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Le Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique

Introduction

En 1939, le premier ministre Mackenzie King fit un rêve presque prémonitoire : « la puissance aérienne serait déterminante dans la victoire finale ». Ce rêve se concrétisa sous la forme du Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB).

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Partout au pays, les Canadiens se mobilisèrent afin de participer à cette gigantesque entreprise - il fallait réunir une multitude d'experts, aménager des terrains d'atterrissage et se procurer l'équipement nécessaire, notamment des aéronefs. Entre 1940 et 1945, quelque 151 écoles furent créées partout au Canada et ce réseau nécessitait l'appui d'un effectif au sol de 104 113 hommes et femmes. Des milliers de membres du Service féminin de l’Aviation royale du Canada s’entraînaient et travaillaient aux installations du PEACB afin d’apprendre des métiers au sol et d’apporter un soutien important au programme et à l’exploitation des bases aériennes.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le PEACB avait permis de former 131 553 membres d'équipage, y compris des pilotes, des radiotélégraphistes, des mitrailleurs de bord et des navigateurs pour les forces aériennes de la Grande-Bretagne, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Canada.

C'était un incroyable défi. Mais quand le monde libre a eu besoin d'un champion, le Canada a répondu à l'appel.

Création du plan

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement britannique fit appel aux dominions pour l'entraînement du personnel navigant, car le territoire du Royaume-Uni était trop exigu pour accueillir les installations nécessaires aux opérations et à l'entraînement aériens, d'autant plus que les aérodromes y étaient exposés aux attaques ennemies. En regard de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l'Afrique du Sud, le Canada jouissait d'avantages particuliers : sa proximité de la Grande-Bretagne facilitait le transport du personnel et du matériel, il disposait d'une capacité supérieure de construire des aéronefs, et l'industrie canadienne pouvait facilement s'approvisionner en pièces d'aéronef sur le marché des États-Unis.

À l'examen de la proposition de septembre 1939 de la Grande-Bretagne, le premier ministre canadien William Lyon Mackenzie King estima que le plan d'entraînement constituait « ...l'activité militaire la plus utile que le Canada pouvait entreprendre. » 2 Ce fut l'occasion pour le gouvernement canadien de s'engager à fond dans l'effort de guerre des Alliés sans retomber dans les sinistres ornières de la Première Guerre mondiale, c'est-à-dire une guerre de tranchées sans issue, des pertes de vie sans précédent et la conscription pour reconstituer les forces décimées. Selon l'intention initiale de King au sujet du PEACB, les volontaires de l'Aviation royale du Canada (ARC) devaient rester au pays et veiller à l'entraînement des recrues des autres régions du Commonwealth, c'est-à-dire le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Ainsi, King tenait sa promesse de ne pas imposer la « conscription » sans faire faux bond aux Alliés.

1. Granatstein, J.L. Canada's War: The Politics of the Mackenzie King Government
1939-1945
(Toronto: Oxford University Press, 1975), p. 43.

2. Télégramme du 28 novembre 1939, du secrétaire d'État aux Affaires étrangères au Secrétaire aux Dominions, RG 25, vol. 1858, dossier 72-T-38C (Archives nationales du Canada).

L'Accord

En définitive, l'accord signé par le Canada, le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande le 17 décembre 1939 précisait le pourcentage de stagiaires en provenance de chaque pays, la part, en pourcentage des frais assumés par chaque signataire, le calendrier d'entraînement et celui de la mise en service des aérodromes. Pour pallier son manque de devises étrangères, le Royaume-Uni acquitta sa quote-part en fournissant et en transportant le matériel nécessaire dont le Canada était dépourvu comme les aéronefs, les pièces de rechange, les cellules et les moteurs.

