La vie dans les tranchées

La vie dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale était misérable. Souvent, les soldats étaient couverts de boue et ils avaient froid.

Il leur fallait même cohabiter avec certains indésirables comme les rats, les poux et les puces. Dans ce genre de guerre, les adversaires ne sont séparés que par une mince bande de terre, un No Man’s Land de boue, de barbelés et de cratères d’obus. Avant de lancer une attaque, il fallait d’abord franchir tous ces obstacles, en essayant de se soustraire aux tirs des mitrailleuses, de l’artillerie et des tireurs d’élite ennemis.

Apprenez-en davantage sur la vie dans les tranchées et écoutez comme des anciens combattants partager leurs histoires.

Artillerie

Capable de tirer des obus de 18 livres, le canon de campagne pesait près de 1 300 kg. C'était l'arme d'artillerie principale utilisée par l'Armée alliée. Dans de bonnes conditions et bien manipulés, ces canons pouvaient atteindre une distance de tir de 6 km en quelque 12 secondes.

Artillerie navale à l’action. Avril, 1917. Bibliothèque et Archives Canada/PA-001188

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Thomas Wood (disponible en anglais seulement) décrit le rôle d'une pièce d'artillerie de 18 livres et sa variété d'ordonnance.


Chars d’assaut

Les chars d'assaut ont été utilisés pour la première fois par les Alliés à l'automne 1917 pour traverser les défenses ennemies, en particulier les réseaux de barbelés. Même s'ils se déplaçaient lentement, les chars d'assaut pouvaient traverser les tranchées et gravir des obstacles. De plus, ils étaient blindés contre les balles des petites armes à feu.

Char suivi de l’infanterie avançant sure la crête de Vimy, Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada/PA-004388

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James MacLeod (disponible en anglais seulement) décrit l'efficacité des chars à chenilles pendant l'offensive d'Amiens.


Combat aériens

Les avions étaient pourvus de mitrailleuses et s'engageaient dans des combats tournoyants ou des combats aériens contre l'ennemi. Les appareils étaient construits en bois et en toile et pouvaient prendre en feu facilement. Un pilote ne survivait pas plus de deux mois, la plupart d'entre eux ne portant pas de parachute.

Escadrons n° 1 et 2 de l'armée de l'air. Upper Heyford, Angleterre. Bibliothèque et Archives Canada/PA-006024

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Frank Conrad (disponible en anglais seulement) fait le compte rendu d'un avion de repérage allié étant abattu par un aéronef allemand.


Ballons d'observation

Les ballons d'observation étaient remplis d'hydrogène et attachés à une machine qui les tirait rapidement au sol si un avion ennemi se faisait menaçant. L'observateur avait en sa possession un émetteur radio sans fil, des jumelles et un appareil-photo de prise de vue à distance, et il signalait toute activité de l'ennemi.

Révision d’un ballon cerf-volant. Bibliothèque et Archives Canada/PA-000859

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George Vale (disponible en anglais seulement) décrit comment il était en patrouille à cheval, repéré par un ballon d'observation puis bombardé avec des bombes à shrapnel.


Postes de transmission

Des postes de transmission étaient établis dans les tranchées et les trous à canon afin de maintenir le contact entre les soldats de la ligne de front et le commandant du quartier général. Les messages étaient transmis en code Morse à l'aide entre autres de fusées éclairantes, de lampes, de téléphones, de télégraphes ou de radios.

Spécialistes canadiens des transmissions réparent les fils dans une tranchée de communications. Février, 1918. Bibliothèque et Archives Canada/PA-002444

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Donald MacKay (disponible en anglais seulement) décrit être choisi d'un bassin de signaleurs afin de joindre le 46e bataillon et décrit ensuite ses responsabilités durant une avance de l'infanterie.


Poste d'écoute

Les postes d'écoute étaient situés loin devant la ligne de front. Bien dissimulés, ils étaient installés dans des tranchées étroites et peu profondes ou dans des cratères du No Man's Land. Des soldats qu'on appelait sapeurs surveillaient de près les activités de l'ennemi et recueillaient des renseignements.

Poteau téléphonique d’urgence derrière la ligne de front. Octobre 1916. Bibliothèque et Archives Canada/PA-000703.

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Thomas Spear (disponible en anglais seulement) raconte avoir été affecté à un poste avancé pour intercepter les communications allemandes. Il y recopiait les messages qu'il entendait, puis les remettait à un messager qui les acheminait au quartier général.


À l'assaut

Cette phrase s'emploie pour décrire le moment où les fantassins grimpaient jusqu'au haut de leur tranchée pour s'élancer dans le No Man's Land, à l'attaque des tranchées ennemies. En sortant ainsi de leur tranchée, les soldats n'étaient aucunement protégés et s'exposaient aux tirs ennemis; un grand nombre d'entre eux ont péri de cette façon.

Soldats canadiens partant à l’assaut dans le cadre de l’entrainement à l’école du mortier de tranchée. St-Pol, France. Octobre 1916. Bibliothèque et Archives Canada/PA-3206096

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James Butterworth (disponible en anglais seulement) décrit un raid de la ligne M et N à Ypres et la perte d'un sergent.


Fusées éclairantes

Les fusées éclairantes étaient tirées d'un fusil en guise de signaux que s'envoyaient les soldats. Elles étaient aussi employées pour éclairer une section du No Man's Land, le soir, dans le but de détecter les patrouilles ennemies ou leurs activités. Les fusées éclairantes procuraient de la lumière pendant dix ou quinze secondes et elles étaient habituellement suivies de tirs de mitrailleuses intenses.

