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Une nuit sous les bombes

La force francophone

Une nuit sous les bombes

Transcription
UNE NUIT SOUS LES BOMBES On était en Hollande, pis on a r'venu en Belgique parc'que les Allemands avaient passé en travers d'l'armée américaine, pis y avaient avancé quarante-cinq miles de loin, soixante-dix miles de large, pis on a v'nu d'vant ça, là. On a tout' mové les canons d'vant ça pour arrêter ça, pis ça... On a commencé à tirer l'matin, pis ça a duré deux jours. Là, t'avais pas d'ordres... Quand on a commencé, tes odres étiont : « Tu tires dix coups, tu drop cinquante verges... Tu tires dix coups, tu drop cinquante verges... » Les gros canons, on avait commencé en arrière, pis tu dropais... Les p'tits, y avaient commencé en avant, pis eux tiraient, pis y montaient de deux... pour former... Les gars qui avaient planné ça savaient plus qu'est-ce qu'y faisaient qu'moi, pis c'était ben planné, pis c'était... Mais c'était du train. On est sorti de là, j'saignais du nez. Ça arrêté... Dans l'heure, ça a passé. Mais, ça a resté qu'les oreilles... LE BRUIT D'UN OBUS EST RESTÉ LONGTEMPS DANS MES OREILLES Après la guerre, j'travaillais à Saint-Jean, j'm'en allais au théâtre avec une fille, elle était smart, j'marchais... Passe devant où y avait un dry clean et pis elle m'a lâché d'la steam, ça a fait pfit ! au d'ssus d'ma tête. C't'ait dans l'printemps, pis y avait ça d'slush sur la rue, pis j'ai fessé la face là-d'dans assez vite. C'était... Ça avait resté, ça, là, le train d'un obus qui v'nait, pis tu t'jetais à terre pour ta protection. Pis ça, ça avait fait l'même train. Y avait pas assez longtemps, là, j'l'avais pas encore oublié. En pleine face, toi, sur la rue... Mais t'aurais fait d'quoi d'même, là... Ça pris du temps avant que ça a passé, là. J't'ais à la maison, chez nous, j't'ais couché, l'matin... Ma mère travaillait, elle avait un moulin à coudre qui aviont [inaudible]. Elle l'a changé d'place, [inaudible] avecdes p'tits trous, là, pis ça criait à terre, ça, là. Le cri là m'a réveillé, de d'là, sous le lit, là... [inaudible]. T'aurais fait comme ça, là. T'aurais fait ça si y avait d'quoi, ça t'avait resté, ça, là. Tu l'aurais fait, pis tu l'aurais fait vite. Des obus, ça criait quand ça v'nait, ça. Ziiip ! Un cri qui r'ssemblait à ça, t'étais [inaudible] avec l'idée d'te cacher...
Description

M. Gaudet décrit quelques expériences bouleversantes qu’il a vécues à son retour de la guerre.

Emmanuel Gaudet

Né le 16 juin 1918, à Rogersville, au Nouveau-Brunswick, M. Gaudet a grandi dans une famille de douze enfants. Il s’enrôle dans l’armée en janvier 1942. Son instruction militaire a lieu au Nouveau-Brunswick et en Ontario. Son frère ainé s’enrôle aussi et est affecté au même régiment. M. Gaudet devient canonnier. Il est envoyé en Angleterre, puis en Belgique, aux Pays?Bas et en France où il reste jusqu’à la fin de la guerre.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Durée :
2:32
Personne interviewée :
Emmanuel Gaudet
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
Canada
Branche :
Armée
Unité ou navire :
4e Régiment d'artillerie moyenne
Grade militaire :
Soldat
Occupation :
Artilleur

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