L’adaptation après la guerre (partie 2)

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Description

M. McDuff parle de l’entraînement qu’il a reçu outre-mer et comment cela a contribué à l'endurcir, même après la guerre.

Transcript

Les mois d’entraînement de l’autre bord? Ah, c’était terrible, les mois d’entraînement. Y’a certain entraînement que c’était pas pire, tu sais, tu disais, tu faisais on the field. L’entraînement au baraquement, les études, les cours, les ci, les ça, on avait une place pour coucher, on avait une place pour dormir. Mais, on the field, tu n’as pas de place pour coucher, t’as pas de place pour dormir puis là bien, c’est les bombes, c’est les grenades, c’est l’artillerie qui tire au-dessous de toi, le gars va-t-il manquer son coup? Tu sais, c’est toutes des affaires. Ils te bâtissent un moral à l’entraînement, ils t’endurcisssent. Moi mon gars....excusez, juste....moi, mon gars, assez dur que, quand moi je suis arrivé de la guerre, je ne voulais rien savoir. Je me rappelle avoir été sur la Ste-Catherine, puis j’étais avec ma défunte femme. Y’a arrivé un gars puis...il s’en venait lui - le trottoir lui appartenait - ma femme a quasiment fait un demi tour. Je pars : « Eh, où est-ce que tu t’en vas toi? » Il dit : « Qu’est-ce qu’il y a? » J’ai dit, tiens paffe! « Le trottoir n’est pas à toi, tu as quasiment jeté ma femme à terre. » Ah, ma femme avait.....Puis je lui en ai donné 3, 4 coups dans les lattes, je voulais rien prendre. Mais j’ai toujours resté avec....dire bien ça sera pas un bum, ça sera pas un drogué, ça sera pas un ci qui va venir me faire une remontrance, aujourd’hui. Aujourd’hui, j’ai 81 ans, okay. Puis y’a pas longtemps, j’étais avec mon gars puis j’avais 80 ans. Ça se passait à l’hôpital, à part de ça, puis j’étais rien qu’en visite. C’était rien que pour passer des tests. Puis ça avait mordu quelque chose de (inaudible) ah oui, à l’hôpital. Mon gars, il dit : « Es-tu fou, papa? T’as 80 ans. » « Je m’en foute, 81 ans, écoute, c’est ça. » J’ai toujours resté avec ça, j’ai pas peur, j’ai pas peur de rien parce que, j’vais dire comme le gars, ça m’a tellement été imprimé puis ancré dans moi-même.

Interviewer: On vous entend, puis vous êtes quelqu’un de très doux.

Très doux. Ma femme aujourd’hui, ma conjointe là, elle dit justement la même affaire, y’a pas longtemps avec son panier au Métro. Le gars il s’en vient, ma femme elle est là, elle le regarde, là j’la pousse...« Qu’est-ce que t’attends? Passe à côté. Ça passe pas deux, fais le tour puis passe dans l’autre rangée. C’est tout, c’est une femme qui est en avant de toi là, respecte la femme! » Moi j’le ferais, j’laisserais passer la femme avant. J’suis assez poli pour ça puis j’suis assez...malgré que...j’vais dire comme le gars, j’ai pas été élevé, j’ai pas eu de père. Mon père je l’ai perdu j’étais tout petit, ma mère je l’ai perdue j’avais treize ans. Puis quand j’ai perdu ma mère j’ai tout perdu.

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