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Description
Alors en fonction à l’hôpital multinational de Kandahar, Mme Streppa doit soigner une femme poignardée par son mari. Elle nous fait part de ses frustrations face à cette situation.
Joanna Streppa
Ms. Streppa was born in Montreal. She joined the Canadian Forces in 1989 as a non-commissioned member and trained as a Naval Signaller. From 1990 - 1997 she was employed in the Halifax area with the exception of a two year tour at the National Defense Headquarters in Ottawa. After obtaining her Nursing degree from Dalhousie University, Ms. Streppa received her Officer Commission, specializing in Critical Care, and in 2004 was promoted to rank of Lieutenant. In February 2006, she accepted a deployment to Afghanistan/Kandahar and was employed as a Staff Officer within the Canadian Forces Health Services Group Headquarters upon her return.
Transcript
Qu’est-ce qui m’a vraiment dérangée, c’est le fait que un de mes patients, une jeune fille de quinze ans, seize ans, s’est faite poignarder par son mari… dans le cou. Et… à cause qu’y’avait peur… Elle a pas décès immédiatement. Ils l’ont cachée dans la maison pour pas que lui va en prison. Sa mère est venue une journée pour la voir, après dix jours, parce qu’elle ne comprenait pas pourquoi sa fille lui parlait pas. Et ils l’ont emmenée à notre hôpital.Cette fille… elle avait deux enfants, à cet âge là. Elle a rien fait. Les droits de la femme, c’est ça qui m’a dérangé le plus que… Sa famille à lui, pour le protéger, y’a laissé faire… laissé une femme mourir toute seule pour neuf jours. Elle a décédé après deux semaines avec nous. On l’a… elle allait bien, mais éventuellement, il fallait la sortir de notre hôpital. On peut pas garder tout le monde. Ils l’ont transportée à un autre hôpital civil qui s’appelle Mirwais. Et là, elle est décédée là. Ouais. Ça m’a vraiment dérangée. Deux enfants… l’âge de quinze ans… traitée pire qu’un chien. C’est comme ça que je vois ça. Pis… fallait que j’me garde calme. Ouais. Mais on avait des traducteurs qui nous expliquaient qu’est-ce qui se passait en tout temps. Mais c’est la seule fois que j’ai vu une femme accompagner un enfant. La plupart du temps c’est les hommes qui accompagnent leurs enfants quand ils sont blessés. Ils restent dans notre hôpital vingt-quatre heures. On les… prend soin d’eux aussi. Mais c’est la première fois j’avais vu une femme, très forte, très, très forte. Elle a enlevé son voile. Elle était très confortable avec nous. Elle nous parlait par traducteur. Elle comprenait quelques mots anglais. À chaque fois qu’elle pouvait utiliser ses mots anglais, elle les utilisait pour que… elle nous montrait qu’elle nous donnait le plus de respect possible parce qu’on faisait le plus qu’on pouvait pour sa fille.Et les hommes ? Au début, ils avaient peur de nous parler parce qu’on était femme. Et… le plus de soins qu’on donnait à leur enfant, le plus qu’ils nous voyaient qu’on était là pour leur aider, qu’on n’était pas là pour leur blesser. En dernier ils me touchaient, parce que un homme ne touche jamais une femme. Mais ils voyaient que on se touchait entre nous… on se donnait la main… Et ils faisaient comme nous. Pour nous montrer notre respect. Ouais. C’était… Moi j’ai vu un gros changement. Et même on se faisait dire : « Quand je retourne dans mon village, je vais leur dire que c’est des femmes canadiennes qui nous ont aidés. » même si on avait beaucoup d’hommes. Mais il voulait faire sûr que sa petite fille, un de mes patients, va être capable de savoir qu’elle est capable d’accomplir quelque chose dans sa vie. On entendait des choses souvent comme ça.