Bataille de la crête de Vimy
Du 9 au 12 avril 1917
La Première Guerre mondiale
La Première Guerre mondiale fut un conflit sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Elle est issue des tensions politiques et des alliances militaires complexes qui existaient à l'époque. En fait, l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à l'été de 1914 a entraîné une crise internationale. Les hostilités, qui ont débuté en août, ont duré quatre ans et opposé la Grande Bretagne et son empire, la France, la Russie et les États Unis, à l'Allemagne, à l'Autriche Hongrie et à l'Empire ottoman.
Char suivi de l’infanterie avançant lors de la bataille de la crête de Vimy. Source : Bibliothèque et Archives Canada PA-004388
Le Canada va en guerre
En 1914, les affaires extérieures du Canada étaient gouvernées par le Royaume-Uni. Par conséquent, dès que la Grande-Bretagne a déclaré la guerre, le Canada a été d'emblée impliqué dans le conflit. La Première Guerre mondiale a été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme et de patriotisme par de nombreux Canadiens. En effet, des dizaines de milliers d'entre eux se sont empressés de s'enrôler dans les premiers mois suivant le déclenchement des hostilités, de peur de rater l'action. Ils n'avaient rien à craindre, car la guerre n'a pris fin que quatre ans plus tard. Pas moins de dix millions de soldats ont perdu la vie dans des combats qui ont été révolutionnés par l'utilisation d'obus perforants, de puissantes mitrailleuses, de gaz toxiques, de sous marins et d'avions de guerre.
La vie dans les tranchées
La vie dans les tranchées était misérable. Souvent, les soldats étaient couverts de boue et ils avaient froid. Il leur fallait même cohabiter avec certains indésirables comme les rats, les poux et les puces. Dans ce genre de guerre, les adversaires ne sont séparés que par une mince bande de terre, un No Man's Land de boue, de barbelés et de cratères d'obus. Avant de lancer une attaque, il fallait d'abord franchir tous ces obstacles, en essayant de se soustraire aux tirs des mitrailleuses, de l'artillerie et des tireurs d'élite ennemis. Souvent, il était même impossible d'aller chercher les morts ou les blessés dans le No Man's Land.
La préparation d'un plan d'attaque
Au printemps 1917, il y avait plus de deux ans et demi que l'Europe était en guerre, et aucun adversaire n'avait réussi à gagner beaucoup de terrain. En avril, les Alliés préparaient une offensive majeure dans la région d'Arras, en France. Les soldats canadiens devaient prendre la crête de Vimy.
On adonc construit des tranchées d’exercice et des maquettes du champ de bataille qu’on a utilisées pour se préparer. Avant Vimy, les cartes étaient réservées aux officiers, mais ce n’était plus le cas! Des cartes ont été remises à tous les soldats (40 000 en tout), et chaque homme connaissait son objectif exact et l’heure approximatif de l’arrivée avant de lancer le combat. (Maquette des lignes allemandes. Bibliothèque et Archives Canada.)
Les préparatifs de bataille
La crête de Vimy se trouve au nord de la France, à environ 175 kilomètres au nord de Paris. C'est une colline longue et haute qui domine le paysage environnant. L'Allemagne a envahi la crête de Vimy au début de la guerre et l'a transformée en une solide position défensive qui comportait un réseau complexe de tranchées et de tunnels, protégée par des soldats allemands très bien entraînés disposant de mitrailleuses et de pièces d'artillerie. Les tentatives précédentes des Alliés pour prendre d'assaut la crête de Vimy, en 1914 et 1915, avaient été en grande partie infructueuses, faisant des centaines de milliers de victimes.
Un entraînement rigoureux
Les Canadiens ont avancé vers les lignes de front face à la crête de Vimy à la fin de l’automne 1916. La bataille de la crête de Vimy a été la première occasion pour les quatre divisions du Corps canadien d’unir leurs forces. La planification et les préparatifs de la bataille ont été exhaustifs. Les soldats canadiens ont passé tout l’hiver à renforcer les lignes pour préparer l’assaut sur Vimy et à suivre un entraînement rigoureux. Des maquettes des systèmes des tranchées ont été réalisées, et les soldats ont effectué d’innombrables exercices pour se préparer à l’attaque. Ils ont aussi effectué des raids dans les positions allemandes pour recueillir des renseignements sur les défenses ennemies.
