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Description
En octobre 1944, alors stationné à Jarvis (Ontario), M. Bégin apprend que sa prochaine station sera au Royaume-Uni. Il nous raconte sa traversée, accompagné de 9 000 autres hommes.
Transcript
Nous autres, notre groupe d’aviateurs, on nous a placé dans une ancienne salle à dîner. On s’occupait de servir les tables pis de nettoyer la place après. Pis y’avait un officier qui venait vérifier si on nettoyait comme il faut les tables. Y’avait des grandes tables de douze pieds par, je sais pas, trois pieds de large… Pis y’avait, y’avait une fente ouverte tout le tour. Ça fait que lui y’arrivait là pour voir si c’était bien fait, y’arrivait avec sa flashlight pis il regardait dans les fentes voir si y’était pas resté de la nourriture. Pis si tu te faisais prendre en défaut ben tu recommençais. Alors c’était réellement… Ben fallait qu’y’évite les maladies.Pis c’était notre lieu de sommeil. On couchait deux, c’était des tables de douze pieds, on couchait deux pieds… pieds à pieds, sur le long de la table. Sur le dur, pas d’autre chose. T’avais de la misère à dormir, t’avais pas de… Pis quand le bateau, après deux jours là, en mer là, là, les gens commençaient là… le bateau commençait à brasser pas mal, fait que moi je me suis couché à terre au lieu de rester sur la table parce que c’était… on aurait pu, on aurait pu tomber. (rires)Pis, les premiers jours, y’avait pas mal de monde qui venait manger là, mais après deux jours, trois jours là ça avait diminué au moins de moitié, parce que la plupart des gens avait le mal de mer. Moi, heureusement, j’ai été chanceux. J’ai eu mal, des hauts le cœur, mais j’ai jamais assez pour renvoyer t’sais… être malade.À part de ça, pendant notre séjour sur le bateau, ben y’avait tout le temps les, les examens de… périodiques là du bas du corps. Pour si on avait, si on n’avait pas attrapé des morpions. Tu pouvais pas prendre de douche. À neuf mille, c’est à peine si t’étais capable d’avoir un évier le matin pour te laver la figure pis te faire la… te raser. Fait que c’était pas une vie ben, ben intéressante.Quand on était libre là, on pouvait grim… on pouvait monter en haut pis aller voir ça un peu, mais ça brassait. Pis le seul armement qu’y’avait là, sur ce bateau-là là… comme gros armement c’était un gros canon qu’y’avait sur le devant du bateau. Un gros, gros, je sais pas quel calibre que c’était, mais en tous les cas c’en était un énorme. Puis y’avait quelques mitrailleuses là sur les, les coins de, du bateau. En fait de défense, c’était pas trop… c’était pas dangereux.On n’était pas accompagné. Y’avait pas de, de croiseur rien, de frégate qui nous suivait. Pas de convoi. Les bateaux, ces bateaux-là étaient assez rapides, mais en plus de leur rapidité, pour éviter, si jamais y’avait des sous-marins, y’allaient toujours en zigzag, apparemment pendant j’sais pas combien de milles, il s’en allait dans un sens, d’un coup il viraillait tout le temps, comme ça.Tu savais qu’y’avait eu toutes sortes de, de coulage de bateaux, même des plus gros. J’peux pas dire là que le stress que j’ai eu c’était juste ça. C’était pas la pensée d’être coulé tellement… Ils nous avaient dit que le bateau était assez rapide que les sous-marins sont pas capables de le suivre. C’est possible ça, dans le temps. En tout cas… on les a crus. On s’est pas trop fatigué avec ça.