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Le sergent d’état-major de la GRC (à la retraite) John Scott en uniforme alors qu’il était avec l’UNPOL au Soudan du Sud.

Né à Te Awamutu en Nouvelle-Zélande, John Scott a grandi à Napier, sur la côte est de l’île. Il s’est enrôlé dans la New Zealand Air Force Service Police en 1971 à l’âge de 18 ans, puis dans les services policiers de la Nouvelle-Zélande à Auckland, où on « n’a jamais le temps de s’ennuyer » nous confie-t-il.

Après cinq ans au sein des forces, il s’est inscrit à un programme permettant aux policiers de passer neuf mois en Europe et d’approfondir son métier à l’étranger. Cette expérience a éveillé sa passion pour le voyage.

« J’ai toujours été intéressé par Vancouver », dit-il. Nichée entre l’océan et les montagnes, la ville lui semblait une destination de choix. En 1977, John a donc immigré au Canada et s’est joint aux services policiers de Vancouver Ouest.

Comment le travail de policier au Canada s’est-il comparé à son expérience néo-zélandaise? « Je portais une arme pour la première fois de ma carrière, mais j’avais été confronté à davantage de fusils en Nouvelle-Zélande. »

Après avoir reçu sa citoyenneté en 1980, John s’est joint à la GRC. Sa première affectation l’a mené à Stony Plain, en Alberta, où il a rencontré Denise, avec qui il s’est marié en 1986.

Ses affectations suivantes l’ont conduit dans diverses villes de l’Ouest canadien. À Edmonton, il a fait partie du Groupe des crimes graves. Il a ensuite travaillé à Cardston, en Alberta, une petite ville située entre les frontières américaines et la réserve de la tribu des Blood. À Terrace, en Colombie-Britannique, il s’est spécialisé en identité judiciaire.

John a ensuite pris les commandements du détachement de Chetwynd, en Colombie-Britannique, avant de devenir chef de veille (sergent d’état-major) à Prince George. En 2004, il a été nommé au poste d’arbitre de griefs à Regina, en Saskatchewan, et s’est vu confier la responsabilité des trois provinces des Prairies, de deux des territoires et de la division Dépôt à Regina. En 2009, il a été chargé de la formation en leadership de la GRC au Centre de formation de la région du Pacifique à Chilliwack.

En 2007, la carrière de John l’a conduit au Timor-Oriental, où il a œuvré pendant 14 mois à titre de gardien de la paix. L’un des six policiers canadiens au sein d’une brigade de maintien de la paix composée de plus de 1 500 membres, John y occupait les fonctions de chef d’état-major de la division policière de l’ONU, et était chargé des normes professionnelles, de la dotation et de la formation.

« Il y avait beaucoup de tension, se rappelle-t-il. Le président avait été la cible d’un attentat monté par des déserteurs de l’armée nationale, ce qui avait entraîné l’application de la loi martiale et d’un couvre-feu. En tant que policiers gardiens de la paix, nous étions armés. L’ONU avait placé un garde de sécurité à l’entrée de nos logements. »

John Scott (à gauche) en compagnie du major Aleer Deny Keen du service de police du Soudan du Sud et membre de l’équipe d’inspection du service de police.

En 2012, John a pris part à une nouvelle mission de maintien de la paix au Soudan du Sud, quelques mois après que le pays a proclamé son indépendance. Depuis la capitale de Juba, il a sillonné le pays en compagnie d’une équipe de policiers chargée de l’inspection des activités de l’État.

En plus de la violence, la malaria, la fièvre typhoïde et la chaleur extrême représentaient de constantes menaces. John devait souvent se déplacer par hélicoptère et son appareil a plus d’une fois essuyé des tirs. Les mines terrestres constituaient une autre source de danger : des enfants qui jouaient au ballon étaient souvent gravement mutilés par l’explosion de ces mines.