Le creusage de tunnels
Par ailleurs, les Alliés ont mené de vastes opérations « minières » : ils ont creusé des tunnels jusque sous les tranchées allemandes pour y placer des explosifs percutants qu'on ferait détoner au moment de l'attaque. Ils ont aussi élaboré un réseau de tunnels bien ramifié doté de rails, de canalisations d'eau, d'éclairage et d'énormes abris pouvant accueillir du matériel et des armes pour appuyer les Canadiens dans la bataille.
...creuser des tranchées...«J’en aurais davantage à vous dire sur le remplissage de sacs de sable que sur les combats. Toute la France sera bientôt contenue dans des sacs de sable! » Soldat Ronald McKinnon.(Les Canadiens en train de consolider leurs positions sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Une « semaine de souffrance »
Pour affaiblir les défenses ennemies avant l'assaut, les Alliés ont ouvert le feu par un barrage d'artillerie massif et prolongé. Les bombardements les plus intenses se sont déroulés sur plus d'une semaine pour éviter de révéler aux Allemands le moment exact de l'attaque. Plus d'un million d'obus ont martelé le terrain au cours de cet assaut que les Allemands ont appelé « la semaine de souffrance ». Les premiers avions militaires de l'époque ont également joué un rôle dans la bataille en chassant du ciel les aéronefs et les ballons d'observation ennemis.
La bataille de la crête de Vimy
La bataille de la crête de Vimy débuta à 5 h 30, le lundi de Pâques 9 avril 1917. La première vague, formée de 15 000 à 20 000 soldats canadiens, dont un bon nombre d’hommes lourdement chargés, avança dans la neige et la giboulée en direction du tir meurtrier des mitrailleuses.
Bien que l’on considère rarement Vimy comme une bataille aérienne (retour), certains avions ont pris part au combat, et les ballons cerfs-volants ont beaucoup contribué au succès de l’opération. (Réparation d’un ballon cerf-volant légèrement endommagé par une journée de grand vent. Octobre 1916. Bibliothèque et Archives Canada.)
La prise des positions allemandes
Les Canadiens avançaient, précédés par un « barrage roulant ». Cette ligne précise de tir d'artillerie intensif des Alliés progressait à un rythme prescrit, minuté. L'infanterie canadienne suivait la ligne des explosions de très près. Les soldats pouvaient ainsi prendre les positions allemandes dans les moments critiques à mesure que le barrage se déplaçait vers la cible suivante, avant que les soldats ennemis n'émergent de leurs abris souterrains.
Les Allemands doivent battre en retraite
Malgré les lourdes pertes qu'ont subies les bataillons canadiens des premières vagues, l'assaut s'est poursuivi sans relâche. Vers midi, la majeure partie de la crête solidement défendue était capturée. La cote 145, la partie la plus élevée de la crête, a été prise le 10 avril au matin. Deux jours plus tard, les Canadiens s'emparaient du « Bourgeon », autre point élevé de la ligne de front. Les Allemands ont été contraints à battre en retraite trois kilomètres plus loin à l'est, mettant ainsi fin à la bataille de la crête de Vimy. Les Alliés avaient maintenant pris le contrôle des hauteurs surplombant la plaine de Douai, une partie de la France qui était toujours occupée par l'ennemi.
Des soldats canadiens avancent à travers les fils barbelés pendant la bataille de la crête de Vimy. Source : Bibliothèque et Archives Canada PA-001086
Des Canadiens reçoivent la Croix de Victoria
Le Corps canadien, flanqué à sa droite du Corps britannique, ont ensemble réussi à gagner plus de terrain, à capturer plus de prisonniers et à saisir plus de canons que toute autre offensive britannique précédente. La bravoure dont ont fait preuve les soldats canadiens tout au long de la bataille a valu à quatre d'entre eux la Croix de Victoria, la décoration militaire la plus distinguée, pour des actes au cours desquels ils ont pris des positions de mitrailleuses ennemies. Il s'agissait du soldat William Milne, du sergent suppléant Ellis Sifton, du capitaine Thain MacDowell et du soldat John Pattison.
