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Description
Mme Bouchard raconte ses expériences parmi ses confrères et consœurs militaires.
Jeanne Bouchard
Mrs. Bouchard was born on October 19, 1922, in Les Méchins, Québec. Her parents were farmers. Her grandfather took part in the South African War. After the death of her parents, she took a business course at the Couvent du Bon?Pasteur. At age 18, she enlisted at La Citadelle in Québec City and became the 124th woman from the province of Québec to enlist. During her tour of duty, she underwent training in Toronto in stenography and typing. In the evenings, she studied languages and accounting. With her training, she got a job as a War Administrator and she kept ledgers. While serving in Québec, she was assigned primarily to ration management and payroll. Mrs. Bouchard was demobilized on January 24, 1946 but remained active within the Québec Legion.
Transcript
JEANNE, LA GÉNÉREUSEPendant les vacances, pis pendant Noël, pis l'jour de l'An, j'allais faire d'la cuisine pour remplacer ceux qui partaient en vacances, pis quand y'n avait au camp qui travaillaient, pis étaient en devoir, pis qui pleuraient, là, l'une restait un peu en dehors de Québec, pis tout' ça, pis y avait pas... J'allais trouver l'capitaine, pis j'disais : « Capitaine, moi, j'ai pas personne. J'vais y donner ma passe... Ell' pleure, sa mère est malade... J'vais prendre sa charge. » Moi, j'prenais la cuisine, j'faisais du ménage, j'faisais n'importe quoi... Mais eux autres arrivaient, là, l'un m'amenait un p'tit morceau d'gâteau, là, l'autr', une boite de chocolat, y m'apportaient des cadeaux. Pis moi, j'avais mon coin, mon lit là, pis j'allais manger au baraques, [inaudible], pis j'faisais du ménage.TRAITÉE COMME UNE PRINCESSELes filles, y m'disaient toujours : « Aye! Bouchard, là... » C'tait « Bouchard » qu'ça marchait, dans l'armée... Not' p'tit nom, t'as jamais connu ça. Ça, y l'savaient, si y voyaient qu'y avait que'que chose qui s'passait, pis eux autres partaient, pis là t'sais, j'les voyais des fois, j'avais d'la peine, t'sais... « Pleure pas, Bouchard... », pis tout' ça, « On va r'venir... », pis quand y arrivaient, y avaient toujours des p'tits cadeaux. « Maman t'envoye ça... » Les filles, y arrivaient... J'ai été traitée, dans l'armée, comme une princesse. Mais compagnes d'l'armée, là, c'était des... franchement, là... pas un mot à dire. J'ai toujours été... pis, toujours, les filles étaient très gentilles. Pis quand j'ai été en Ontario, jamais eu un mot... rien... Pis, même, y en a qui m'ont montré... Y m'aidaient en anglais – j'tais pas parfaite bilingue, pis j'avais d'la misère des fois, là – y m'donnaient des cours, pis y m'aidaient, y m'faisaient faire des devoirs...JEANNE, LA CHARITABLEMoi, j'ai vu un gars arriver, pleurer là. Y avait eu sa passe pour partir, mais y avait pas d'paye, y avait rien. Pis lui, y gardait pas d'argent, y envoyait ça à sa femme, les enfants... « Tu vas y aller... » j'ai dit. « Attends un 'tit peu... ». Moi j'pars, pis j'vas chercher d'l'argent à banque. Moi, j'avais un compte à la Banque Nationale. Va chercher... « M'as t'prêter vingt piasses... » Pis y dit : « D'un coup qu'j'm'en vais d'l'autr' côté ? » – « Si tu m'la rends pas, tu prieras pour moi... Bonjour... »Ben, savez-vous que trois après – y est parti, lui, y est allé voir sa famille, mais y avait pas d'argent dans ses poches, pis y s'est en allé d'l'autr' côté – y est r'venu, lui, là. Y est v'nu pour m'rendr' mon argent. « T'as trois enfants ? J'n ai pas besoin. R'garde, j'ai ma paye demain. Garde-la, j't'a donne... J'te fais un cadeau. » Dix piasses... C'était d'l'argent dans l'temps d'la guerrre. J'ai jamais pris une cenne à lui. Y avait une famille, lui. Y avait sa femme... Y était plus vieux qu'moi. Pis y était dans l'armée. J'y ai jamais d'mandé une cenne... Ben, ces gens-là, j'les rencontre aujourd'hui, là, pis c'est mes chums, hein ? Pis y s'souviennent de moi, pis y s'souviennent c'que j'ai fait pour eux autres, pis j'leur f'rai pas d'peine... Jamais...