Corée, les soldats du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, du Commonwealth et des États-Unis se mobilisèrent dans la vallée de la rivière Kapyong à la fin avril pour freiner l’avance des troupes ennemies. Les Canadiens (ainsi que les unités australiennes et américaines) se virent décerner la décoration United States Presidential Unit Citation pour leurs actes de bravoure, un honneur rare pour des unités militaires non américaines.

Yang-Do, Korea. June 1952

Autres contributions canadiennes

La première contribution du Canada à l’effort de guerre en Corée fut menée par les forces aériennes et navales. D’ailleurs, trois contre-torpilleurs de la Marine royale canadienne furent déployés au mois de juillet 1950; il s’agit des premiers des huit navires de guerre canadiens qui participeraient aux combats dans les eaux coréennes durant le conflit. Leurs missions consistaient à bloquer l’accès aux côtes, à prévenir les débarquements amphibies ennemis, à protéger la flotte de l’ONU, à bombarder les cibles terrestres et à apporter de l’aide humanitaire aux villages de pêcheurs isolés en Corée.

À partir de juillet 1950, le 426e Escadron de transport de l’Aviation royale canadienne serait chargé du transport des troupes et du matériel de soutien entre l’Amérique du Nord et Asie pour appuyer l’effort de guerre de l’ONU dans la guerre de Corée. D’ici le mois de juin 1954, à la fin de ces missions, l’Escadron aurait effectué 600 allers-retours au-dessus du Pacifique, transporté plus de 13 000 passagers et 3 000 tonnes de cargaisons et de courrier sans ne subir aucune perte.

Vingt-deux aviateurs canadiens en affectation d’échange avec l’armée américaine participèrent également à des missions de combat dans le ciel surplombant la Corée. On estime que 20 chasseurs à réaction ennemis furent endommagés ou détruits par le Canada, ainsi que plusieurs trains et véhicules.

Une guerre de patrouilles

La frénésie des premières phases de la guerre de Corée fut suivie d’une période de négociations en vue d’un cessez-le-feu qui débuterait en juillet 1951. Même si les lignes de front demeureraient relativement stables durant tout le reste du conflit, celui-ci se transforma plutôt en guerre de patrouilles où, d’un côté comme de l’autre, on tenta de déstabiliser l’ennemi, d’obtenir des renseignements sur ses défenses en envoyant des patrouilles dans la zone neutre et en effectuant de petits raids sur les positions ennemies.

Cette situation n’empêcherait pas les soldats canadiens de participer à des opérations risquées en Corée : au cours des deux années suivantes, au fil des rotations de troupes, les Canadiens furent déployés à des points chauds comme la Colline 355, surnommée le Petit Gibraltar par les troupes de l’ONU, et comme le Crochet, une forte position défensive de l’ONU que les forces communistes voulaient prendre.

Armistice et héritage

Après plus de trois années d’hostilités et à l’issue d’un long processus de négociations, l’armistice mettant fin à la lutte armée de la guerre de Corée fut finalement signé à Panmunjom le 27 juillet 1953. Près de 7 000 soldats canadiens furent déployés dans les forces de maintien de la paix en Corée après la signature de l’armistice et avant leur retrait définitif en 1957.

La trêve entre la Corée du Nord et la Corée du Sud demeure précaire et marquée de nombreuses tensions. Toutefois, la première intervention armée de l’histoire des Nations Unies permit de freiner l’agression communiste et de permettre à la Corée du Sud de devenir la nation prospère et démocratique que l’on connaît aujourd’hui. La guerre de Corée marqua un jalon important de l’histoire militaire du Canada; notre pays continue depuis d’apporter son aide à de nombreuses missions à l’échelle mondiale pour protéger la liberté d’autrui et pour aider à maintenir la paix dans le monde.

Sacrifices

Les Canadiens et les Canadiennes qui servirent en Corée ont courageusement mis leur vie en péril et ont même voyagé jusqu’à l’autre bout du monde pour aider les forces de l’ONU à tenter de rétablir la paix au « Pays du matin calme ». Il s’agissait d’une mission dangereuse, dans une contrée inhospitalière et bien différente de leur pays d’origine, où 516 Canadiens firent le sacrifice ultime. Leurs noms sont inscrits dans le Livre du Souvenir de la guerre de Corée, situé dans la Tour de la Paix sur la Colline du Parlement à Ottawa.

Yang-Do, Korea. June 1952

Le programme Le Canada se souvient

Le programme Le Canada se souvient d’Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et en temps de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l’héritage qu’ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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