Sacrifices
La bataille de la crête de Vimy a été un succès retentissant, mais la victoire a coûté très cher. Des 100 000 Canadiens qui ont combattu, plus de 10 600 furent blessés, dont près de 3 600 mortellement. À la fin de la Première Guerre mondiale, le Canada, un pays d'à peine huit millions d'habitants, avait fourni plus de 650 000 hommes et femmes en uniforme. Le bilan final des victimes a été très lourd pour notre pays : plus de 66 000 Canadiens ont été tués et plus de 170 000 ont été blessés.
Les corps des soldats qui ont sacrifié leur vie reposent dans la boue... (Le champ de bataille après un assaut canadien. Bibliothèque et Archives Canada.)
Legs
Des régiments d'un océan à l'autre ont contribué à la victoire, bien canadienne, de la bataille de la crête de Vimy et, ainsi, à la définition d'une nouvelle identité nationale pour le pays. De plus, les réalisations militaires du Canada lors de la Première Guerre mondiale lui ont donné un plus grand poids sur l'échiquier international et lui ont valu le privilège d'apposer sa signature sur le Traité de Versailles, qui a officiellement mis fin à la guerre.
Mémorial national du Canada à Vimy
Vue aérienne de l'inauguration du Monument commémoratif du Canada à Vimy. Bibliothèque et Archives Canada.
Aujourd'hui, sur la cote 145, sur une parcelle de terre cédée à jamais au Canada par la France en guise de reconnaissance, le Mémorial national du Canada à Vimy surplombe le paysage champêtre maintenant paisible. Sont inscrits sur le superbe monument les noms de 11 285 soldats canadiens portés disparus ou présumés morts en France pendant la Première Guerre mondiale. Le monument rend un vibrant hommage à tous ceux et celles qui ont servi au nom de notre pays lors de ce conflit et qui ont payé un grand prix pour garantir la paix et la liberté dont nous jouissons aujourd'hui.
Galerie de photos
Une fois affectées à l'assaut de la crête de Vimy, les troupes canadiennes s'installaient d'abord dans des camps à plusieurs kilomètres derrière les lignes. Là, bien que loin du front et à l'abri du tir ennemi, ils apprenaient tous à côtoyer la mort. (Un camp canadien établi au pied de Vimy près des tombes des héros français tombés au champ d'honneur. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Le printemps 1917 n'ayant pas été des plus cléments, la boue était chose du quotidien... (Incapable de pédaler dans la boue causée par une tempête récente, un messager canadien porte son « cheval ». Bibliothèque et Archives Canada.)
...et il n'était pas rare de se retrouver carrément dans l'eau! (Un Canadien découvre sa tente et son abri dans l'eau. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Non seulement néfaste pour la santé, cette eau rendait tout déplacement particulièrement pénible... (Soldats canadiens joyeux marchant sur le chemin boueux. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Agrandir l'image - (Un canon antiaérien avançant sur une route inondée. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Malgré les conditions difficiles et la guerre tout autour, il fallait survivre, donc manger... (Cuisiner derrière les lignes, 8e Bataillon d'infanterie. Mai 1916. Bibliothèque et Archives Canada.)
...boire... (Réserves d'eau potable. 22e Bataillon. Canadiens français. Juillet 1916. Bibliothèque et Archives Canada.)
...se raser... (Un Canadien se faisant raser de près sur la ligne de front. Bibliothèque et Archives Canada.)
...se laver... (Baignoire portable du Transport motorisé dans la partie canadienne de la ligne de front. Mai 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...se soigner... (Un verre d'eau bien apprécié à un poste de secours avancé. Bibliothèque et Archives Canada.)
...et quand un ami ne revenait pas d'une patrouille ou d'un raid... (Bibliothèque et Archives Canada.)
La vie quotidienne des troupes, vécue au son presque incessant des obus, devenait encore plus invivable quand venait le temps de quitter la sûreté relative des camps pour se rapprocher du front, des tranchées et des tunnels. (La Canadian Light Horse [cavalerie du Corps canadien] passant à l'action sur la crête de Vimy. Bibliothèque et Archives Canada.)
La préparation des repas devenait une expérience surréaliste. (Cuisinier canadien et son aide dans la cuisine du champ de bataille. Bibliothèque et Archives Canada.)