« C’était le chaos total, résume John. Deux heures après nous avoir rencontrés, le major-général responsable de l’État de l’Équatoria-Oriental a été tué dans une embuscade sur la route ». Durant une inspection des opérations policières, John lui-même a dû se mettre à l’abri des raids menés par l’Armée de résistance du seigneur, une tristement célèbre organisation terroriste.

Neuf mois après la fin de la mission, John est retourné au Soudan du Sud, sous l’égide de l’organisation UK Aid, avec le mandat de mettre en place des normes professionnelles pour la police nationale du Soudan du Sud.

La situation du pays était alors encore plus explosive. « Je suis allé courir un matin jusqu’au point de contrôle de la police aux limites de Juba. Les policiers étaient disparus et des hommes portant des uniformes de l’armée ont pointé leurs armes vers moi. Heureusement, je connaissais une personne parmi eux, qui m’a permis de revenir au camp sain et sauf », raconte-t-il.

« On pouvait entendre les rafales continues des mitraillettes et des AK-47, les grenades propulsées par fusée et le pilonnage des chars d’assaut. Après trois semaines retranchés dans le camp militaire, nous avons pu rejoindre l’aéroport qui venait de rouvrir et être évacués ».

John Scott (à droite), chef d'état-major de la police des Nations Unies, Timor-Leste, 2008, présentant le certificat d'enregistrement de la Polícia Nacional de Timor-Leste au sous-inspecteur Carlos Montz Maia.

Des amis de John au sein des forces policières du Soudan du Sud ont escorté le groupe vers l’aéroport. Des piles de cadavres pouvaient être aperçues tout au long de la route. Le groupe a été évacué à bord d’un DC-9 acquis par Air Canada en 1964.

John est à nouveau retourné au Soudan du Sud en 2014, mais ce séjour a été écourté par le conflit. Peu de temps après, John décidait de prendre sa retraite… mais ça n’a pas duré.

« Je m’ennuyais. Après deux ans, j’en ai eu assez. » Même de longues vacances en Europe ne pouvaient combler le besoin d’agir de John. Il a donc repris du service en 2018 à Anciens Combattants Canada à Chilliwack, pour finalement prendre sa retraite définitive en 2022, après six ans au sein de l’équipe d’ACC.

John répond aujourd’hui à son besoin d’aventure en courant des demi-marathons en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Zélande. Des projets de voyage en Afrique et en Amérique du Sud ont été reportés en raison de la COVID, mais cette année, John et sa conjointe prévoient se rendre en Nouvelle-Zélande et en Australie pour aller voir leur fille Justine et leur premier petit-enfant. Leur autre fille Stephanie fait partie de la GRC et leur fils Sean souhaite aussi rejoindre les rangs de la GRC. Tous deux aimeraient un jour faire partie des forces de maintien de la paix, suivant les traces de leur père.

Conseils à l’approche de sa libération

Deux fois retraité, John admet qu’il n’était pas bien préparé la première fois. « Tout le monde est différent, mais à 70 ans, je dois réussir ma retraite cette fois-ci. J’ai travaillé à ACC pendant six ans et j’ai parlé à de nombreux vétérans. J’ai beaucoup appris d’eux. »

John est d’avis qu’il n’y a pas de solution universelle pour les vétérans. « C’est important d’en savoir le plus possible sur les prestations auxquelles nous avons droit. » Il suggère aux personnes dont la libération approche de consulter le site Web d’ACC pour trouver l’aide qui convient à leurs besoins particuliers : par exemple, un traitement de l’état de stress post-traumatique, des avantages précis pour les soins de santé ou des services de réorientation professionnelle.

L'équipe d'inspection de la police du Soudan du Sud, à Kajock, au Soudan du Sud, en 2012. De gauche à droite : le major Aleer Deny Keen, l'inspecteur de la GRC John Scott, le major Rizik Motto (maintenant décédé), le chef des prisons de l'État de Warrap (en blanc) et le lieutenant-commandant Andrews.

John Scott (debout) travaillant à Juba, Soudan du Sud, 2012, avec la Direction des normes professionnelles de la police du Soudan du Sud.

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