Lorsque le PEACB prit fin le 31 mars 1945, les quatre gouvernements participants y avaient consacré 2,2 milliards de dollars, auxquels le Canada avait fourni 1,6 milliard. Après la guerre, le gouvernement canadien calcula que le Royaume-Uni devait au Canada plus de 425 millions de dollars pour l'exploitation des écoles britanniques transférées au Canada et pour l'achat d'appareils et de matériel lorsque la Grande-Bretagne ne pouvait en fournir en quantité suffisante. En mars 1946, le gouvernement canadien a annulé la dette de la Grande-Bretagne et a absorbé ces coûts.

Diplômés du PEACB (1940-1945)
Nationalité No. de diplômés
Aviation royale du Canada (ARC) 72 835
Royal Australian Air Force (RAAF) 9 606
Royal New Zealand Air Force (RNZAF) 7 002
Royal Air Force (RAF), y inclus
- Polonais (448)
- Norvégiens (677)
- Belges et Néerlandais (800)
- Tchèques (900)
- Français (France libre) (2 600)
42 110
La flotte aéronavale a également été formée dans les écoles du PEACB 5 296

Source : Douglas, W.A.B., Histoire officielle de l'Aviation royale du Canada, vol. II, La Création d'une aviation militaire nationale, Toronto, University of Toronto Press, 1988, p. 293.

n régime d'entraînement exigeant

Le PEACB exigeait beaucoup de ses recrues - le programme était exhaustif et l'horaire de cours en classe et de formation au pilotage était fort chargé. Des équipages de vol prêts à servir outre-mer étaient formés à ce rythme d'enfer.

L'entraînement élémentaire durait environ huit semaines et comportait au moins 50 heures de vol. Dans les écoles élémentaires de pilotage, on employait généralement des de Havilland Tiger Moth, Finch Fleet et Cornell Fairfield.

Un tracteur sort un Fairley Battle

Un tracteur sort un Fairley Battle de son hangar, Trenton (Ontario), février 1940.
Bibliothèque et Archives Canada PA-143898

Catégories des 131 553 membres d'équipages diplômés
(Octobre 1940 ­ mars 1945)
  Pilote BN RN Nav BA RM MB MA MecB
ARC
25 747
5 154
421
7 280
6 659
12 744
12 917
0
1 913
RAF
17 796
3 113
3 847
6 922
7 581
755
1 392
704
0
RAAF
4 045
699
0
944
799
2 875
244
0
0
RNZF
2 220
829
30
724
634
2 122
443
0
0
Total RAF
49 808
9 795
4 298
15 870
15 673
18 496
14 996
704
1 913

Légende

BN : Bombardier-navigateur

RN : Radio-navigant

Nav : Navigateur

BA : Bombardier d'aviation

RM : Radio-mitrailleur

MB : Mitrailleur de bord

MA : Mitrailleur de l'aéronavale

MecB : Mécanicien de bord

Hatch, F.J. Aérodrome de la démocratie : Le Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique, 1939-1945, Ottawa, Centre d'édition du Gouvernement du Canada, 1983. P. 227.

Les stagiaires reçus passaient alors aux écoles de pilotage militaire pour y suivre une instruction plus avancée. Les programmes d'études ayant été modifiés pendant la guerre, la durée des cours variait, allant de 10 à 16 semaines, et le nombre d'heures de vol de 75 à 100 heures. Les pilotes de chasseur s'entraînaient aux commandes de monomoteurs North American Harvard tandis que les pilotes choisis pour les bombardiers, le transport et les opérations côtières acquerraient leur entraînement sur des bimoteurs Avro Anson, Cessna Crane et Airspeed Oxford.

Après cinq semaines d'enseignement théorique dans les écoles préparatoires d'aviation, les observateurs aériens suivaient dans les écoles d'observation aérienne, un cours de 12 semaines de photographie, de reconnaissance et de navigation aérienne. Ils y exécutaient aussi de 60 à 70 heures de stages pratiques en vol. Les observateurs s'initiaient à l'art du bombardement pendant leur séjour de dix semaines à l'école de bombardement et de tir. Après quatre autres semaines sur les bancs d'une école de navigation aérienne, les recrues étaient prêtes à occuper un poste outre-mer. Après juin 1942, les fonctions de l'observateur de l'air furent subdivisées en celles de navigateur et de bombardier d'aviation et la catégorie d'observateur fut abolie peu après.

