Un retour difficile

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Description

Après la guerre, Rudolphe Blanchard retourne au Nouveau-Brunswick. Il nous raconte son retour et les difficultés associées à sa réintégration dans la vie civile.

Rudolphe Blanchard

Rudolphe Blanchard was born June 27, 1923, in Grande-Anse, New Brunswick. When he saw his brother, Léandre, leave home to enlist, he decided to do the same thing. He did his basic training in Edmundston with the North Shore regiment. He then took a specialized course as Driver/Mechanic, and later joined the New Brunswick Rangers, an armoured regiment posted to Europe. He. returned to Canada, to Goose Bay, Labrador, for cold weather training to prepare for possible missions in the French Alps. He then took part in numerous missions, including ones in Normandy. After the war, he returned to New Brunswick where he held various jobs, from being a cobbler to a driver for the Irving company. His last job was as funeral home employee. Mr. Blanchard still is still active in his local branch of the Royal Canadian Legion.

Transcript

UN RETOUR DIFFICILEMoi, j'voulais pas m'en v'nir chez nous. J'ai débarqué du train à Bathurst... J'vnais d'débarquer du train à Bathurst, tout' les autres a pris des autobus pour descendre, jusqu'à Tracadie, Shippagan... Moi, j'ai resté là. Y avont dit : « Comment ça s'fait qu'tu t'en viens pas ? » – « Ah ! – j'dis – j'veux pas m'en aller chez nous à c't heure. J'm'en irai demain ou après-d'main... J'vais prendre une chambre à l'hôtel. » Ça fait qu'j'ai été dans un hôtel, à Bathurst, j'ai pris une chambre. Quand y avont su que j'tais arrivé à Bathurst, chez nous, mes deux beaux-frères, qui travaillaient pour une compagine d'poisson, icit' à Caraquet, avaient un gros camion de trois tonnes qui halait l'poisson de Grande-Anse jusqu'à Caraquet. J'tais couché dans ma chambre, quelqu'un cogne dans ma chambre, à la porte, à l'hôtel... Mes deux beaux-frères qui arrivent là. J'ai dit : « Quoi est-ce que c'est qu'vous avez v'nus faire icit' ? » Y disent : « On a v'nus t'chercher ! » J'ai dit : « J'voulais pas m'en aller à Grande-Anse à c't heure ! » Y ont dit : « Pourquoi ? » Ben, j'ai dit : « J'connais des filles alentours d'icit', moi, là ! » J'voulais voir une fille, pis j'avais une mozeusse de belle bague que j'avais trouvée en Allemagne. Ça fait qu'la fille que j'connaissais là – ça v'nait d'la région d'Grande-Anse, village voisin, St-Léolin – j'y donne la bague : « Tiens, une bague ! J'te donne tout ça pour un souv'nir... » J'l'ai jamais r'vue aprés [rires].DE RETOUR CHEZ MON PÈRERendu chez nous, j'tais vraiment dangereux. J'ai v'nu malin, ça fait que j'm'ai débarrassé d'ça. J'avais jusqu'à des grenades que j'avais emportées chez nous. Des grenades, live, là... Puis, j'en avais deux. J'en ai tiré une en arrière de chez nous pour montrer à Papa qu'est-ce que ça faisait, puis, après ça, l'autre, j'l'ai démontée, j'ai ôté l'explosif qui était d'dans, pis la fuse, pis tout' ça. J'ai tout' ôté ça de d'dans, pis je l'ai encore chez nous en souvenir.J'ai dit à Papa, j'ai dit : « Tiens... Mon revolver, pis ma munition... allemands... Ma baïonnette... Cachez-moi ça... » parc'que j'dis : « J'sais pas qu'est-ce que j'peux faire... » Une bonne soirée, c’est pas de quoi qui est beau à conter, j'ai rentré dans chambre à Papa, pis y m'avait jamais dit où qu'y avait caché ça, j'les ai trouvés, sans l'réveiller. On était assez habitués de pas faire de bruit... J'ai trouvé le revolver, pis la baïonnette, pis j'ai sorti. Pis, y avait une école en face de chez nous, une école... une ancienne école que c'est que j'allais, moi. J'ai commencé à être... j'avais pris d'la boisson, j'ai tout' cassé les vitres qui étaient dans l'école... cassé les fenêtres. J'ai été m'rapporter au syndic d'école, dans c'temps-là. J'ai dit : « Faites pas v'nir la police, rien en toute... » J'ai dit : « J'm'en vais payer... Faites-la réparer, j'vais tout' payer quoi est-ce que c'est que j'ai brisé... »J'ai été payer les dépenses parc'que mon argent s'en v'nait tout' à Grande-Anse, d'l'armée, pis mon père déposait ça dans un compte de caisse populaire, pour moi. Ça fait qu'l'argent qu'j'avais été payé, dans l'armée, pendant quatre ans, ça l'avait presque tout' là... Ça faisait un montant d'argent, dans c'temps-là, c'tait beaucoup, p't-être ben un sept, huit-cents piasses. Ça fait que j'ai été les payer, pis là, j'm'ai t'nu... j'me suis séparé de d'ça, ces affaires-là...

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