Écarter les civils de notre chemin

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Description

Lors des mouvements de troupes, les civils rencontrés en France étaient systématiquement écartés de leur chemin.

Alfred Monnin

Mr. Monnin grew up in Winnipeg, Manitoba. When war was declared in 1939, he was exempt because he was studying at university. He joined the army in May 1942. He started his NCO training in Saint-Jérôme. He then left for Brockville, Ontario, for two months to get his commission as lieutenant. In Europe, he landed at Liverpool to prepare for combat in France, Belgium and Holland. During the war, he was a liaison officer for the Royal Regiment of Canada. Mr. Monnin participated in battles in the North of France, Belgium, Holland, and Germany, where he stayed for a number of weeks after the war ended. Back from the war, he completed his law studies in. He was a lawyer and a judge.

Transcript

Écarter les civils de notre cheminJ’ai rencontré très peu de civils, moi, très, très peu de civils, au fait ma tâche était de, si je les rencontrais, de voir à ce qu’ils déguerpissent. Parce que c’est triste à dire, c’est pénible à dire aujourd’hui, mais les Français qu’on voyait, qui étaient dans leurs fermes, on ne savait pas si c’était des Français qui étaient sympathiques ou si c’était des collaborateurs. Alors nos instructions étaient très claires : on ne veut pas de Français dans nos jambes. Euh… il s’agissait de les convaincre, même avec un peu de force, pour qu’ils se retirent de leurs fermes, puis qu’ils s’en aillent à l’extérieur, à l’intérieur où ils pouvaient être contrôlés par d’autres militaires qui n’avaient que cette tâche-là, de contrôler et de fournir de, des vêtements, de la nourriture et logement à ces Français-là déplacés. Mais, au front, on ne les voulait pas là. Au début, on m’a dit, en lisant, je vois ça, en lisant des volumes, on me dit que les Français ont été très utiles à donner des conseils, disant passez pas ici, allez là, les Boches sont à tel endroit, etc. Mais nous on était rendus, ça je parle de quand même de début juillet, le mois de juillet, le mois d’août, on savait pas qui était notre ami puis qui était notre ennemi. Alors la meilleure façon, c’était de les enlever du chemin. Et, on a eu très peu de contacts, ensuite, on n’avait pas le temps. On n’avait pas le temps de fraterniser avec les Français, on était pris avec notre tâche on était pris avec l’artillerie allemande qui nous, qui nous tombait sur la tête. Dieu merci, on n’a pas eu de, d’aviation allemande, ou très, très peu. Une ou deux fois que j’ai vu l’aviation allemande nous envoyer des avions pour nous bombarder, pas plus que deux fois dans tout le temps qu’on était là. Maintenant, ce dont on avait peur, c’est quand on changeait de position que les portes ou les maisons où on voulait rentrer aient été piégées. Parce que là, il y a plusieurs de gens qui se sont fait blesser en essayant de pénétrer dans une, dans une étable même, ou une maison, etc. Puis les Boches avaient mis des pièges, alors dès que vous ouvriez la porte, paf ! Ça éclatait. Alors, nos, encore nos instructions, c’était évitez les résidences, évitez tout ce qui est bâti. Vaut mieux coucher dans un, un meulon de paille, que de coucher dans une étable où vous pouvez faire, faire éclater un piège.

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