La ligne de front la nuit. Sur cette peinture, des obus en train d'exploser et des fusées illuminent le ciel et éclairent une petite patrouille. Musée Canadien de la Guerre - 19700102-001

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Jack Featherstone (disponible en anglais seulement) décrit l'utilisation de fusées éclairantes sur le terrain et la manière d'éviter de se faire repérer.


Soldats tombés au combat

Le nombre de victimes a été très élevé durant la Première Guerre mondiale. À la fin de la guerre, les armées des deux camps comptaient 37 millions de morts et de blessés, soit la moitié du nombre d'hommes enrôlés. Près du quart d'entre eux furent tués. Bon nombre de blessés sont devenus invalides ou ont subi des séquelles psychologiques à vie.

Soldats blessés canadiens en route vers un poste de secours par le train léger. Bibliothèque et Archives Canada/PA-000912

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Jack Turner (disponible en anglais seulement) discute le fatalisme qui s'insinue dans les conversations des soldats.


Trop de boue

Après des journées de pluie, le champ de bataille était transformé en marre de boue, et les tranchées détrempées s'effondraient. Il arrivait que les soldats blessés suffoquent dans la boue du No Man's Land ou se noient dans des trous d'obus profonds, creusés par l'eau.

Pionniers canadiens installant des caillebotis dans la boue, bataille de Passchendaele. Bibliothèque et Archives Canada/PA-002156

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Donald Stevenson (disponible en anglais seulement) décrit comment essayer de bouger dans la boue causée par la pluie torrentielle.


Masques à gaz

Les troupes alliées ont reçu des masques à gaz pour se protéger contre les attaques au chlore gazeux. Toutefois, ces masques ne sont pas parvenus à protéger les soldats contre le gaz moutarde utilisé plus tard durant la guerre. Ce gaz brûlait la peau, causait de graves problèmes respiratoires et pouvait rendre aveugle.

Deux soldats portant des masques à gaz. Un des soldats ajuste le masque de son compagnon. Bibliothèque et Archives Canada/PA-002951

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James MacLeod (disponible en anglais seulement) donne une bonne comparaison entre les appareils respiratoires originaux et les plus récents masques antigaz utilisés par les soldats canadiens.


Les barbéles

Les barbelés servait à ralentir l'attaque d'une armée provenant des tranchées ennemies. Bien des soldats ont succombé aux tirs des mitrailleuses pendant qu'ils tentaient de franchir ces obstacles. Les tirs d'obus ne parvenant pas à faire sauter les barbelés, les soldats utilisaient des pinces pour couper les fils durant la nuit.

Barbelés couverts de givre par l’hiver au front canadien. Février 1918. Bibliothèque et Archives Canada/PA-002536

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Lester Stokes (disponible en anglais seulement) décrit avoir dû vérifier les barbelés pour déceler un éventuel sabotage allemand.


Peur

La peur était l'ennemie jurée d'un soldat. Biens des soldats ont souffert de psychoses ou de traumatismes psychologiques à la suite d'expériences qui les laissaient incapables de composer avec les atrocités qui se déroulaient autour d'eux.

Tranchée du front canadien où l'on peut voir des « planques » (funk holes). France, 1917. Bibliothèque et Archives Canada/PA-001326

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Campbell MacLellan (disponible en anglais seulement) décrit comment il a gagné la confiance de ses hommes au cours de la guerre.


Rations

Les soldats qui étaient dans les tranchées recevaient régulièrement leur part de nourriture appelée ration. La ration quotidienne d'un soldat britannique était composée de portions bien calculées de viande fraîche ou en conserve, de pain, de légumes, de bacon, de fromage, de confiture, de thé et de sucre, de rhum et de tabac.

Chargement des rations (1st Divisional train – Corps de l'intendance de l'Armée). Juillet 1916. Bibliothèque et Archives Canada/PA-000481

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Robert Burton (disponible en anglais seulement) décrit la précision avec laquelle les rations étaient distribuées aux troupes.


Cuisine mobile

Ce genre de cuisine était installé à plusieurs milles derrière les lignes de front où on préparait des repas chauds pour les soldats. Ceux qui livraient ces repas devaient souvent s'accroupir pour éviter les tirs d'obus. Avant que les repas ne parviennent à destination, ils étaient souvent froids, trempés et couverts de boue.

Cuisine de campagne, installation de munitions. Juin 1916. Bibliothèque et Archives Canada/PA-000020

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John Copp raconte qu'un obus allemand non explosé est tombé dans sa cuisine de campagne. Sentant que ses hommes étaient trop épuisés, il a écarté lui-même le danger.


Chemins de fer

Les chemins de fer servaient à transporter des soldats, des munitions, de la nourriture, de l'eau et tout autre type d'approvisionnement aux lignes de front. C'était aussi un moyen d'amener les soldats blessés au front dans des postes de secours médical. Le matériel était chargé dans de courts wagons, tirés par une petite locomotive.

Chargement des munitions dans le train léger. Septembre, 1916. Bibliothèque et Archives Canada/PA-000676

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Trophée des chemins de fer canadiens – Le transport des soldats et du matériel vers les lignes de front était primordial. Un réseau de tunnels doté de rails a permis d'appuyer les Canadiens dans la bataille.