Apprendre et se désensibiliser

Des héros se racontent

Apprendre et se désensibiliser

Transcription
On avait des… la force de coalition qui disait que tous les militaires qui étaient là, incluant la police nationale d'Afghanistan, le militaire national d'Afghanistan et la population civile qui a été endommagée à cause de la guerre. Notre hôpital était toujours plein de personnel afghanistan. Et… les nouvelles... entendaient pas cette partie-là. Y'entendaient juste le fait que : « Ah, les Canadiens, ou les Américains ou… y'a eu quelque chose. » Mais c'était… on travaillait très, très, très fort pour… pour le monde là. On a vu… Moi quand j'étais là, la plupart c'était des adultes, mais y'avait beaucoup d'enfants. Ça c'est une autre affaire qu'on n'était pas prête à donner des soins. Moi j'ai jamais donné des soins à des enfants sauf quand… partie de mon éducation. Après que j'ai gradué, je travaillais seulement avec des adultes. Et ça, j'ai trouvé ça vraiment énervant. Mais on a relié sur notre équipe… qui a déjà vu quelque chose, qui a déjà vu quelque chose d'autre et on se donnait l'information entre nous. On n'a pas le luxe d'être capable d'être spécialiste en tout et… on demandait de l'aide de toutes les infirmières là pour savoir qui connait quoi et on s'aidait comme ça. On a seulement vu deux femmes afghanistans durant mon tour. Y'a eu beaucoup d'hommes qu'on a vu à cause des grenades, des bombes suicidaires, des bombes qui ont explosé près d'eux, beaucoup de feux, des brûlures. On a vu beaucoup de brûlures quand on était là. Oui. Des mines, explosion de mines. Au début les gun shot wounds, faut que je pense à ce mot-là, les balles, les blessures de balles, de feu, me dérangeaient au début parce que j'e n'en avais jamais vu. Mais quand tu réalises que c'est comme n'importe quoi d'autre. C'est une blessure. On fait les mêmes choses : A, B, C, A, B, C, A, B, C. C'est un terme en anglais pour l'air, respirer et la circulation, tout va bien. T'apprenais sur la go. Ouais. Mais c'est parce que au Canada, on n'a pas ces expériences là. C'est ben rare qu'on voit une ou deux dans notre carrière, côté civil. Mais maintenant, je regarde ça, si quelqu'un rentre avec une balle, y'a ses deux bras, ses deux jambes, y'a pas de problème, blessure sur le crâne. C'est comme : « Ah, on va mettre un Band Aid sur ça pis ça va être correct. » C'est comme, c'est ça qu'on pensait en dernier. On le faisait pas, mais on pensait : « O.K. c'est comme n'importe quoi d'autre qui rentre dans la salle d'urgence. Quelqu'un qui s'est fait une entorse à la cheville. » C'était absolument normal pour nous de voir ça. On était désensibilisé en dernier.
Description

Mme Streppa nous raconte qu’à l’hôpital multinational de Kandahar, il est souvent nécessaire d’apprendre sur le tas. Inévitablement, on s’habitue même aux blessures graves…

Joanna Streppa

Mme Streppa est né à Montréal. Elle a joint les Forces canadiennes en 1989 en tant que membre non-officiers et une formation de signaleur naval. De 1990 - 1997, elle a travaillé dans la région de Halifax, à l'exception d'une tournée de deux ans au siège de la Défense nationale à Ottawa. Après l'obtention de son diplôme de l'Université Dalhousie en soins infirmiers, Mme Streppa reçu sa commission de la direction, spécialisée dans les soins intensifs, et en 2004 a été promu au grade de lieutenant. En Février 2006, elle a accepté un déploiement en Afghanistan / Kandahar et a été employé comme officier d'état major du quartier général de Groupe des Services de santé des Forces canadiennes à son retour.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Durée :
3:20
Personne interviewée :
Joanna Streppa
Guerre ou mission :
Forces armées canadiennes
Emplacement géographique :
Afghanistan
Branche :
Marine
Grade militaire :
Lieutenant
Occupation :
Infirmière

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