Prisonnier – travaux forcés au Japon

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Description

Quelques jours après son arrivée au camp de prisonnier de Tokyo, M. Brunet est envoyé dans un chantier maritime.

Transcript

Là nous avons été divisés en groupes. Y’en a, y’en qui travaillaient dans… c’étaient des riveurs, d’autres c’étaient des gars qui faisaient des trous. Des métiers ! Moi j’étais dans… j’étais un gars qui travaillait sur un… un ciseau à air froid, avec un fusil à l’air froid. Donc moi c’était couper de l’acier.L’hiver à Tokyo, on gèle tout rond. Là on avait pas de gants nous autres, fallait tenir le, tenir le fu… le, le, c’te chose, c’te ciseau à froid-là qui était en acier. Pis le fusil qui était en acier, les mains vous gèlent, le fusil partait d’un bord et l’autre. J’ai eu une coupure ici sur le poignet que… qui, qui m’a affecté ça, je me sens pas de la main depuis ce temps-là.À la fin du compte, on a appris le métier de même. T’avais pas de choix, fallait que tu l’apprennes, y’étaient à côté de toi. Ils venaient checker voir si tu travaillais, voir. Ils savaient le temps que ça prenait.On cassait nos, nos, nos… ils nous donnaient à peu près une quinzaine de ciseaux à froid là. On les a tout cassés ou ben on coupait la hose. On faisait exprès pour couper la hose. Là fallait que tu te promènes avec la hose, aller à une place. Fallait que tu marches pendant une demi-heure, trois quarts d’heure pour faire arranger ta hose à une certaine place. Pour faire arranger tes ciseaux c’était une autre place. Donc si tu pouvais, si tu pouvais saboter une heure ou une heure et demie par jour de même c’est ça… ça on faisait ça à tous les jours. C’était normal ça.Là on nous payait. Quinze Sen. S-E-N. Y’a cent Sen dans un Yen (inaudible). Avec cet argent-là, tu pouvais acheter quelques cigarettes, des fois d’un Japonais, de quelqu’un, n’importe qui d’autre.Les malades… Vous voyez qu’est-ce qu’y’arrivait avec les pauvres malades là… Quand qu’ils demandaient cinq-cents gars, si y’avait mille gars dans le camp, s’ils demandaient cinq-cents gars pour travailler, seulement cinq-cents étaient nourris. Si tu travaillais pas au Japon, tu te nourrissais pas. Alors ceci voulait dire que ceux qui man… qui étaient malades étaient pas supposés être nourris. C’est pour ça que de jour en jour la ration variait de, variait de, de jour en jour. Le plus de malades qu’on avait, le moins qu’on mangeait parce que y’avait moins de nourriture qui rentrait.

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