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Description
Envoyée en Haïti en 2004, Mme Streppa nous raconte la nature de cette mission et comment cela l’a préparée pour l’avenir.
Joanna Streppa
Ms. Streppa was born in Montreal. She joined the Canadian Forces in 1989 as a non-commissioned member and trained as a Naval Signaller. From 1990 - 1997 she was employed in the Halifax area with the exception of a two year tour at the National Defense Headquarters in Ottawa. After obtaining her Nursing degree from Dalhousie University, Ms. Streppa received her Officer Commission, specializing in Critical Care, and in 2004 was promoted to rank of Lieutenant. In February 2006, she accepted a deployment to Afghanistan/Kandahar and was employed as a Staff Officer within the Canadian Forces Health Services Group Headquarters upon her return.
Transcript
J’ai été déployée deux fois comme infirmière. La première fois c’était en 2004 à Haiti… Haïti, s’cuse moi, en français. On était là pour donner du soutien à tous les membres militaires seulement. On faisait aucun civil. On était vraiment… j’appelle ça fortunate… On n’a pas eu de blessé grave.C’était ma première fois que j’étais déployée. Juste le fait que je vivais dans une tente… pas d’eau courante, pas de… on avait un peu d’électricité… y’avait aucun air conditionné dans nos tentes. J’étais là durant l’été. J’ai trouvé ça… une bonne expérience la première fois. J’avais pas besoin de penser à des patients, parce qu’on n’en a pas eu beaucoup. Ça m’a… je l’ai… ça m’a bien préparée pour l’Afghanistan.On était là pour faire sûr que la population ne se faisait pas blesser par les autres… guerriers de… Y’avait comme deux sortes de… Y’avait une demie de la population qui tuait la population eux-mêmes. C’est ça que j’ai vu quand j’étais là. On voyait des cadavres dans la rue. Une fois de temps en temps, j’allais aider… faire du support humanitérienne, comme aider à donner de la nourriture, des choses de même. Mais on voyait du monde très, très malade, très blessé, très… Mais c’était plus comme… ouais, c’tait donner du support pour faire sûr que y’a personne qui tuait d’autres personnes.Interviewer : C’était une… quoi ? Une guerre civile ? Oui. Oui. Une guerre civile, exact.La seule affaire que je m’en souviens d’Haïti qui m’a vraiment pogné, j’ai pas réalisé que y’a du monde pauvre dans la vie, à c’te point-là. On était à l’hôpital, on donnait… on était en train de partir de notre mission… on était en train de faire… de donner l’équipement qu’on avait, qu’on pouvait donner. Et j’m’en souviens de voir un cadavre sur une civière être transporté, mais pas de drap sur lui. Y’était mort, mais j’étais comme : « Pourquoi y’a pas un drap ? » Dehors. Parce que c’est… Où que leur morgue est, faut qu’ils sortent dehors. Y’avaient pas assez d’argent pour être capable de mettre un drap sur la personne. Pis aucune personne qui était Haïtien regardait pour dire : « Oh ! » Ça les dérangeaient pas. C’est une partie de leur vie de voir du monde blessé, mort… la vie continue.Moi j’étais comme : « Oh my ! » Ça m’a vraiment pris… de voir ça parce qu’au Canada, on serait couvert pis le monde arrêterait… donnerait un respect à… la personne qui… qui serait transportée. Non, la conversation continuait. Ouf ! Partie de leur vie, pas partie de la mienne. C’est ça la différence dans les expériences.