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Description
Prêt à piloter des Spitfire, la mort de nombreux pilotes le contraint à bombarder la Hollande en Typhoon. M. Lord nous raconte donc le fonctionnement de l'aéroport militaire allié de Eindhoven tout en prenant le temps de nous faire part de quelques anecdotes comiques de la vie de tous les jours.
Transcript
Mais là, les pertes des pilotes Typhoon étaient très lourdes avec le débarquement, puis la campagne de la Normandie, ça fait que notre groupe qui était sur les Spitfire, on a complété, ils nous ont envoyés deux semaines, de « conversion » pour s'habituer aux Typhoons. En temps normal, ça aurait peut-être pris deux mois mais là fallait... d'ailleurs, on était rendus tout de même avec assez d'expérience. Le Typhoon lui, son seul défaut, c'est quand on ne le connaissait pas, quand on ouvrait le throttle - le gaz - on avait un moteur de 2,200 forces, avec une hélice à 4 pales, ça fait quand vous ouvrez ça, qui tourne à 3,500 tours, ça tourne de même puis ça, ça veut t'amener là. Ça fait que les premiers take-off là, psst! Il fallait s'habituer à y aller bien tranquillement au départ, puis quand on atteignait 60 milles à l'heure, bien là, le gouvernail pouvait contrôler - avant ça, c'était juste avec le frein un petit peu. Et puis, mais à part ce petit défaut là, c'était un avion facile à voler puis on se sentait sécure là-dedans.
Alors après les deux semaines, bien là on nous envoie à ce qu'ils appellent Group Support Unit. En fait, c'était 83 Group Support Unit qui était l'unité des chasseurs en Europe, sur le continent. Et puis, ça a pris un bon deux semaines avant qu'on me dise : « Bien demain matin, tu t'en vas en Hollande, à Eindhoven. » C'était à la fin de septembre 1944 ; l'Escadre au complet, le Wing Canadien de Typhoon était à Eindhoven - 438, 439, 440. Il y avait également 39 Recce Wing; c'était des Spitfire, eux autres, mais c'était des photographes. Puis il y avait aussi une escadre, la RAF, Royal Air Force, de Typhoon mais avec des fusées, eux autres; nous, nous transportions des bombes. Seulement de toutes les Typhoon, seulement les Canadiens transportaient des bombes. Je dirais que 80% de nos missions étaient de faire sauter quelque chose avec nos bombes en plongeant, à piquer... ça faisait des beaux trous.
L'aéroport à Eindhoven, c'était un grand aéroport avec trois grandes pistes, mais il y en avait juste une qui fonctionnait : les autres étaient toutes brisées par les bombes. Puis ça avait été une base de chasseurs de nuit pour les Allemands, ça. Ça fait que le commandant, il dit : « Vas donc porter ton stock à ta chambre. » Une chose qu'il ne savait pas, c'est que j'avais jamais conduit un véhicule automobile. J'ai « bretté » un peu comme ça et j'ai venu à bout de faire partir le jeep et j'ai dit : « Whoop, de quel côté de la route qu'on conduit ici? » Ça fait que je m'en allais à gauche, il y a un camion qui s'en venait puis, il ne se tassait pas lui, il était du même côté que moi. Finalement, moi, j'ai pris le fossé, bien un fossé, j'ai pu reculer facilement puis j'ai arrêté un autre camion après et j'ai dit : « Quel bord vous menez ici là? » « Bien, il dit, comme chez nous, monsieur. - Ah, merci! »
Mon premier logement à Eindhoven, c'était une bâtisse démolie qui avait juste deux murs, puis j'ai mis mon cot-bed là. Mais heureusement deux, trois jours après, on nous a installés dans un couvent dans la ville d'Eindhoven, toute l'escadre. On avait, les officiers, on avait chacun une case avec nos cots pour toute la gang, puis la salle à manger des bonnes soeurs qu'elles nous avaient prêtée, bien, on mange tout le monde, c'était notre mess, ça. Les soeurs, elles, habitaient aux deuxième et troisième. Il y avait juste le padre qui avait le droit d'aller au deuxième. J'ai dit « Padre, comment vous faites pour jaser avec elles? Elles ne parlent pas anglais puis vous, vous parlez pas hollandais. » Il dit : « On parle en latin. » « Ah bien, j'ai dit, j'ai mon voyage! »