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Description
Pendant la guerre, Rudolphe Blanchard passe plusieurs mois à Goose Bay (Terre-Neuve). Il participe à un entraînement rigoureux dans le but de se préparer à d’éventuelles missions dans les Alpes françaises.
Rudolphe Blanchard
Rudolphe Blanchard was born June 27, 1923, in Grande-Anse, New Brunswick. When he saw his brother, Léandre, leave home to enlist, he decided to do the same thing. He did his basic training in Edmundston with the North Shore regiment. He then took a specialized course as Driver/Mechanic, and later joined the New Brunswick Rangers, an armoured regiment posted to Europe. He. returned to Canada, to Goose Bay, Labrador, for cold weather training to prepare for possible missions in the French Alps. He then took part in numerous missions, including ones in Normandy. After the war, he returned to New Brunswick where he held various jobs, from being a cobbler to a driver for the Irving company. His last job was as funeral home employee. Mr. Blanchard still is still active in his local branch of the Royal Canadian Legion.
Transcript
MON ENTRAÎNEMENT À GOOSE BAYÀ Goose Bay, qu'est-ce qui arrivait à Goose Bay, on est arrivés là le 24 de juin. J'ai eu dix-huit ans le 27 de juin, à Goose Bay. Ça fait que on a passé l'hiver là, puis c'était vraiment dur. Y faisait assez froid qu'on pouvait pas arrêter les moteurs des carriers, pis des... les moteurs des véhicules qu'on avait. Fallait qu'ça run jour et nuit parc'qu'on aurait jamais pu les faire partir. Pis, coucher dans les tentes... On a creusé dans la terre, pis y avait un moulin... un p'tit village qui était pas loin de d'là, nommé Rigolet, pis on allait c hercher d'la slab, pis on a boisé tout l'tour du creusage qu'on avait fait, trois pieds et d'mi, quatre pieds, pis on a boisé ça tout l'tour, pis on a monté notre tente là-d'ssus. Pis c'est là-d'dans qu'on a passé la moitié d'l'hiver, octobre, novembre, décembre... J'te dis qu'y faisait pas chaud. Mais on s'avait fabriqué comme des p'tites fournaises, qu'on sortait un p'tit tuyau qu'on avait cherché dans compagnie McNamara qui bâtissait le champ d'aviation, des canisses d'huile qu'y avait là, pis on s'fabriquait ça, pis on s'chauffait un p'tit peu dans la... pour se réchauffer durant l'hiver, un peu. Pis quand c'qu'on avait trop chaud, là-d'dans, faut coire qu'y saviont qu'on avait trop d'chaleur, y nous ont emportés à coucher dans l'bois. On s'faisait des lits avec des branches de sapin, avec une couverte, pis deux, trois couvertes pour coucher. On couchait tout habillés, à Goose Bay, Labrador, on s'déshabillait pas. Pis, malgré tout' ça, fallait suivre les règlements d'l'armée, fallait s'raser à tout' les matins... fallait s'raser à tout' les matins, pis se laver avec le p'tit peu d'eau qu'on avait, on s'passait l'rasoir sec... Quand j'ai rentré dans l'armée, moi, j'me rasais pas, chez nous. Y m'ont donné un rasoir, pis un blaireau pour m'faire la barbe [rires]. Pis fallait faire ça pareil. Ça fait que, à Labrador, c'tait la même chose. Le Rufin Gionet m'a d'mandé : « T'en rappelles-tu si on s'brossait les dents, à Labrador ? » J'ai dit : « Non... On avait pas d'eau pour s'brosser les dents... »Le plus dur qu'on a trouvé, c'était quand on a passé Noël, à Goose-Bay, Labrador. On attendait pour un bateau qui nous emporterait quelque chose pour Noël. Des friandises, des oranges, des pommes, pis d'la bière. Pis avant que l'bateau arrive à Goose-Bay, Labrador, les Allemands étaient encore alentours. Y ont coulé notre fameux bateau. Ça fait qu'on avait rien pour Noël, à part du mouton. Notr' dîner pour Noël, c'était du mouton. Moi, j'aimais pas ça. On l'mangeait pareil... Pis y nous avaient fait du Jell-O pour le dessert. C'tait pas si pire [rires]... Ça fait que Goose Bay a été vraiment dur. L'été, c'était les maringouins, les mouches noires, pis l'hiver, c'était l'froid. J'crois qu'on a v'nus assez endurcis dans l'froid, là, que ça nous faisait pas grande différence, le froid ou... Le seule chose, c'était quand on était en devoir, la nuit. On avait pas d'électricité, pas d'affaires comme ça. Ça fait que, quand on avait la chance, on allait su' des territoires américains, pis là, y sont tout' bâtis eux-autres. Ça fait qu'on pouvait avoir... on pouvait avoir... Y avaient une cantine... eux autres avaient une cantine, y buvont d'la bière, puis tout' ça, là. Fallait avoir des permis pour aller. Pis les bateaux qui arrivaient là, déchargés, c'était tout'... le gaz rentrait là, tout' partait, les... des tonneaux de quarante-cinq gallons. Pis, ça n'en prenait du gaz pour la compagnie, pis pour l'armée. Des pleins bateaux... Pis c'est nous autres qui déchargeaient tout' ça, qui allaient dans la cale des bateaux pour aller chercher des tonneaux, pour décharger ça. Pis, on était pas payés pour ça.CONTENT DE PARTIR MAIS LE FRONT NOUS ATTENDAITOn était vraiment contents d'sortir de d'là. On savait pas qu'est-ce qui allait nous arriver après ça, on savait pas qu'on s'en r'tournait à Sussex pour prendre le bateau de nouveau pour aller en Écosse, pour l'Angleterre qui était bombardée.