Faire sa toilette... (Un Canadien se rafraîchit dans un bain près de la ligne de front. Bibliothèque et Archives Canada.)
...relevait presque du miracle. (Bain matinal sur le champ de bataille. Bibliothèque et Archives Canada.)
La « piscine » locale était froide et infecte... (Soldat nageant dans un trou d'obus derrière les lignes canadiennes. Bibliothèque et Archives Canada.)
...la stérilité des postes de premiers soins des tranchées était discutable. (Premiers soins administrés aux blessés à Courcelette. Bibliothèque et Archives Canada.)
Puisque nous sommes sur le sujet des tranchées... Pensez-vous qu'une tranchée ressemblait à ceci? Et bien, non. Celle-ci était fraîchement construite et assez exceptionnelle. (Tranchée de communication. 22e Bataillon d'infanterie. Canadiens français. Juillet 1916. Bibliothèque et Archives Canada.)
La réalité était plutôt comme ceci... (Tranchées de drainage. 22e Bataillon d'infanterie. Canadiens français. Juillet 1916. Bibliothèque et Archives Canada.)
...comme ceci ou pire encore! (Soldat canadien dormant sur la ligne de front. Bibliothèque et Archives Canada.)
« Ils parlent de tranchées, mais ce mot est trop romantique. Les tranchées étaient plutôt des fossés. Au fil du temps, comme les soldats ne pouvaient pas se débarrasser des déchets et des eaux usées, les tranchées sont devenues répugnantes, et des hommes ont vécu dans ces lieux année après année. » Lieutenant Greg Clark, 4e Bataillon canadien de fusiliers à cheval. (Sapeur dans une tranchée inondée à hauteur de genou. Bibliothèque et Archives Canada.)
Même si le port de hautes bottes de caoutchouc avait plus ou moins enrayé le problème quelques années avant la bataille de Vimy, l'omniprésence de l'eau et de la saleté occasionnait toujours des cas de pieds des tranchées, une maladie dont les séquelles sont semblables à celles d'engelures sévères. La fièvre des tranchées, qui causait d'importantes hausses de température et l'engourdissement douloureux des articulations, était encore plus commune. (Cas de pieds des tranchées – soldat non identifié. Bibliothèque et Archives Canada.)
La vie n'était guère plus agréable dans les tunnels et les galeries souterraines. (Entrée de la casemate de l'officier du génie en charge au bout du sentier « Tischer Weg » vers la tranchée habitable. Col Phillip Robinson.)
Ce qui surprend est que malgré l'horreur de la guerre, la menace des obus, des attaques au gaz, malgré la difficulté des conditions climatiques, malgré le manque d'hygiène, l'épuisement et la maladie, les visages que nous avons vus dans cette galerie sont presque tous souriants!
Les hommes luttaient contre l'aspect parfois déshumanisant de leur condition en tentant de conserver une ambiance de normalité. Ils faisaient de l'art joignant le pratique à l'agréable. (Une girouette originale inventée par un Canadien. Ces girouettes montraient aux troupes si l'alerte au gaz était ouverte ou fermée. Bibliothèque et Archives Canada.)
Ils apaisaient leur âme en se trouvant des passe-temps. (Un officier canadien cueillant des fleurs parmi les fils barbelés. Bibliothèque et Archives Canada.)
Ils réussissaient à trouver des moments de quiétude pour s'amuser. (Canadiens jouant aux cartes dans un cratère d'obus sur la crête de Vimy. Bibliothèque et Archives Canada.)
Vie d'un soldat
La politique du Corps canadien était que tous les soldats en santé devaient travailler huit heures par jour, fussent-ils affectés exclusivement à un bataillon de « travail »* ou non.* Certains bataillons, bien qu’ils aient été entraînés au combat, avaient pour seule mission d’appuyer l’effort de guerre grâce à leur travail. Parmi ces bataillons, mentionnons le 85e Bataillon (le Nova Scotia Highlanders) de la 4e Division. Soit dit en passant, et ironiquement, ce bataillon a été appelé à participer à la bataille de la crête de Vimy à la toute dernière minute et est finalement parvenu à prendre la cote 145, soit l’objectif principal du Canada.(Des Canadiens munis de pics et des pelles en route pour lancer une attaque et prêts à creuser leur propre passage. Bibliothèque et Archives Canada.)
