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Description
Comme dans bien des camps de prisonniers de la Seconde Guerre mondiale, certains prisonniers survivaient grâce au marché noir de denrées. Au camp Stalag VIII B, M. Fraser était un de ces "commerçants".
Transcript
Pour me tenir occupé, je faisais du marché noir. Alors… dans toutes ces places-là y’a toute ça de marché noir, dans’prisons, n’importe où… y’a du marché noir qui se fait. Alors… moi, le colis de la Croix-Rouge, sur le colis y’avait une croix rouge. J’avais… C’est une boîte en carton. J’avais décollé ça. J’avais pris un bandeau en, en coton. Je m’étais faite un bandeau. Et puis, j’avais cousu la croix rouge sur ce bandeau-là. J’ôtais mes menottes, mettais dans mes poches… Puis à’barrière y’avait tout le temps deux, trois gardes, et puis je passais avec ma boîte pis j’m’en allais. Ils me demandaient jamais de question. Pis je revenais.Pis moi, j’allais chercher mes rations que j’achetais, comme du pain, des patates, des carottes des fois. J’achetais, j’achetais ces affaires-là, pis je revenais aux baraques pis je vendais ça.Ah oui, l’argent, dans le camp de prisonnier, c’était pas de l’argent, c’était les cigarettes. Avec ça, deux cigarettes tu pouvais te faire faire les cheveux ou acheter… comme moi que je vendais, moi j’achetais un pain à cent cigarettes pis je le revendais à cent-soixante-quinze. Alors je faisais soixante-quinze cigarettes de profit.Le saumon… Dans le camp Stalag VIII B y’avait au moins cinq ou huit dif… nationalités. Ils recevaient les mêmes colis que nous autres, les Indous, mais eux-autres, les Indous, ils mangent pas le Kam, la viande Kam comme… C’est du cochon ça. Eux autres mangent pas ça. Mais ils mangent le saumon. Alors moi, je passais dans les baraques indiens. Naturellement, y’avaient le même colis que nous autres, mais eux autres ils le mangeaient pas ça. Fait que ils disaient : « Combien ? » « Une can de saumon, deux cans de Kam. » (rires) En double ! Je vendais mes deux Kam, je revenais, je revendais ça. Pis je retournais.