Un pilote descend d'un Fleet Finch

Un pilote descend d'un Fleet Finch à l'École élémentaire de pilotage no 7, à Windsor (Ontario), juillet 1940. Unité de photographie des Forces canadiennes PL-1025

Les navigateurs qui se spécialisaient en bombardement se formaient durant huit semaines dans une école de bombardement et de tir et durant douze semaines dans une école d'observation aérienne. Ces gens devenaient alors à la fois navigateurs et bombardiers-navigateurs diplômés. Les navigateurs qui optaient pour la radio-navigation recevaient un entraînement de 28 semaines dans une école de radio-navigants et de 22 semaines dans une école d'observation aérienne. Les aviateurs qui étudiaient les techniques de bombardier-navigateur se voyaient entraînés pendant cinq semaines dans une école préparatoire d'aviation, de huit à douze semaines dans une école de bombardement et de tir, et enfin pendant six semaines dans une école d'observation de l'air. Outre l'initiation à l'art de larguer des bombes avec précision, les bombardiers-navigateurs apprenaient à lire les cartes et acquerraient la capacité d'observation nécessaire pour aider les navigateurs.

Les radio-mitrailleurs de bord devaient étudier pendant 28 semaines dans une école de radio-navigants, d'où ils sortaient rompus aux techniques de la radio-navigation. Il fallait six semaines d'entraînement pour obtenir son diplôme de l'école de bombardement et de tir. Les simples mitrailleurs de bord, également formés à l'école de bombardement et de tir, se soumettaient à un programme de 12 semaines qui comportait un entraînement au sol et de véritables exercices de tir aérien. Plus tard, au cours de la guerre, un mécanicien de bord s'ajouta aux équipages des bombardiers lourds. Outre leur état de techniciens des moteurs d'avion, les mécaniciens de bord étaient suffisamment instruits dans l'art du pilotage pour pouvoir remplacer un pilote blessé ou tué. La plupart des mécaniciens furent formés au Royaume-Uni, mais ils furent environ 1 900 à obtenir leur diplôme de l'École de mécaniciens de bord de Aylmer, en Ontario, après son entrée en service en juillet 1944.

Un Cornell

Un Cornell de l'École élémentaire de pilotage, Lethbridge (Alberta). Unité de photographie des Forces canadiennes PMR-81-270

Les liens avec la collectivité

Quoique le PEACB ne durât que cinq ans et prît fin il y a 55 ans, ses multiples effets se font encore sentir aujourd'hui. Toutes les provinces, hormis Terre-Neuve—pas encore membre de la Confédération—ont compté des écoles, et de nombreuses collectivités sont redevables de leurs liens avec le PEACB, qu'il s'agisse des citoyens de ces localités qui se sont enrôlés dans l'ARC et inscrits à ces écoles, ou des agglomérations qui ont vu naître un grand aéroport, un aérodrome auxiliaire ou un terrain d'atterrissage de secours du PEACB.

Un coup de pouce pour l'économie

Les collectivités canadiennes ont accueilli avec grand soulagement les bienfaits économiques du PEACB, qui fut établi, la Crise de 1929 à peine finie. Même avant la signature de l'accord sur le PEACB, les pouvoirs locaux pressaient déjà le gouvernement de construire un aérodrome dans leur localité.

Pendant les travaux de construction, les entreprises locales espéraient se voir attribuer des marchés en vue de la fourniture de main-d'oeuvre, de gravier et de bois d'oeuvre. Les résidents avaient espoir de trouver du travail sur les chantiers de construction tandis que les marchands escomptaient que les ouvriers de la construction dépensent leur salaire pour se loger, se nourrir et se distraire.

