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Description
Rudolphe Blanchard nous parle d’une mission lors de laquelle il est capturé par les Allemands. Dans cette capsule, il est question de courage mais aussi de la peur qui habitait les soldats.
Rudolphe Blanchard
Rudolphe Blanchard was born June 27, 1923, in Grande-Anse, New Brunswick. When he saw his brother, Léandre, leave home to enlist, he decided to do the same thing. He did his basic training in Edmundston with the North Shore regiment. He then took a specialized course as Driver/Mechanic, and later joined the New Brunswick Rangers, an armoured regiment posted to Europe. He. returned to Canada, to Goose Bay, Labrador, for cold weather training to prepare for possible missions in the French Alps. He then took part in numerous missions, including ones in Normandy. After the war, he returned to New Brunswick where he held various jobs, from being a cobbler to a driver for the Irving company. His last job was as funeral home employee. Mr. Blanchard still is still active in his local branch of the Royal Canadian Legion.
Transcript
LE COURAGE D'AVANCEROn était prisonniers... à moitié prisonniers su' l'champ d'bataille par les Allemands, un groupe de quatr' mitrailleuses, qu'on avait, pis quatr' tanks, là, les carrier. Une journée... deux jours, pis une nuit, les Allemands était tout l'tour de nous autres, pis on pouvait pas sortir jusqu'à tant qu'on avait un radio pour envoyer un message, pour dire... donner notr' position à notr' régiment qu'y nous envoient du support pour qu'on s'fasse sortir de d'là. Puis, ben toujours, la deuxième journée, qu'est-ce qui passe au-d'ssus d'nous autres ? Des avions d'l'aviation anglaise qui tiraient après les Allemands qui nous t'naient là. Pis nous autres, on pensait qu'c'est les Allemands... qu'c'était des Allemands qui tiraient après nous autres parc'que toutes les douilles des mitrailleuses qui étaient dans les avions nous tombaient su' l'dos, pareil comme si ça aurait été des cartouches. Puis, quand on a été clairs, là, fallait monter une colline pour sortir de d'là. C'tait la seule place qu'on pouvait sortir. Y en a qui étaient shell-shocked, là-d'dans, qui pouvaient p'us, là, qui pouvaient p'us rien entendre... [inaudible] y’étions fous, vraiment.Moi, j'étais l'premier à sortir. J'avais les nerfs plus forts qu'y fallait, faut croire. J'le sais pas... R'marquez que j'tais jeune. C'est moi qui sortait l'premier, j'dis : « J'manquerai pas mon coup, vous avez pas besoin d'avoir peur. » J'ai rouvert, embarqué dans mon carrier, pis j'ai rouvert ça au bout'. J'l'ai montée, la colline. Pis les autres m'ont suivi. J'avais fait le ch'min en travers des broussailles, pis tout' là. Fallait que j'sorte de d'là. Pis y ont tout' sortis, les quatre carriers ont sortis... les trois carriers ont sortis en arrière de moi, pis y ont monté la colline. J'avais fait' le ch'min. C'est comme ça qui m'gardaient, eux autres, fallait que j'fasse le ch'min. À tout' les matins, fallait que j'y aille faire le ch'min avec l'officier pour changer d'position, pour prendre une position proche des Allemands qu'tu les entendais parler. Puis fallait que j'y aille chercher le restant du... des pelotons qui étaient là pour v'nir le supporter.L'ALCOOL ET LA DROGUE M'ONT AIDÉ À AVANCERY avait des bonnes journée, pis des mauvaises journées. C'était pas le meilleur des plaisirs. Si qu'on aurait pas eu de quelque chose... des piqûres, avant d'aller su' les champs d'bataille, on passait pas à travers. Normalement, on avait une ration d'rhum... du rhum noir, pis on a tout l'temps dit qu'y avait que'que chose dedans l'rhum parc'qu'une soirée, j'voulais pas ram'ner mes soldats su' l'champ d'bataille, à la bonne place, puis l'officier qui m'a dit, m'a donné l'ordre, y dit : « Faut qu'tu nous emportes là... » Mais y dit : « Tiens... », y avait un mug de rhum, là – c'tait pas des verres dans c'temps-là, c'tait des demiards, y m'en a donné à peu près comme ça d'dans, pis y dit : « Bois ça... » Ça fait que j'l'ai bu... Une demi-heure après, j'ai dit : « OK... V'nez vous-en. » Ça m'avait tout' ôté la peur... j'avais p'us peur. Ça fait que, y'n a qui voulaient pas l'avoir, c'te rhum-là. Non... Mois, j'avais la ration d'rhum pour les soldats, moi, avec l'officier, pis... y'n a qui la prenait pas. Moi, j'sais pas qu'est-ce qui m'a t'nu vraiment en vie. J'tais catholique, y avait pas une soirée que j'disais pas mon chapelet. Des fois, on dit y’a des miracles. Là, j'crois que oui. Une fois, j'ai même essayé de m'tirer dans l'pied pour sortir de d'là. J'ai pas été capable...