Comme les Allemands étaient à Vimy depuis plusieurs années, lorsque les Canadiens sont arrivés, il y avait beaucoup de rattrapage à faire. Ils devaient notamment ajouter 21 miles de câbles enfouis et 66 miles de câbles aériens au réseau de communication existant, établir des quartiers généraux de signalisation...(28e Bataillon établissant le quartier général de signalisation et entrant en communication avec nos aéronefs. Crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...creuser des tranchées...«J’en aurais davantage à vous dire sur le remplissage de sacs de sable que sur les combats. Toute la France sera bientôt contenue dans des sacs de sable! » Soldat Ronald McKinnon.(Les Canadiens en train de consolider leurs positions sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...veiller à leur entretien...(Pionniers canadiens transportant des caillebotis de tranchée. Bibliothèque et Archives Canada.)
...les consolider...(Troupes canadiennes en train de décharger du matériel de tranchée dans un village situé près de la ligne. Bibliothèque et Archives Canada.)
...excaver 12 nouveaux passages souterrains (sur une distance de 6 miles) dans le labyrinthe de craie qui existait déjà sous leurs pieds boueux...(Mineur canadien après une nuit de dur labeur. Bibliothèque et Archives Canada.)
...et consolider les postes d’artillerie et les planques (abris souterrains).(Canadiens en train de s’installer confortablement dans une planque. Bibliothèque et Archives Canada.)
Les soldats se gardaient également occupés en transportant de l’eau...(Boisson rafraîchissante dans un endroit sûr. Bibliothèque et Archives Canada.)
...de la nourriture...(Bacon. Premier train divisionnaire du Corps de l’intendance de l’Armée canadienne [CRIAC]. Bibliothèque et Archives Canada.)
...ainsi que de l’équipement, à pied, dans la boue.(33e batterie de campagne de l'Armée canadienne en train de transporter des armes. Crête de Vimy, avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Ils devaient charger de la marchandise dans des wagons sur une voie ferrée secondaire...(Chargement de munitions sur une voie ferrée secondaire No 1. Bibliothèque et Archives Canada.)
Ces trains, qui pouvaient transporter jusqu’à 800 tonnes de marchandises par jour, devaient être remorqués par des petites locomotives à essence...(Cour de marchandises de la voie ferrée secondaire, embranchement de Dixie, derrière la crête de Vimy. Bibliothèque et Archives Canada.)
...ou, plus souvent qu’autrement, tirés par des mulets jusqu’à leur destination.(Un attelage de mulets tire un chargement de munitions sur une voie ferrée secondaire près de Petit Vimy, en France. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Pour éviter d'avoir à peiner et à pousser les camions dans la boue...(Canadiens en train d’aider à pousser un lorry sur une route endommagée par des obus, sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...il a fallu niveler et réparer 25 miles de routes...(Troupes ferroviaires canadiennes en train de niveler le sol en vue de la construction d’une voie ferrée secondaire. Bibliothèque et Archives Canada.)
...dont des chemins de bois...(Construction d’une route dans le No Man’s Land pour nos troupes de première ligne. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...appelés des chemins de rondins.(Construction d’une route sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Sur plus de 20 miles, des rails de tramways et de voies ferrées de faible épaisseur...(Boulonnage des rails aux traverses. Troupes ferroviaires canadiennes en France. Bibliothèque et Archives Canada.)
...ont dû être façonnés...(Troupes ferroviaires canadiennes en France. Pliage d’un rail pour un détour dans la voie. Bibliothèque et Archives Canada.)
...posés..(Troupes ferroviaires canadiennes en train de poser des rails dans une zone bombardée. Bibliothèque et Archives Canada.)
...et réparés.(Le premier train à rouler sur la nouvelle voie ferrée construite sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Il fallait couper du bois...(Pionniers canadiens en train de fendre du bois qui sera utilisé dans les tranchées. Bibliothèque et Archives Canada.)
...ferrer les chevaux...(Le maréchal ferrant au travail. Mai 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...et assurer l’entretien des armes.(L’atelier d’armurerie, derrières les lignes canadiennes sur la crête de Vimy. Bibliothèque et Archives Canada.)
Il fallait récupérer les blessés...(Brancardiers transportant un homme blessé au-dessus d’une tranchée. Imperial War Museum. Bibliothèque et Archives Canada.)