Vue aérienne de l'École de bombardement et de tir n<sup>o</sup> 5>

Vue aérienne de l'École de bombardement et de tir no 5, à Defoe (Saskatchewan) 1944.
Unité de photographie des Forces canadiennes REA-107-119

Le bâtiment ne fut pas le seul secteur à bénéficier économiquement des aérodromes du PEACB; une foule d'élèves et d'instructeurs, ainsi que leurs familles, s'approvisionnèrent chez les marchands locaux. Les collectivités d'accueil ont aussi bénéficié des contrats que passaient les entreprises locales qui alimentaient les bases en électricité, en eau, en gaz naturel, en charbon et en nourriture. Un aéroport en service avait besoin de beaucoup d'employés civils, notamment des commis et des préposés à l'entretien des appareils et des aérodromes.

Les journaux de Saskatoon ont relevé que « Jarvis [en Ontario], en dépit de sa population normalement inférieure à 600 habitants, est devenue une agglomération florissante depuis que les préparatifs du centre d'entraînement [une école de bombardement et de tir] ont débuté. » Note de bas de page3 Pendant que Yorkton, en Saskatchewan, attendait que soit aménagé l'aérodrome, le journal de la ville annonçait que l'école de pilotage militaire serait dotée « d'un effectif d'un millier de personnes et d'une masse salariale mensuelle de 100 000 $. »Note de bas de page4 De plus, la ville estimait que « cinquante pour cent des officiers seront mariés et auront besoin de logements meublés. »Note de bas de page5

Des pilotes australiens font des boules de neig

Des pilotes australiens font des boules de neige à l'École de pilotage militaire no 2 à Ottawa (Ontario), novembre 1940. Unité de photographie des Forces canadiennes PL-1831

Les civils ne sont pas en reste

Certes, les civils obtenaient des emplois de mécaniciens, de cuisiniers, de commis, de techniciens et de manoeuvres dans les aérodromes du PEACB, mais ils y contribuaient aussi à titre d'instructeurs et d'exploitants des écoles. Vingt-neuf écoles élémentaires de pilotage et les dix écoles d'observation aérienne étaient exploitées par des entreprises locales, des sociétés aériennes et des aéro-clubs. Le recours aux services des civils dès les premiers temps de l'entraînement des équipages a permis à l'ARC de tirer parti des connaissances d'instructeurs compétents et d'aérodromes établis dès le printemps de 1940. La participation des civils a lancé rapidement le PEACB même à mesure que l'infrastructure des aérodromes s'agrandissait et que les recrues suivaient leur entraînement pour devenir des instructeurs de cours avancés de pilotage.

Des rouleaux à neige compactent la neige

Des rouleaux à neige compactent la neige pour en faire surface dure et glacée de plusiers pouces d'épaisseur a l'École de pilotage militaire no 36 à Penhold (Alberta).
Unité de photographie des Forces canadiennes PMA-84-978

Le tissu social du Canada s'en trouve modifié

Tandis qu'elles exerçaient des pressions pour que l'on construise chez elles des installations du PEACB, les collectivités canadiennes espéraient vivement profiter du contact avec la force aérienne. Selon le secrétaire-trésorier de Mossbank, en Saskatchewan, une école d'entraînement ferait vibrer la fibre nationale des concitoyens de sa ville. « Le travail et la présence parmi nous de nombreux membres de la force aérienne insuffleraient à nos concitoyens un esprit nouveau, les rendraient plus conscients du fait que la victoire les concernait directement, stimuleraient le recrutement et feraient croître leur sentiment national. »Note de bas de page6

Les Canadiens tenaient à ce que les stagiaires sentent qu'ils faisaient partie de leur collectivité, et les membres des forces aériennes appréciaient grandement le contact avec la population—souvent invitée aux fêtes et aux soirées dansantes dans les stations—qui avait un effet positif sur leur moral. Les habitants des localités assistaient aux cérémonies de remise des ailes et des diplômes, et les bases permettaient souvent au public d'assister aux compétitions sportives et d'y participer. Les collectivités offraient des divertissements aux aviateurs dans les foires l'été, les carnavals l'hiver, tandis que les musiques des stations se produisaient fréquemment dans les activités publiques. Dans certaines communautés, les aviateurs aidaient les civils à engranger les récoltes.

