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Histoire de réussite de vétéran : Roger Chabot

Prendre sa retraite des Forces armées canadiennes a permis à Roger Chabot d'exercer sa passion à temps plein, tout en demeurant connecté à sa famille militaire.

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« A l'assaut de Courcelette » par Roger Chabot

L’œuvre est énorme : la toile fait deux mètres et demi de haut et sept mètres de large, montrant des images des quatre commandements opérationnels des Forces armées canadiennes (FAC) en action.

Son auteur est un technicien en imagerie à la retraite, le Sgt (retraité) Roger Chabot. Intitulée « Mont Everest », c’est la plus grande peinture qu’il a jamais faite, mais c’est loin d’être le seul projet à le tenir occupé pendant la pandémie.

Premiers pas en peinture acrylique

Roger Chabot a commencé à peindre à l’acrylique au secondaire et il a continué pendant son service dans les Forces armées canadiennes. « J’ai laissé des œuvres derrière moi partout dans le monde, dit-il : en Somalie, en Croatie et dans tout le Canada. »

Né à Beloeil (Québec) sur la rive-sud de Montréal, Roger avait toujours voulu être soldat. Il a intégré les cadets de l’Air à 13 ans et à 21 ans, il est allé au Centre de recrutement de Montréal pour s’inscrire au Royal 22e Régiment, les VanDoos. Au sein du régiment aéroporté, il a participé à des missions à Chypre et en Somalie. Après avoir rejoint le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry en 1994, il a également servi en Croatie et a effectué une autre tournée au Kosovo en 1999.

Roger a continué à peindre chaque fois qu’il le pouvait. « Ma passion est l’art et mon intérêt est l’armée », explique-t-il.

Un accident subi pendant son entraînement en 1998 l’a obligé à prendre six mois de repos, ce qui lui a donné l’occasion de peindre. Beaucoup. Le résultat a été une avancée majeure dans les compétences de Roger et la qualité de ses images. Parmi les œuvres qu’il a réalisées pendant cette période, on compte Night Drop et Airborne Sunrise.

« Night Drop » par Roger Chabot

En 2000, Roger a été affecté à l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes (ELRFC), à St-Jean, à titre d’instructeur d’instruction de base. Par la suite, il a postulé pour suivre une formation de technicien en imagerie, même si cela l’obligeait à descendre les échelons de sergent à caporal.

Les techniciens en imagerie travaillent avec des photos, des vidéos et tout autre élément graphique utilisé dans les FAC, pour le renseignement, les communications et les relations publiques. L’imagerie est également un élément essentiel des opérations de combat.

À titre de technicien en imagerie, Roger a travaillé à Cold Lake (Alberta) pendant deux ans. Puis, promu caporal-chef, il est revenu à Valcartier aux Nouvelles de l’Armée. Il a pris sa retraite une première fois en 2005 après 20 ans dans l’armée, avant de revenir à la Réserve et au Centre d’imagerie interarmées à Ottawa, où il a donné une formation de pré-déploiement en imagerie.

« J’ai manqué l’occasion d’aller en Afghanistan », dit-il. C’est un sentiment révélateur. Il a perdu des amis et certains de ceux qu’il a formés lors du plus long déploiement militaire du Canada.

Libéré, mais toujours en service

Roger a été complètement libéré du service en 2016, à l’âge de 55 ans et au grade de sergent. Cela lui a donné le temps de se concentrer sur sa famille, y compris ses fils jumeaux Samuel et William, qui ont maintenant 11 ans, et sur la peinture.

« Cela a été difficile de faire la transition à partir d’une vie complètement structurée. On s’habitue à une vie structurée avec un chèque de paie régulier, et on est toujours avec ses collègues et amis. Même quand tu te rends seul au mess pour un repas, tu sais que des amis seront là. »

« La peinture m’apporte la paix », dit-il.

En même temps, l’art de Roger le garde connecté à sa carrière militaire et à la communauté militaire.

En 2016, il a terminé une peinture visant à commémorer le 100e anniversaire de la bataille de Flers–Courcelette en France, qui lui a été commandé par le Royal 22e Régiment. En 2017, Roger a fait don de « No Greater Love » au Musée canadien de la guerre à Ottawa sur le centenaire de la bataille de la Crête de Vimy.

Pour le 50e anniversaire du régiment aéroporté en 2018, Roger a réalisé l’œuvre « The Great Adventure », la dévoilant lors d’une célébration à Edmonton où – à la grande surprise de Roger – elle a été achetée par un collectionneur d’art.

« The Great Adventure » par Roger Chabot

« La peinture est une façon pour moi de faire ma part, qui me permet d’être dans un environnement où je me sens apprécié », indique Roger.

Les peintures de Roger sont maintenant en vedette au Musée de la guerre à Ottawa, à La Citadelle de Québec et aux Military Museums de Calgary.

C’est ça la retraite?

En 2018, Roger s’est rendu en Normandie pour faire des recherches en vue de la réalisation de deux peintures commémorant le 75e anniversaire du jour J. La gouverneure générale les a dévoilées devant la Maison du Canada à Juno Beach : « The Liberators » et « Out of the Clouds ».

« Cela n’a été prévu que 48 heures à l’avance », raconte Roger.

Récemment, Roger a commencé à faire des vidéos au sujet de ses peintures, avec le soutien d’organismes soutenant les vétérans et de la communauté militaire. Sa première, In Search of Pegasus, a été publiée sur YouTube et a attiré l’attention de plus de vétérans. Maintenant, Roger a sa propre chaîne YouTube, où il publie sa série de vidéos, Bravoure au combat.

« The Liberators » par Roger Chabot

« Out of the Clouds » par Roger Chabot

Le soutien de ses pairs a permis à Roger de commencer à travailler sur un grand projet vidéo sur les « D-Day Dodgers » canadiens : il prévoit d’emmener une équipe en Italie et de suivre les traces du 1er Corps canadien pendant la Seconde Guerre mondiale aux quatre coins de la Sicile et de la péninsule italienne.

« Il nous faut raconter cette histoire, souligne Roger. Nous sommes tous des gardiens de la mémoire. »

Et en pleine pandémie, Roger a entrepris son plus grand projet à ce jour, son « Mont Everest » : une murale de deux mètres et demi par sept, comprenant huit toiles, qui sera exposée dans le Hall d’honneur du nouveau quartier général du ministère de la Défense nationale à Ottawa. Peints sur toile, les huit panneaux représenteront les quatre commandements opérationnels de l’armée canadienne dans leur équipement actuel, et seront complétés par de grands écrans vidéo.

De la peinture aux événements, en passant par les projets vidéo et les séries, la vie et le travail de Roger Chabot après le service le gardent en contact avec la communauté militaire au Canada et à l’étranger.

« C’est comme s’il n’avait jamais pris sa retraite », s’exclame son épouse, Isabel Paré.

« Nous sommes tous les gardiens de la mémoire, lorsque nous entreprenons des activités de commémoration, affirme Roger. Si je peux informer les Canadiens au sujet de notre histoire, j’aurai préservé la mémoire. »

Remarque : La Campagne Respect a aidé à soutenir les projets de commémoration de Roger Chabot. L’organisation a reçu du soutien financier dans le cadre du Fonds pour le bien-être des vétérans et de leur famille.

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