En route vers l’Italie (partie 1)

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Description

Jeanne Caron-D’Orsonnens sera démobilisée en Italie. Le bateau sur lequel elle voyage sera bombardé par les Allemands.

Jeanne Caron-D'Orsonnens

Jeanne Caron-D’Orsonnens was born in Montréal on August 4, 1916, and studied nursing at the Université de Montréal. Having completed her studies, she enlisted just after the war started, and left for England in 1941, where she was assigned to a hospital in Aldershot. There, she cared for the wounded coming back from the raid on Dieppe. For that work, she was decorated at Buckingham Palace. She was then sent to Italy with her unit; however, the ship carrying them was sunk in the Mediterranean Sea. She was rescued by an American destroyer, the USS Tilman. Despite this incident, she was deployed to Italy with 15th Field Hospital. Jeanne Caron-D’Orsonnens met her future husband, an officer in the Royal 22e Régiment, and after the war, they married in Canada and retired from the Army.

Transcript

EN ROUTE VERS L'ITALIE (PARTIE 1)On nous a avertis qu'on devait partir. On nous dit pas où... On nous dit pas quand, non plus, exactement. Là, on nous a déplacés, on nous a envoyés dans un... ça avait l'air d'un entrepôt, une grande place. Y a fallu qu'on laisse des choses en arrière de nous. On a laissé des affaires, pis on a emporté notr' kit bag – on a des photos – pis le minimum de choses, d'uniformes pour partir. On n'sait pas où nous allons. Mais comme on savait, déjà, qu'y avait eu un débarquement en Sicile, on s'doute bien qu'on doit aller plus loin dans c'coin-là. On nous avait tout d'même remis des p'tits livrets de traduction d'allemand et de français... au cas où on soit pris prisonnières ou je n'sais quoi. Tout l'monde était bien enthousiaste, on était bien contents de partir, mais malheureus'ment, ça c'est pas déroulé comme on l'avait prévu exactement. En passant Gibraltar, pas longtemps après, le 6 novembre, on nous a avertis que les avions ennemis... premièrement, des avions non identifiés, pis une deuxième fois, y nous on dit qu'y avait une cinquantaine d'avions allemands qui approchaient. J'ai pas besoin d'vous dire que... là, ça c'est passé très, très vite. On a été frappés presque tout d'suite. Ce sont des torpilles aériennes. Le bateau est pas... est frappé à sa base, au moteur, pis... c't'attiré par le métal, j'pense bien, hein ? Et puis là, on a r'çu l'ordre d'évacuer presqu'immédiatement. Le padre nous a donné l'absolution. Vous savez, l'intercom fonctionnait encore, mais tout s'est éteint, après. Là, on ne voit rien parc'qu'ils envoient des écrans d'fumée. Ça, c'est la deuxième chose. Y sont obligés d'cacher les bateaux, pis l'convoi, tout l'convoi, mais tout c'qu'on entend, nous, ce sont ces fameux avions qui survolent, évidemment, pour attaquer d'autres bateau. Ils en ont coulés d'autres dans l'convoi, éventuellement. On l'sait pas, on sait pas ça à c'moment-là. Mais fallait débarquer... fallait prendre nos bateaux... nos chaloupes de sauvetage, mais... à nos postes... chacune à l'endroit désigné. Et, malheureus'ment, de notr' côté, où mon bateau était, le bateau penchait à droite, donc c'tait difficile de descendre d'la chaloupe de sauvetage.Rendus en bas, sur le bateau, on était pas tellement nombreux. On avait des p'tits Philippins qui étaient supposés ramer, mais ils avaient tellement peur que... ils avaient d'la misère à ramer. Y a une de mes amies, Barbara Gibson et moi, on ramait, pis y en avait d'autres, pis on... Mais on a essayé de ramer pour s'éloigner du bateau. Si l'bateau coulait tout d'suite, ça cause un gros remous, pis là, y peuvent nous engloutir. On a ramé pour s'éloigner, mais après ça, on ramait, mais je l'sais pas pourquoi. Y faisait froid, les vagues... on était tout' mouillés et puis on avait pas beaucoup d'espoir parc'que la Méditerranée, c'est grand, pis la noirceur... y faisait très noir...

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