Une femme qui ravitaille un Tiger Moth

Des résidents de St. Catharines, (Ontario), dont une femme qui ravitaille un Tiger Moth, contribue à l'effort de guerre à l'École élémentaire de pilotage no 9. Unité de photographie des Forces canadiennes PMA-75-361

La mixité des habitants et des stagiaires transformait souvent de manière irréversible la démographie d'une agglomération. Lorsque des femmes du milieu épousaient des aviateurs de Grande-Bretagne, d'Australie ou de Nouvelle-Zélande, les nouvelles épouses quittaient leur collectivité et s'installaient dans le pays du mari. En revanche, de nombreux jeunes mariés se sont installés au Canada après la guerre, y introduisant ainsi des cultures et des langues nouvelles. À la fin de la guerre, au moins 3 750 militaires des RAF, RAAF et RNZF avaient épousé des Canadiennes.

Un de Havilland Tiger Moth

Un de Havilland Tiger Moth. Unité de photographie des Forces canadiennes PL-3581

Le legs

De nos jours, il est possible d'observer partout au pays le legs du PEACB. Les aéroports de bon nombre de grandes et petites agglomérations firent partie à un moment donné du réseau d'aérodromes du PEACB. Il est possible que certains aérodromes civils existaient en 1939, mais ils ont été énormément améliorés et modernisés; notamment, des pistes d'atterrissage et leur prolongements ont été asphaltés selon les normes du PEACB. Beaucoup d'autres collectivités ont eu accès pour la première fois au monde de l'aviation commerciale en reprenant à leur compte les aérodromes d'entraînement de l'ARC une fois les portes des écoles closes. Maintes bases militaires encore en service aujourd'hui furent alors des écoles dans le cadre du PEACB, et même la participation du Canada à l'entraînement aérien de l'OTAN prend sa source dans le PEACB de la Seconde Guerre mondiale.

Des collectivités canadiennes constatent d'autres effets permanents du PEACB dans leur histoire. Certains pilotes ont consenti le sacrifice ultime et sont morts à la suite d’accidents dans le cadre de l'entraînement aérien, d’autres incidents ou de maladies sans même jamais avoir quitté le sol canadien. Parmi les 856 participants au PEACB qui furent tués ou gravement blessés pendant l'entraînement, il y eut 469 membres de l’ARC, 291 membres de la RAF, 65 membres de la RAAF, et 31 membres de la RNZF. Malheureusement, certains membres du Service féminin de l’Aviation royale du Canada ont aussi perdu la vie pendant leur service dans les bases du PEACB durant la guerre. Même si les corps des aviateurs canadiens étaient généralement renvoyés dans leur localité d'origine, les recrues du Commonwealth décédées étaient inhumées dans les cimetières des localités voisines. Habituellement, on choisissait une ville qui devenait le lieu officiel de l'inhumation des corps, et l'on peut encore aujourd'hui se recueillir sur ces tombes. La Commonwealth War Graves Commission assure l'entretien des sépultures des membres des Forces du Commonwealth qui sont morts au Canada.

En lui-même, le PEACB fut un tour de force : au moins une centaine d'aérodromes et de terrains d'atterrissage de secours furent aménagés, et plus de 130 000 aviateurs y furent formés, et tout cela en cinq petites années. Il convient de commémorer le PEACB et son apport à l'effort aérien et à la victoire des Alliés lors de la Seconde Guerre mondiale non seulement parce que ce fut un chapitre important de l'histoire du Canada, mais aussi à cause de l'héritage qu'il nous a laissé.

