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Description
Une jeune Marie Duchesnay part pour Halifax en train. Le chien de son père l’accompagne…
Marie Duchesnay-Marra
Marie Duschesnay-Marra was born in Québec on October 14, 1920. Her father, a First World War veteran, fought with Princess Patricia’s Canadian Light Infantry before being injured in the Battle of Ypres. She was educated by the Ursulines and then attended business college. Early during the Second World War she worked in Québec City as a civilian employee for the Navy but she subsequently enlisted in the Women’s Royal Canadian Naval Service (WRCNS) in June 1943. The members of this service are often referred to as WREN, an easily pronounced adaptation of the acronym WRCNS. She took further Morse code training and she was transferred to Halifax, where she worked as a cryptographer (cipher expert) in the message centre. She continued her work in Ottawa and Gaspé before being demobilized in August 1945. Mrs. Duschesnay-Marra has had a long carreer as a cryptographer for various agencies of the Canadian government here and overseas.
Transcript
Jamais sans son chienAprès la mort de papa, on avait deux chiens. On avait un chow-chow, c’était le chien de maman, et papa avait un Boston Bull. Alors, le chow-chow n’avait qu’une famille, les maîtres c’était nous, il aurait été, elle aurait été très malheureuse ailleurs. Tandis que le Boston Bull… on l’a gardé. Personne ne voulait le Boston Bull, alors moi je voulais le prendre. J’arrive à Lévis, je prends mon train, le… J’ai acheté un billet, il était dans le wagon de la poste, en avant, et chaque fois que le train s’arrêtait, je courais, j’allais le sortir, lui faire sa petite marche, lui donner de l’eau ou à manger, et puis on arrive finalement à Moncton. Arrêt vingt minutes, twenty minutes stop! Je descend avec le chien, cette fois-là et vite, je me, je vais au restaurant de la gare et je demande aux jeunes filles qui sont là est-ce que vous pouvez lui donner quelque chose, de la viande ou quelques chose à manger, des légumes. Ah oui, puis qu’est-ce qu’il est cute, puis il était vraiment cute. Puis on l’appelait Chumy puis il était vraiment chumy, chumy, chumy. J’entends tout d’un coup, traindeparture number twenty, Lévis. Oh! Qu’est-ce que c’est que ça? J’avais mes bagages dans le train, mon (inaudible) je prends le chien, je cours comme une folle et une grande poignée de main me tire derrière, un bonhomme, là : « where are you going? » Je dis : « I’m going to take that train! » « You can’t, it’s leaving ». « I’m in the navy, you can’t do that to me, you said twenty minutes. » « You come with me. » So we went to the office and they’ve sent a wire, ils ont envoyé un télégramme à Halifax que mes bagages soient pris, qu’on garde mes bagages et tout ça, et je suis arrivée à Halifax. Alors le… je suis obligée de prendre le prochain train et le prochain train c’était que de la troupe, que des militaires. Alors, il dit vous allez rentrer, faites semblant de rien, asseyez-vous. Mais moi j’ai dit, j’ai pas d’argent, j’ai plus d’argent pour payer, pour le chien, pour le mettre dans les bagages, j’ai plus d’argent. Alors, il dit, ne vous inquiétez pas. Alors je cache mon chien dans le coin, comme ça, mais lui il était là, (grognements). Il faisait des bruits. Alors, tout à coup, il y a quelqu’un qui dit : « mais il y a un chien ici! » Alors, ça a brisé la glace, comme ça. Les gens ont été très gentils et je suis rentrée dans mon dortoir où nous étions cent et j’ai attaché la laisse de mon chien au bas de mon lit, en fer et j’ai mis, la fille qui couchait en dessous de moi, j’ai mis une note sur son oreiller : « don’t be afraid », ne soit pas, n’ais pas peur, c’est mon chien, il est très gentil. Mais il y a une fille qui s’est levée à quatre heures, elle l’a, lui est sorti dans l’allée, elle l’a pas vue, elle avait son verre avec sa brosse à dents, elle est partie les pieds dedans, elle est tombée, le chien s’est mis à aboyer, tout le monde était assis, qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qui se passe? Et je crois que deux, trois jours après… J’allais au bureau avec… Et je suis appelée par le commandant. Elle me dit : « Duchener, I hear you have a dog ». I said yes! C’est mon chien, c’est le chien de mon père et personne peut s’en occuper comme moi. J’avais pris ça comme une, comme une mission. Pensez-vous, elle dit, nous sommes deux mille femmes, si chacune avait son chien? J’ai dit oui, mais ça c’est pas pareil, ça. Mon père il vient de mourir, il y a personne. Et il a fallu que, malheureusement que je le donne à quelqu’un d’autre, mais ça a été un gros chagrin. C’était un gros chagrin, parce que c’était, ça avait le lien avec le père, avec l’été, avec les vacances et tout ça.