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Description
M. Gaudet décrit son arrivée en France, une semaine après le débarquement en Normandie.
Emmanuel Gaudet
Born on June 16, 1918 in Rogersville, New Brunswick, Mr. Gaudet grew up in a family of 12 children. He enlisted in the army in January 1942. He did his training in New Brunswick, and in Ontario. His older brother also enlisted and belonged to the same regiment. Mr. Gaudet became a gunner. He was sent to England, then to Belgium, the Netherlands and France where he stayed until the end of the war.
Transcript
MON ARRIVÉE EN FRANCE...UNE SEMAINE APRÈS LE DÉBARQUEMENTOn est arrivé une s'maine après. On été su' l'dos dans l'débarquement, nous autres.QU'AVEZ-VOUS VU ? D'la boucane, pis du feu. C'était... Quand on est arrivés l'autr' bord, ça a débarqué, ça... On était dans des barges... Quand ça fessait à terre, le fond d'ça, la porte rouvrait... Ça d'eau, ben c'est pas là qu'tu vas...Sur la plage, on a vu des p'tits chars qui aviont... on app'lait ça un bren gun. On a vu ça qui était défait, pis des chars d'assaut qui étaient défaits, pis on a commencé à avancer de d'là. Quand on a été la deuxième journée, y avait encore des morts lorsqu'on a setté nos canons... Ça avait pas été ramassé.La mort, ça m'badrait pas, ça, avant, pis ça m'badrait pas plus là. Non, c'était pas... J'tais pas un gars qui était aisé à déranger pour rien. Le gars qui avait l'plus de misère, dans tout ça, c't'ait l'gars qui s'prenait en pitié. Un gars qui faisait pitié parc'qu'y était là, lui, y faisait vraiment pitié, c'tait vrai. Mais si t'étais là, là, pis qu'tu r'gardais pour aujourd'hui, puis d'main, qu'y s'arrange, là, c'tait pas... Moi, j'étais [inaudible] : aujourd'hui, c'tait aujourd'hui, demain, ça... si y vient, ça OK, si y vient pas, ben y viendra pas... J'comptais pas su' d'main, hein, parc'que ça t'faisait trop penser.J'te dis ça, en France, y a d'quoi qui nous aviont arrivé, pis à tous les fois qu'j'pense à ça, j'suis obligé d'rire... On a été sortis des lignes, pis on était su'l'bord d'la route, assis. On avait eu un peu d'misére, personne parlait, tout était tranquille, là. Les Français d'France, ça passait, pis eux autres, des chaussures, c'tait des gros sabots d'bois, là... Ça marchait : «Pop ! Poc !» On avait un gars qui v'nait d'la province de Québec... Bousquet... Bousquet avait été aux études pour faire un prêtre, pis y avait laissé, pis y avait été dans l'service et puis y disait qu'y allait r'tourner après. J'sais pas si y a été... Y les r'gardait passer, y a dit : « Ça parle au diable... L'bon Dieu, y a marché nu-pieds trente-trois ans... Saint-Joseph, un charpentier, trop lâche pour y faire des sabots ! » Ça, ça avait changé l'moral, droit-là... Y a personne qui pouvait s'arrêter d'rire... Une réponse de fou d'même... Ben, ça veut dire, là, que c’tait un p’tit brin dans leurs lignes ça là, moi-même pour ces gars-là fallait qu't'aies une réponse folle pour une manière de ram'ner l'moral.