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Sergent (à la retraite) Norman Kirby

Norman Harold Kirby a grandi en écoutant des histoires de guerre – racontées par son grand-père et son enseignant. Son grand-père était un vétéran de la guerre des Boers et de la Première Guerre mondiale. Son enseignant avait perdu un œil, un bras et une jambe dans une guerre des tranchées. Il comprenait ce que cela signifiait d’aller à la guerre. Il comprenait la peur. Il comprenait la perte de vies. Malgré tout, lorsque la guerre de sa génération éclata, le sergent Kirby a répondu à l’appel. Et il n’a jamais regretté l’avoir fait.

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Norman Kirby

Norman Harold Kirby s’est enrôlé pour la Seconde Guerre mondiale en 1943 à titre de recrue mineure – il n’avait que 17 ans. Il a reçu le fusil à verrou britannique standard, le Lee Enfield .303. Son grand-père avait utilisé la même arme à la Première Guerre mondiale. « Lorsque j’ai fait feu avec l’une de ces reliques, j’ai eu un retour de souffle au visage. Après cette expérience, je tressaillais chaque fois que je tirais et n’atteignais jamais la cible ». Il croit que son sergent formateur l’a peut-être pris en pitié, car il a ensuite été formé avec la mitrailleuse Bren et, plus tard, il a appris à se servir du PIAT (lance-bombes antichars d’infanterie). Il s’est rapidement qualifié pour utiliser ces deux armes. « Cela peut sembler un événement mineur, mais je pense que cela a plus tard aidé à me sauver la vie. »

En mai 1944, le soldat Kirby a été affecté à un groupe de renforcement sur la Manche qui avait besoin d’un mitrailleur Bren qualifié. C’est ainsi qu’il a rejoint le 2e peloton, compagnie A, du North Shore Infantry Regiment (Nouveau-Brunswick), avec lequel il a servi jusqu’à la fin de la guerre. C’est également à ce moment que sa guerre a commencé. Le 6 juin 1944, il a pris d’assaut Juno Beach dans le cadre du jour J.

Après un dur amerrissage tristement célèbre le jour J, le soldat Kirby a servi dans la bataille de Normandie. L’attaque de son régiment sur le canon transmanche à St-Aubin-sur-Mer en France l’a particulièrement marqué. Il était coincé dans un cratère de bombe près d’un grand bunker allemand doté de canons transmanche qui faisaient feu vers l’Angleterre. La mission était de détruire les canons. Mais sa compagnie s’est retirée sous les tirs nourris, le laissant derrière avec deux autres compagnons à environ 50 à 70 verges de l’emplacement du canon.

« Nous avons installé la mitrailleuse Bren sur le bord [du cratère] et alors que les Allemands sortaient des forteresses pour servir les canons antiaériens, j’ai pu les abattre, un à un. Finalement, deux ou trois d’entre eux ont atteint le canon antiaérien et l’ont tourné vers nous. La mitrailleuse Bren a été réduite en pièces et le chargeur a été tué. »

Le jour suivant, le soldat Kirby est retourné à l’emplacement du canon et a capturé le bunker allemand. Dans les semaines qui ont suivi, il a été promu caporal et plus tard, sergent avec les tâches de commandant adjoint de peloton.

En avril 1945, après des mois de combats intenses en France, en Belgique et dans certaines parties de l’Allemagne, le sergent Kirby a vécu l’un des moments les plus réconfortants de sa guerre. Lui et son peloton ont libéré la ville de Groningen, qui était occupée par les Allemands depuis cinq ans. Quelques minutes après avoir libéré la ville, des enfants néerlandais ont commencé à les entourer pour célébrer. Ils portaient des chapeaux de papier arborant leurs couleurs nationales, qu’ils ont dû garder cachés pendant l’occupation. « Après les horreurs de la Normandie et de la Belgique, c’était un vrai cadeau », se souvient le sergent Kirby.

Kirby et ses camarades quelques instants après la libération de la ville de Groningen. Ils sont accompagnés d’enfants néerlandais débordant d’excitation.

