Le cannonier

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Description

M. Gaudet décrit le fonctionnement d’un canon et les raisons qui l’ont poussé à devenir canonnier.

Emmanuel Gaudet

Born on June 16, 1918 in Rogersville, New Brunswick, Mr. Gaudet grew up in a family of 12 children. He enlisted in the army in January 1942. He did his training in New Brunswick, and in Ontario. His older brother also enlisted and belonged to the same regiment. Mr. Gaudet became a gunner. He was sent to England, then to Belgium, the Netherlands and France where he stayed until the end of the war.

Transcript

LE CANONNIERLE FONCTIONNEMENT D'UN CANONJ'vais t'expliquer comment que l'canon travaille parc'que c'était ma job, ça. Un canon, aujourd'hui... on avait un officier d'observation qui était là, qui nous disait c'qu'y voulait. Nos canons étaient settés, y pointaient tout' à la même place, c'tait setté sur une map... OK, on l'aurait setté... Après qu'tu l'avais d'ajusté là-d'ssus, t'aurais pris un clocher d'église ou que'que chose dans ta vue, pis tu l'aurais ajusté là-d'ssus, t'aurais ajusté ton scale ici. Après ça, quand y t'disait tant d'degrés à gauche ou à droite, ton slipping scale, tu la mettais à zéro, lui. Tu la mettais là. L'officier d'observation t'donnait ses ordres. Moi, ma job, c'tait d'mettre su' ça, là. Après ça, y t'disait combien d'verges qu'y voulait ça, tu l'settais, tu le levelais. C'tait tout' des p'tits niveaux... Tu settais ça. Fallait tout' qu'ça soit [inaudible]. Quand t'étais prêt, toi, tu disais à tes hommes, pis eux y tiriont. C'était... Chaque homme avait un numéro, pis chaque numéro avait sa job. Numéro un était l'sergent... Numéro deux était l'gars que, quand y chargiont, y fermait la porte, pis c'est lui qui halait la p'tite corde pour le faire tirer... Ça, c'tait numéro deux. Numéro trois, ça c'tait moi, là, qui settait les mires. Quatre et cinq, y emportaient des obus sur un tray avec des... mettaient d'ssus. L'autre, six et sept étaient en arrière avec un manche de bois gros d'même qui avait comme six pieds d'long, pis qui avait un chose au bout'. Y l'mettaient dans l'derrière d'l'obus, pis y l'drivaient d'dans pour que ça y aille. Pis l'autre, lui, y apportait des p'tits sacs de poudr'... numéro neuf. Numéro dix, c'tait l'caporal qui était en charge que ça s'faise, ça.C'tait une belle équipe, pis t'avais toute ta place, fallait que tu ` ta place. Le plus difficile pour moi était qu'moi, j'pouvais pas m'boucher les oreilles. Tu vois, j'porte deux machines, ben c'est d'là qu'ça vient... J'pouvais pas m'boucher les oreilles parc'que moi, fallait qu'j'entende les ordres quand y v'naient. C'tait pas équipé comme à c't'heure, t'avais pas une patente sur l'oreille qui t'disait... T'avais un p'tit haut-parleur, de même, à terre, pis lui t'disait... Mais fallait qu'tu l'entendes... fallait qu'tu sois... Tu pouvais pas prendre de chance que t'avais pas ben compris parc'que c'est... Tu savais comment proche que t'étais de tes propres troupes. Y a des fois qu'tu savais qu't'étais proche parc'qu'y t'avaient dit : « Use extra caution... » Ça, ça voulait dire : « Fais pas d'faute ici, là... »LA DURÉE ENTRE LE SIGNAL ET LE COUP DE CANONÇa avait pris p't-être ben trente secondes avant qu't'étais préparé,là, si tes ordres venaient comme il faut, là. Ça prenait pas trop d'temps. Les gars étaient habitués, pis y savait juste sa place... Quand moi j'mettais des affaires, les autres chargeaient l'canon, y l’mettait paré, le gars débarquait, pis y avait la p'tite corde... Quand j'dis : « OK ! », OK, c'était ça. C'était, normalement, le gars qui donnait l'ordre de tirer, c'était l'gars qui settait les mires. Y t'aurait donné des ordres... y t'aurait donné l'ordre de contraire, des fois... Fallait qu't'attendes d'avoir l'ordre du sergent, tout' les canons en même temps. La plupart du temps, y était... quand qu't'es prêt. Quand celui qui avait les mires disait : « Prêt... », lui, l'autre tirait là-d'ssus.UN TRAVAIL IDÉAL POUR QUELQU'UN QUI VEUT TOUT SAVOIR.Pis c’était d’quoi vraiment intéressant, hein ? C't'ait comme ça que moi j'ai landé à faire c't'ouvrage-là parc'que moi, j'étais un gars qui voulait tout savoir, pis tout' savoir. J'demandais toutes les questions, pis toutes les affaires. Moi, fallait qu'j'vois, fallait qu'j'crois... Fallait qu'j'save ça...

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