J’étais à la bataille de Falaise

La force francophone

J’étais à la bataille de Falaise

Transcription
J'ÉTAIS À LA BATAILLE DE FALAISE Une fois que les avions étaient arrivés, pis qu'y étaient attachés, camouflés, préparés pour le matin, on embarquait dans l'camion pis on allait chercher des munitions, du gaz, de l'huile parc'qu'y pouvaient pas suffire. Parc'que les avions, y décollaient, pis y allaient mitrailler, bombarder, nos avions. Des fois, c'tait des bombes, qu'on mettait, d'autres fois, c'était d'la mitraille, tout ça, t'sais. Alors, ça pas été facile pendant quatr' jours, là, on dormait pas beaucoup, hein. On dormait su' l'champ d'aviation, pis y avait toujours quelqu'un... quand les... Ben, tout l'monde travaillait ensemble, là, y avait p'us d'shift parc'que ça avait pas d'sens. On était pas syndiqués, mais y nous prenaient soin, [rires] t'sais. Mais, t'sais... À trois heures, les avions décollaient, y faisait encore brun, le matin, pis quand y atterrissaient, y atterrissaient à noirceur, on était obligés d'aller planter des choses pour les guider, pour atterrir. Pis là, on travaillait ça, pis après, au lieu d'aller s'coucher, on s'en allait à La Romanche chercher des munitions, hein ? Pas facile... OÙ DORMIEZ-VOUS ? On avait des chances de dormir dans notr' tente, mais c'était tellement court qu'on avait toujours une protection, on avait toujours une tranchée contre les avions, hein, toujours, pis c'tait protégé pour pas qu'l'avion tombe dedans, t'sais. Mais, c'était guidé, l'avion avait son emplacement, tout ça, parce que, dans l'emplacement, y avait les nets pour camoufler les avions. C'est que, soir et matin, fallait les décoller. On les plaçait, pis l'avion, ben, c'était comme reculer un gros trailer, là, les gros choses de transport, là, qu'on les voit tourner, t'sais. Alors, c'tait la même chose, fallait les guider, tout ça. Alors, si on pouvait dormir... L'avion, quand elle partait, l'temps qu'elle r'venait, on avait à peu près trois-quart d'heure, à nous, libre. Alors, on s'couchait, pis y avait quelqu'un qui était en stand-by, pis quand les avions faisaient l'tour – y font l'tour, t'sais, et tout ça – ben, tout d'suite, hein, on avait... y avait un p'tit camion, là, le p'tit camion, on embarquait d'dans, on s'en allait au bout d'la piste pour embarquer su' l'aile, pour conduire le pilote à la chose. T'sais, c'est tout un ensemble et tout ça. Et là, y s'est produit un facteur. On nous a enlevé nous uniformes bleus pour les uniformes kaki parce que y semblait qu'ça créait des problèmes. Parc'que l'uniforme, notr' couleur... la couleur de l'aviation, bleu, était très près de la couleur de l'aviation améri... allemande. Alors, ça été un facteur... Au bout d'une semaine, là, y nous ont enlevé nos uniformes. Ben, y nous ont pas enlevé, hein, mais on les mettait pas. On commençait à nous permettre de les mettre après que... la débâcle des Allemands.
Description

M. Gagnon a participé à la bataille de Falaise. Il nous donne des détails sur ce qui se passait au champ d’aviation improvisé à cet effet.

Antonio Gagnon

Antonio Gagnon est né à Montréal le 17 avril 1919. Il s’enrôle dans l’aviation à l’âge de 21 ans. Son instruction militaire a lieu à Terre-Neuve et en Ontario. Il se spécialise en tant que mécanicien. Puis, il quitte le port de Halifax pour s’en aller en Angleterre. Là-bas, il travaille sur les champs d’aviation à l’entretien des avions. Il prend part au débarquement de Normandie et à la bataille de Falaise. Après la guerre, il fait partie des forces d’occupation en Allemagne. Il revient ensuite au Canada et travaille pendant plusieurs années pour Canadien Pacifique.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Durée :
3:44
Personne interviewée :
Antonio Gagnon
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
France
Campagne :
Normandie
Branche :
Aviation
Unité ou navire :
Escadron 443
Grade militaire :
Aviateur-chef
Occupation :
Mécanicien

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