Mission périlleuse (partie 1)

La force francophone

Mission périlleuse (partie 1)

Transcription
MISSION PÉRILLEUSE (PARTIE 1) On s'est fait ramasser par les Allemands, là, quand on a atterri. L'aéroplane a cassé en trois morceaux, pis elle a pas pris en feu. Tout a éclairé dans l'aéroplane, là, mais après ça, c'est comme... le pilote, y dit : « Abandon aircraft... », you know ? Et pis, le bomb-aimer, y est proche d'la place qu'y a une ouverture, y a parti tout suite, lui... Après ça, là, moi, j'tais en troubl' en arrière, j'pouvais pas virer mon chose beaucoup, pis y a pas moyen de r'joindre la parachute qui était dans l'aéroplane, pis l'tirer avec moi, virer l'chose de bord, pis m'accrocher comme il faut, pis descendre... J'pouvais pas faire ça. J'tais pris, moi. Pis le pilote, y a changé d'idée. Y dit : « Well, maybe we'll... on va continuer comme on est pris là, on va essayer d'l'atterrir... » Pis le navigator, y est v'nu, y était pour v'nir au bout' où est-ce que... c'est difficile d'aller une place à l'autre... Y a des grosses affaires, là, dans l'milieu, à travers... Faut qu'tu montes, descends... Y s'en v'nait m'aider, voir si y était capable d'me décrocher un peu. Pis dans c'temps-là, on perdait d'l'altitude tout l'temps, pis... Eux autres ont décidé de rester dans l'aéroplane, pis le pilote a fait une grosse effort. J'te dis que y a travaillé c't'homme-là pour atterrir c'te maudite affaire-là, pis on a atterri, mais on a frappé des ditch, des gros fossés. Mais, comme j'te dis, on aurait pu frapper dans des maisons. On s'rait pas icit' aujourd'hui. Ou bien donc des arbres, hein ? Y'n a en masse qui ont eu c'te malheur-là, j'ai prié un peu [inaudible] : « Je vous salue Marie... » Sais-tu, c'est pas qu'j'avais peur de mourir parc'que ça avait l'air d'une affaire qui était déjà décidée, mais c'est pour r'venir chez mes parents, mes amis d'la place que j'viens : Saint-Lazarre. Pis tout d'un coup, ça frappé, pis j'ai été frappé su'a tête, pis j'ai perdu connaissance, certain. Pis le mid-upper gunner, le gunner du top, y a pas eu de difficultés du tout. L'aéroplane était en trois morceaux, pis y est v'nu en arrière, où c'que j'étais, là, pis j’tais proche d’la terre, j'suppose, là, pis y m'a brassé : « Bob ! Hey, Bob ! », pis j'ai répondu, fait que j'tais en vie. Mais y un espace, là, j'tais ben assommé. Mais j'ai rien qu'une p'tite coupure su'a tête, là, tandis qu'le pilote, y était tout' en sang, lui, pis y débarquait d'l'aéroplane. Le navigateur, y a été envoyé une cinquantaine de pieds au loin, pis y faisait noir, pis c'tait l'temps... avant qu'les Allemands arrivent. Pis y avait des travaillants français qui travaillaient pour les Allemands, c'est les premiers qui nous ont découverts. Aujourd'hui, j'pense, des fois... Si j'avais dit à ces Français-là : « Avez-vous un uniforme française, ou que'que chose de même ? Pis j'm'en vais vous r'joindre, dans votre groupe, pis p't-être ben r'tourner... », j'aurais pu r'tourner en France, maybe. Mais ça a pas marché d'même... Pis j'y pense après, ben, si ça m'avait arrivé, les Allemands s'raient eu : « Hé! Où est le gars dans la queue, là ? Y est pas ici ? Quelle place qu'il est ? », pis j'aurais pu être en trouble en « son of a gun » là. Pis, après ça, y a les Allemands saouls, pis avec les fusils, pis fallait mettre nos mains en l'air. For you, the war is over... La guerre est finie pour toi... pour vous...
Description

M. Decorby nous parle d’une mission où son avion a été touché par l’aviation allemande.

Robert Decorby

Robert Decorby est né le 20 octobre 1919 à St-Lazarre, Manitoba. La guerre éclate et il décide de s’enrôler dans l’Aviation royale du Canada. Il suivra sa formation à Dauphin (Manitoba), en Ontario et à Montréal (Québec). Puis, il prendra le bateau de Halifax vers l’Angleterre. Là-bas, au sein des escadrilles 408 et 434 (Goose et Bluenose), il participera à plusieurs missions à bord de bombardiers Halifax. Lors d’une mission au-dessus de l’Allemagne, son avion sera touché. Lui et son équipage seront faits prisonnier. Il passera plusieurs mois dans un des camps d’internement Stalag Luft avant de revenir au Canada travailler dans le magasin de son père.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Durée :
4:17
Personne interviewée :
Robert Decorby
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
Allemagne
Branche :
Aviation
Unité ou navire :
Escadron 434
Grade militaire :
Sous-lieutenant
Occupation :
Mitrailleur arrière

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