...manuellement...(Arrivée de blessés. Crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Le travail d'un soldat
Une fois que les ballons étaient gonflés et les nacelles remplies d’hommes et d’équipement photographique...(L’observateur à bord d’un ballon cerf-volant teste le téléphone avant l’ascension. Septembre 1916. Bibliothèque et Archives Canada.)
...on les lançait...(Un ballon derrière les Canadiens à la crête de Vimy. Décembre 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...bien au-dessus du champ de bataille. On les appelait des ballons cerfs-volants parce qu’ils restaient amarrés au sol (en regardant de près, on peut voir les amarres).(Deux ballons cerfs-volants dans le ciel derrière les Canadiens. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...et l’on s’en servait avec une nouvelle technique appelée le repérage acoustique pour trouver les gros canons de l’ennemi et les détruire.(La crête de Vimy avant la bataille. Bibliothèque et Archives Canada.)
Le lieutenant-colonel Raymond Brutinel a aussi apporté quelque chose de nouveau sur le champ de bataille. Indépendant de fortune avant la guerre, il a rassemblé plusieurs de ses amis riches (dont Timothy Eaton, le fondateur de la chaîne de magasins à rayons Eaton’s) et financé avec des fonds privés la 1st Canadian Machine Gun Brigade. Assez étrangement, à cause de cela, le Canada est allé en guerre avec un plus grand nombre de mitrailleuses que les Anglais. Sa brigade fut une pionnière du tir indirect de mitrailleuses, utilisant ces dernières à toutes fins pratiques de la même façon que l’on utiliserait normalement l’artillerie. (Des membres du personnel de la 16th Canadian Machine Gun Company défendent la ligne dans des trous d’obus. Bibliothèque et Archives Canada.)
D’un point de vue technologique, la Première Guerre mondiale se trouvait à chevaucher des méthodes anciennes et modernes de combat. On se servait de toutes nouvelles technologies de communication, mais dans certains cas, des techniques remontant à la nuit des temps s’avéraient aussi très utiles.(Le Service des pigeons de Sa Majesté. La maison mobile des oiseaux derrière la ligne. Novembre 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Les pigeons voyageurs étaient élevés et transportés dans des paniers jusqu’aux tranchées...(Le Service des pigeons de Sa Majesté. Le service des estafettes a commencé avec des oiseaux qui servaient dans les tranchées. Novembre 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...où d’importants messages étaient rédigés...(Le Service des pigeons de Sa Majesté. Rédaction d’un message avant de l’attacher au pigeon. Novembre 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
... et transmis derrière les lignes par « pigeon express ». (Le Service des pigeons de Sa Majesté. Le pigeon quitte la tranchée avec un message. Mai 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
D’autres tactiques de combat n’ont pas eu autant de succès. Parmi elles, un bataillon à bicyclette qui, à cause de la boue et du terrain valloneux, a dû abandonner ses coursiers à pédales.(Cyclistes – 2e Bataillon de la Force expéditionnaire canadienne. Bibliothèque et Archives Canada.)
Huit chars d’assaut (une technologie relativement nouvelle à l’époque) avaient été assignés à l’attaque par les Canadiens de la crête de Vimy pour appuyer l’avance de l’infanterie et couper le fil barbelé sur la crête, mais encore là, en raison du terrain et des conditions météorologiques, l’expérience fut un échec. Les chars se sont trouvés coincés dans la boue du No Man’s Land et ne se sont jamais rendus jusqu’au sommet de la colline. Le seul appui qu’ils ont pu donner fut de faire diversion en attirant une partie du feu ennemi que ne recevaient donc pas les fantassins.(L’un des chars utilisés dans l’avance sur la crête de Vimy. Bibliothèque et Archives Canada.)
Il croyait fermement qu’il ne fallait rien négliger. « Prenez le temps de bien les entraîner » (retour), avait-il dit aux autres officiers à propos des hommes qui allaient attaquer la crête.(Lieutenant-général Sir A. Currie, commandant des Forces canadiennes. Bibliothèque et Archives nationales.) À noter que cette photo fut prise plus tard au cours de sa carrière. Il était major-général en avril 1917.
