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Description
Cécile Grimard-Masson nous raconte pourquoi elle a décidé de s’enrôler dans l’armée. Elle nous parle aussi de son entraînement et de son travail au sein du Service féminin de l’Armée canadienne.
Cécile Grimard-Masson
Cécile Grimard-Masson was born in Québec on April 20, 1924. The war broke out and she was hired at the Québec Arsenal where she manufactured ammunition. From her start as an ordinary worker, she later became mechanic and assistant forewoman of her department. In addition to her job, she became involved as a volunteer in the Women's Voluntary Service. She then enlisted in the Women's Army Corps (CWAC). She trained in Kitchener, Ontario. She was mobilized to Montréal in a military equipment factory. Mrs. Grimard-Masson left the army, married and had seven children. After the war, she held several jobs and looked after troubled children. At one time, she was responsible for as many as twenty-one children.
Transcript
C'EST DÉCIDÉ, JE M'ENRÔLE !Un beau dimanche, ben j'étais restée à la maison, mes parents étaient sortis, pis quand y sont r'venus, j'tais en train d'tricoter. Pis dans c'temps-là, fallait pas tricoter l'dimanche... On travaillait pas le dimanche, c'était péché. Fait qu'ma mère, elle dit : « Ça a pas d'bon sens d'travailler l'dimanche. Pis c'est péché, pis... » Là, j'étais déçue, pis j'suis montée dans ma chambre. Mon mon frère, y dit : « Ça va pas ? » J'ai dit : « Non... » J'ai dit : « J'ai envie d'rentrer dans l'armée. » Y dit : « Vas-y, tu vas aimer ça. » [rires] Fait qu'ça a pas rentré dans l'oreille d'un sourd. Le lend'main, j'ai été m'enregistrer, pis j'ai été... J'ai rentré avec les CWAC, pis on m'a... Au bout d'une semaine, j'étais partie, j'étais rendue à Kitchener, en Ontario. Pis quand qu'vous dites, dans c'temps-là, y avait pas d'autos... presque pas d'autos... y avait pas d'autobus, pas d'avions. On voyageait par train seulement. Et, ça fait que on changeait à Montréal, pis on changeait, après ça, à Toronto avant d'se rendre à Kitchener. Pis ça, c'était des huttes en rangs d'planches, pas chauffées, avec un poêle dans l'milieu, pas d'eau chaude [rires]. Puis, bon, on a aimé ça. Moi... on était six Canadiennes françaises et puis le reste, c'était toutes dans Anglaises. Y avait un régiment de [inaudible], d'la Grande-Bretagne, qui était v'nu s'entraîner parc'qu'y pouvaient p'us les entraîner en Angleterre. C'tait trop bombardé.VOUS SAVIEZ PARLER ANGLAIS ? Heureusement, j'avais suivi des cours d'anglais, ici à Québec, avec ma tante, le soir, t'sais, on allait... On avait le rudiment, quoi, on s'comprenait. On a gradué, pis après ça on m'a d'mandé à quelle place que j'voulais aller. Ben, j'ai dit : « J'aim'rais retourner moins loin qu'possible, là... » Y ont dit : « Nous autres, on voulait t'envoyer à Vancouver. » Y ont dit : « T'aurais été comme secrétaire, pis en plus, après ça, t'aurais été en Angleterre... » Fait que j'ai dit : « Si vous avez une place plus vers le Québec, j'préfèrerais... » Fait qu'là, y m'ont dit : « Tu peux pas aller à Québec, mais on va t'envoyer à Montréal, dans les entrepôts d'matériel militaire. » Puis y avait un... toutes les pièces rares, pendant la guerre, les choses qu'on pouvait pas avoir, comme les lampes de radio, des clous, des vis, des marteaux, des pinces... Ben ça, c'était dans une cage gardée par un militaire armé, dans une grande entrepôt, pis y avait rien qu'moi qui avait l'droit d'rentrer là, aller chercher l'matériel, l'apporter. Là, ça s'en allait à l'emballage, c'était emballé pièce par pièce, mis dans des boites, env'loppé dans d'la jute, saucé dans d'la cire pour que si c'était... le bateau était coulé, ça n'soit pas perdu. Fait qu'c'était... ça prenait beaucoup d'monde pour faire tout' ces ouvrages-là. Puis, un moment donné, y ont eu une grosse fête et puis y avait des brigadiers, pis y ont d'mandé... sont v'nus... y m'ont d'mandé si j'voulais aller pour servir parc'qu'on était toutes d'la même grandeur, pis j'ai accepté, j'ai aimé ça. C'tait très protocolaire, pis des grandes cérémonies [rires].