« Les Néerlandais nous ont aidés de nombreuses façons, même s’ils mettaient ainsi leur vie en danger. »

Souvent avec l’aide des Néerlandais, le sergent Kirby et le North Shore Infantry Regiment (Nouveau-Brunswick) ont libéré de nombreuses villes des Pays Bas. Une histoire de résistance et de courage des Néerlandais se distingue particulièrement pour le sergent Kirby. Lui et un caporal étaient allés en patrouille de reconnaissance pour recueillir des renseignements sur une troupe allemande et les déplacements de leur char d’assaut. Lors de cette patrouille, un capitaine de barge néerlandais, sa femme et ses deux filles se sont portés volontaires pour leur faire traverser le canal et les amener derrière les lignes ennemies. La barge était leur maison et aider les forces alliées signifiait une mort certaine, s’ils étaient pris. « Les Néerlandais nous ont aidés de nombreuses façons, même s’ils mettaient ainsi leur vie en danger. Ils étaient si braves », se souvient le sergent Kirby. « Ils voulaient prendre le risque, donc je me suis assuré de leur donner des rations et j’ai rempli leurs réservoirs de carburant avant de partir, en plus d’environ vingt jerricans de diesel. » Pendant trois jours, le sergent Kirby et son camarade se sont cachés dans la cale à marchandises de la barge pendant le jour et recueillaient des renseignements la nuit.

« Il n’y a pas eu de célébration lorsque nous avons entendu la nouvelle. Il y a eu un grand soulagement, mais les soldats ont continué ce qu’ils faisaient. »

Le 8 mai 1945, le jour qui est devenu le jour de la Victoire en Europe, le sergent Kirby était en Allemagne. À ce moment-là, les combats avaient cessé, car le haut commandement allemand avait signé une reddition inconditionnelle le jour précédent. Malgré tout, lorsqu’il a entendu la nouvelle, il se souvient que l’humeur était sereine. « Il n’y a pas eu de célébration lorsque nous avons entendu la nouvelle. Il y a eu un grand soulagement, mais les soldats ont continué ce qu’ils faisaient. Pour moi en particulier, à titre de sous-officier, je n’étais certainement pas en position de célébrer. »

Il a été libéré en septembre 1945 et est retourné chez lui à North Vancouver. « Je n’avais que 19 ans lorsque je suis rentré à la maison. Je n’étais même pas assez vieux pour voter ou pour prendre une bière avec mon père. » Même s’il n’était pas majeur, le sergent Kirby n’était plus le jeune qui était parti pour la guerre en 1943. Il avait tant vu et vécu. « J’ai vieilli rapidement », affirme-t-il. « Lorsque je suis revenu de la guerre, j’étais un homme. »

Le sergent Kirby a eu une brillante carrière militaire. Il a reçu le Field-Marshal Montgomery Award for Gallantry pour son leadership et son courage ainsi que l’Ordre national de la Légion d’honneur, et a été nommé chevalier de la République française (la Légion d’honneur est la plus haute distinction remise par la République française). Pour son attaque dans la ville allemande de Keppeln en février 1945, il a été nommé pour la Médaille militaire pour ses actes de bravoure « dépassant largement l’exercice de ses fonctions et à titre de caporal suppléant, faisant fi de sa propre sécurité ». Malheureusement, le sergent Kirby n’a jamais assisté à la cérémonie où il aurait reçu la Médaille militaire. Il s’était porté volontaire pour la campagne du Pacifique et, au moment de la cérémonie, il se préparait à Aldershot, en Angleterre.

En février 1945, le sergent Kirby et ses hommes étaient prêts à servir comme groupe de renforcement aux abords de Keppeln, en Allemagne. Sans savoir qu’ils seraient appelés sans délai à prendre part à l’action, ils ont posé pour une photo et ont fait cuire la patte d’une vache blessée. Deux heures plus tard, le sergent Kirby était le seul survivant de la photo.

Aujourd’hui, le sergent Kirby mène une vie paisible à Lions Bay, en Colombie-Britannique. Il est marié à Victoria depuis plus de 50 ans. Ensemble, ils se consacrent à la commémoration.

« Il est si gratifiant de voir à quel point les gens sont reconnaissants lors de ces cérémonies de commémoration. Cela en vaut vraiment la peine. Je suis fier de ce que j’ai fait. »

En l’honneur du 75e anniversaire du jour de la Victoire en Europe, le sergent (à la retraite) Norman Kirby figure sur l’affiche officielle d’Anciens Combattants Canada. Cette affiche est fièrement exposée partout au Canada et en Europe pour souligner ce moment important de notre histoire.


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