On a donc construit des tranchées d’exercice et des maquettes du champ de bataille, qu’on a utilisé pour se préparer. Avant Vimy, les cartes étaient réservées aux officiers, mais ce n’était plus le cas! Des cartes ont été remises à tous les soldats (40 000 en tout), et chaque homme connaissait son objectif exact et l’heure approximatif de l’arrivée avant de lancer le combat.(Maquette des lignes allemandes. Bibliothèque et Archives Canada.)
Grâce à tout le soin et à toute l’attention portés aux détails, les soldats savaient quoi faire et comment le faire; même si leurs leaders tombaient au combat, ils pouvaient avancer avec confiance, et ce fut là une des principales raisons qui a permis à nos hommes de se rendre jusqu’à la crête de ce qui avait été jusque là une colline imprenable.Nota : La légende veut qu’un soldat français, qui avait entendu que la crête avait été prise, se soit exclamé : « C’est impossible! » Mais lorsqu’il a appris que les Forces canadiennes avaient réussi l’exploit, il a répondu : « Ah! Les Canadiens! C’est possible! » (Vue du village de Vimy à partir de la crête de Vimy. Bibliothèque et Archives Canada.)
Bien que l’on considère rarement Vimy comme une bataille aérienne (retour), certains avions ont pris part au combat, et les ballons cerfs-volants ont beaucoup contribué au succès de l’opération.(Réparation d’un ballon cerf-volant légèrement endommagé par une journée de grand vent. Octobre 1916. Bibliothèque et Archives Canada.)
Une fois là-haut, on prenait des photos aériennes du champ de bataille et des positions allemandes...(Des tranchées derrière les Canadiens à la crête de Vimy. Photographie prise à partir d’un ballon cerf-volant. Novembre 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...et l’on s’en servait avec une nouvelle technique appelée le repérage acoustique pour trouver les gros canons de l’ennemi et les détruire.(La crête de Vimy avant la bataille. Bibliothèque et Archives Canada.)
Il était crucial de savoir où l’ennemi se trouvait et s’il s’approchait ou non. C’est pourquoi les Canadiens et les Allemands avaient recours à toute une série de trucs pour rester au fait de la situation. Des postes d’observation et des affûts pour les tireurs embusqués étaient aménagés dans les quelques arbres qui restaient...(Arbre utilisé par les tireurs embusqués allemands et d’où ils pouvaient voir nos tranchées. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Tactiques
(Pionniers canadiens portant les caillebotis [panneaux de lattes utilisés dans les tranchées]; blessés et prisonniers en arrière-plan. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Les Canadiens avançaient dans la boue et devaient franchir les fils barbelés. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Soldats se mettant à l'abri des explosifs qui détonnent. Crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Tranchée allemande ravagée sur la crête de Vimy et capturée par les Canadiens. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Canadiens montant la garde sur les casemates allemands en attente de la capitulation des Allemands. Crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Réserves avancées canadiennes se retranchant sous le tir des obus sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Mitrailleurs canadiens à l'abri dans des trous d'obus lors de l'avancée sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Mitrailleurs canadiens se mettant à l'abri dans des trous d'obus sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Soldat canadien découvrant qu'un obus allemand a dérangé son abri. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Position allemande avant Bellecourt après un Beschießung [bombardement]. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Canadiens consolidant leur position sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Fils barbelés détruits par les mortiers de tranchée dans le No Man's Land. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Progression des soldats dans le No Man's Land. Souvenons-nous. Musée canadien de la guerre.)
(Progression des Canadiens à travers le réseau de fils barbelés sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Destruction des barbelés par des obus de mortier de tranchée. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Char suivi de l'infanterie avançant sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Progression du 29e Bataillon d'infanterie dans le No Man's Land à travers les fils barbelés et sous un tir nourri pendant la bataille de la crête de Vimy. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Explosion de shrapnel sur nos troupes en train de creuser des abris sur la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Soldats traitant un Allemand blessé sur le champ de bataille de la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Canadiens franchissant le sommet de la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
« ...ce ruban ou ceinture de vie furtive, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année, toujours pareil. Cette bande furtive et mortelle dans laquelle aucun homme n'osait bouger ni parler bruyamment... »– Lieutenant Greg Clark, 4e Bataillon canadien de fusilliers à cheval. (Paysage criblé de cratères de mines. Bibliothèque et Archives Canada.)