Le legs du PEACB à l’important chapitre du patrimoine canadien de la Seconde Guerre mondiale est encore manifeste aujourd’hui dans les musées et aux monuments commémoratifs. Le Commonwealth Air Training Plan Museum, peut-être parmi les plus connus, est situé à Brandon, au Manitoba. Ce grand musée, qui se trouve à l’emplacement d’une ancienne base du PEACB, conserve un certain nombre des bâtiments tels qu’ils étaient pendant le conflit, de nombreux aéronefs du temps de guerre (certains d’entre eux peuvent encore voler), des véhicules terrestres et des milliers de petits artéfacts.

S’y trouve également le magnifique monument commémoratif du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique de l’Aviation royale canadienne pendant la Seconde Guerre mondiale sur lequel figurent le nom et la date de décès des plus de 18 000 hommes et femmes qui ont sacrifié leur vie au service de l’ARC de même que des Canadiens qui sont morts au service du Royal Air Force, du Air Arm Fleet et du Royal Air Force Ferry Command pendant la Seconde Guerre mondiale.

D’autres musées et monuments commémoratifs militaires qui rendent hommage au PEACB ont été construits au pays, entre autres à Middleton (Nouvelle-Écosse), à Oshawa (Ontario), à Regina (Saskatchewan) et à Sidney (Colombie-Britannique).

Lectures suggérées

  • Accord du Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique, 17 déc. 1939, RG 25, vol. 18 58A, dossier 72-T-38 (Archives nationales du Canada).
  • Conrad, Peter, Saskatchewan in War; The Social Impact of the British Commonwealth Air Training Plan on Saskatchewan, Saskatoon, thèse de maîtrise à la University of Saskatchewan, 1987.
  • Conrad, Peter, Training for Victory: The British Commonwealth Air Training Plan in the West, Saskatoon, Western Producer Prairie Books, 1989.
  • Douglas, W.A.B. Histoire officielle de l'Aviation royale du Canada, tome II, La Création d'une aviation militaire nationale, Ottawa, Centre d'édition du gouvernement du Canada, 1988.
  • Granatstein, J. L. Canada's War: The Politics of the Mackenzie King Government 1939-1945, Toronto, Oxford University Press, 1975.
  • Greenhous, Brereton et al., Histoire officielle de l'Aviation royale canadienne, Tome III : Le creuset de la guerre, 1939-1945, Ottawa, Centre d'édition du gouvernement du Canada, 1999.
  • Hatch, F. J. Le Canada, aérodrome de la démocratie : Le plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique, 1939-1945, Ottawa, Les Éditions du gouvernement du Canada, 1983.
  • Smith, Norman I. The British Commonwealth Air Training Plan, Toronto, The Macmillan Company of Canada Limited, 1941.
  • Heide, Rachel Lea, Fallen Planes : The Causes of Training Accidents at No. 5 Bombing and Gannery School, Dafoe (Saskatchewan), Ottawa, mémoire pour le B.A. spéc., Carleton University, 1998.
  • Heide, Rachel Lea, The Politics of British Commonwealth Air Training Plan Base Selection in Western Canada, Ottawa, mémoire de maîtrise, Carleton University, 2000.
  • Turner, Ken, I Never Met An Airplane I Didn't Like (Baltimore: PublishAmerica Book Publishers, 2002)

Une contribution du Canada à la Seconde Guerre mondiale encore présente aujourd'hui

Le Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB), qualifié par l'historien J.L.Granatstein (ancien directeur général du Musée canadien de la guerre) de « ...remarquable contribution militaire du Canada à l'effort de guerre des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale... »,1 fut un programme ambitieux visant à entraîner au Canada les membres du personnel navigant en vue des opérations militaires des Alliés. Lorsque le programme prit fin au terme de la guerre, plus de 130 000 membres du personnel navigant avaient été formés et au moins une centaine d'aérodromes et de terrains d'atterrissage avaient été construits au Canada.

Par Rachel Lea Heide, B.A. spéc., M.A.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par la ministre des Anciens Combattants, 2000.

Nº de catalogue V32-90/2000 ISBN 0-662-65275-4

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