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Description
M. Forbes doit se rendre dans le port d’Anvers afin de localiser un bâtiment stratégique. Il y fait une rencontre décisive qui influencera son opinion sur la place de la femme au combat…
Jean Charles Bertrand Forbes
Born into a Matane industrialist’s family in March 1921, Charles Forbes studied with the Frères du Sacré-Cœur in Victoriaville. The village priest led him to discover his calling as a soldier. After one year at the Royal Military College in Kingston, Ontario, he signed up for active service in November 1941 and completed his officer’s training. After various periods as an instructor, he shipped out to England in December 1942. He was posted to the Régiment de Maisonneuve, which landed in Normandy on July 6, 1944. He took part in several campaigns at the head of his platoon until he was repatriated to England in December 1944 after suffering an injury at Groesbeek, in Holland near the German border. For performing an exceptional act of bravery when capturing the dam connecting South Beveland to the island of Walcheren in Holland, he was made Military Knight of the Order of William by Queen Wilhelmina of the Netherlands—the highest honour of bravery awarded by the Netherlands. He returned to Canada in the spring of 1945, and he was demobilized in November 1945 but reenlisted to take part in the Korean War with the 2nd Battalion of the Royal 22e Régiment. He left the army indefinitely in 1965.
Transcript
La fille d’Anvers (deuxième partie)Elle revient avec un trench coat blanc. Non, j’ai dit : « non, on partira pas en pleine nuit avec untrench coat blanc. » J’ai eu une idée. Elle avait une jupe noire en dessous. J’ai dit à mon caporal Meunier : « enlève ta tunique (inaudible), donne-lui. Passe-moi ta sten. » Là, ça marche notre affaire. Une autre patente. Elle s’appelle Marie-Jeanne. Marie-Jeanne Van den Busch. « Tu vas venir nous montrer le chemin, tu vas suivre mes instructions à la lettre. Je vais te montrer comment tirer ce fusil-là. » J’enlève le magasin, je lui mets le safety, enlève le safety cap, je retire l’action. « Tu vois, je fais ça, puis je pèse, ça part. Quand le magasin va être dedans, les balles vont sortir. Au complet! Tu ne tires pas tant que je ne te donnerai pas d’ordre. Tu me suis à côté de moi, très près. Tu m’as compris? » « Oui. » « Répète! Enlève le magasin, tire sur la patente, tire sur le safety cap, pèse sur la gâchette, la patente part en avant. Là, je lui dis, si le magasin avait été dedans, t’aurais perdu trente-deux balles dans une fraction de minute. Compris? Viens-t’en! » On part. On traverse, on s’en va à peu près cent mètres (inaudible), on descend vers le canal, on passe deux rues, on revient le long du canal, puis là on s’en vient vers le pont. Puis, à travers les lumières qui éclatent dans les airs, on voit la, la structure du pont. Elle dit : « c’est lui, le pont. » Puis, il est pas sauté, on voit très, très bien toute la structure du pont. Je suis en train de disserter sur le pont quand, à un moment donné, rrrrr! Là, j’ai une mitrailleuse qui part en avant de moi, le long de la rue, et puis ça tire. Elle, elle se lève debout, puis elle part… Moi, à terre! En dessous d’une chaloupe, la tête la première. Elle, elle est debout, elle vide sa sten gun! Je l’ai ramassée par le fond de culotte, puis je l’ai foutue à terre. Puis là, j’ai commencé à l’engueuler, tsé : « c’est pas ci, pas ça que je t’avais dit… » En tout cas, elle était en pleine panique, elle aussi. J’ai dit : « viens-t’en! » Tout d’un coup, comme on était en train de placoter, j’étais en train de l’engueuler… Boum! Le pont saute. Tu parles d’une histoire. J’ai dit : « viens-t’en, c’est fini, le pont est sauté! » On est partis, on est partis puis on est allés retrouver sa maison : cinquante-neuf du Pont, la rue du Pont, Durnes nord. C’est incroyable, hein, c’est incroyable. À partir de ce moment-là, j’ai été un disciple des gars qui ont préconisé l’arrivée des femmes dans les forces armées. J’ai dit, j’avais vu des pompiers, des femmes pompiers en Angleterre, j’avais vu des femmes dans les locomotives, on manquait d’hommes, j’étais préoccupé! Une femme peut traîner une carabine puis j’ai vu qu’une femme pouvait être aussi déterminée comme combattante qu’un soldat peut l’être, c’est incroyable! Elle traînera pas cent cinquante livres, mais elle peut traîner un fusil, puis elle peut être très dangereuse! C’est tout ce que tu veux. C’est tout ce que t’as de besoin. L’histoire l’a prouvé à travers les siècles de toutes façons. Alors, j’étais content. Je suis retourné à la maison. On a pris un drink avec le père, la mère pleurait. J’ai conté l’histoire de sa fille. Le père était d’une fierté! Il était là, il la regardait, puis il lui tapait les joues puis il disait : « t’as tiré! » Elle dit : « oui, j’ai tiré! Mais, elle dit, le lieutenant m’a engueulé! » Je comprends!