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Description
M. Paquin explique comment il a vécu et vit toujours ses émotions face à la mort de ses camarades.
Transcript
C’est ben dur voir un de ses chums mourir. Même si c’est l’ultime sacrifice, on s’habitue pas à ça.Même l’ennemi, hein. J’ai vu des Chinois morts dans la vallée moi. Parce qu’eux autres… On a déjà appelé le mortier sur nos positions parce qu’il y avait trop de Chinois alentour de nous autres, pis on est retourné quatre jours après pis il y en a qui avaient pas été ramassés, hein. Pis dans la vallée, y’avait des, des rice paddies où ils sèment le riz là, puis… j’ai pas… l’odeur des excréments humains est fort, mais l’odeur d’un mort est plus fort encore. Pis j’ai vu deux Chinois éventrés, morts, pis on s’habitue pas à ça.On s’habitue pas à la mort. On, on, on la comprend, on l’accepte, mais s’habituer à ça, non. C’est impossible.Quand que mes amis sont décédés là, je vous mens pas… l’explosion là, je l’ai rêvé pis elle est revenue en flash back là pratiquement tout le temps que j’ai été en Corée. Pas normal de voir deux gars monter dans les airs pis… fini là. Vous savez, des gars de mon âge, hein, 19 ans. Christ, la vie commence ! C’est là que je vois que la vie commençait à ce moment-là. Vous savez, ça fait quand même… ça va faire… ç’a faite cinquante-quatre ans et demi de ça là pis… ça va faire cinquante-cinq ans cet automne là pis c’est comme si c’était hier. C’est comme si vous étiez en avant de moi. Ça part pas ça. On peut pas s’habituer à ça.