No Man's Land
ll fallait maintenant tirer profit de cette victoire durement acquise. La plaine de Douai s'étend droit devant et les Alliés doivent déloger les Allemands pour conquérir ce point d'appui. (Premiere Guerre mondiale, Souchez. Bibliothèque et Archives Canada.)
(La guerre a laissé sa marque dévastatrice sur les terres avoisinantes. Casemates au saillant d'Ypres. Juillet 1916. Bibliothèque et Archives Canada.)
Les corps des soldats qui ont sacrifié leur vie reposent dans la boue...(Le champ de bataille après un assaut canadien. Bibliothèque et Archives Canada.)
... tandis que les blessés attendent d'être transportés hors du champ de bataille.(Brancards en attente de se faire monter sur le chemin de fer secondaire à la crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Pas de repos malgré la fatigue.(Poste de mitrailleuse allemand dans le village de Thélus. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Tandis que les troupes canadiennes avancent...(Poste de mitrailleuse allemand capturé près de Thélus. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...les machines de guerre utilisées pour empêcher leur progression...(Canon allemand de 5,9 pouces mis hors combat par un tir. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Canon allemand de 5,9 pouces capturé dans le village de Farbus. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
...maintenant entre les mains des Alliés...(Canon allemand Howitzer de 8 pouces capturé sur la crête de Vimy par le 27e Bataillon. Août 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Chargement, sur le front canadien, d'un gros canon naval durant la bataille de la crête de Vimy. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Deux gros canons allemands Howitzers sur la crête de Vimy, capturés par les Canadiens, sont maintenant utilisés contre l'ennemi. Mai 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Poste d'artillerie allemand capturé dans le bois de Farbus. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Reprise de possession d'un canon capturé par les Allemands. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Tous les bastions ennemis n'étaient pas aussi récupérables.(Poste d'artillerie et munitions capturés par les Canadiens. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Les bastions allemands furent de plus en plus dévastés au fil de l'assaut...(Tranchée allemande détruite et capturée par les Canadiens. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Canon capturé dans le bois de Farbus par les Canadiens. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Canon naval allemand de 8 pouces capturé sur une voie ferrée à Farbus No 1. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Canon naval allemand de 8 pouces capturé sur une voie ferrée à Farbus No 2. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Canon allemand Whiz-Bang capturé par les Canadiens à Thélus. Crête de Vimy. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
... grâce au repérage par le son et à l'action de nos artilleurs.(Canon allemand malmené par notre artillerie. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Tranchées allemandes démolies par l'artillerie. On y aperçoit le corps d'un soldat allemand et une casemate capturée. Bibliothèque et Archives Canada.)
Voici ce qui restait du village de Farbus.(Les ruines du village de Farbus capturé par les Canadiens No 1. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
La guerre a dévasté de nombreux villages.(Les ruines du village de Farbus capturé par les Canadiens No 2. Avril 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
(Quelques douilles des obus utilisés contre les Allemands dans l'attaque de la crête de Vimy. Mai 1917. Bibliothèque et Archives Canada.)
Contrecoup
Le village de Vimy avant la guerre...(La grande rue de Vimy avant la guerre. Musée du Royal 22e Régiment/Bibliothèque et Archives Canada.)
... et le voici après la guerre. Situé du côté allemand de la ligne de front, Vimy avait subi, entre autres, trois semaines incessantes de tir d'artillerie avant que les Canadiens ne s'en emparent enfin.(La grande rue de Vimy après la guerre. Musée du Royal 22e Régiment/Bibliothèque et Archives Canada.)
Bien que la prochaine série de photos ne soit pas directement reliée à la bataille de la crête de Vimy, elle montre la progression et l'ampleur presque incroyable de la dévastation occasionnée par les combats sur une période de 4 ans.(La ferme Hurtebise en 1914. Archipel/BDIC.)
Environ une semaine après l'assaut canadien de la crête de Vimy, le 16 avril 1917, le 2e Corps colonial des troupes françaises a tenté de soustraire la ferme au contrôle allemand pendant la bataille du Chemin des Dames. Voici ce qu'il en est resté.(La ferme Hurtebise en 1917. Archipel/BDIC.)
Avant et après