Warning!
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Description
M. Croteau nous raconte comment ça se passait quand une bombe avait un défaut, et que, lorsque la guerre fut terminée ils devaient se débarrasser des bombes restantes et déterrer des bombes cachées…
Herman Croteau
Mr. Herman Croteau grew up in a family of 18 children in Victoriaville. When his father had to sell his butcher shop, the family settled in Drummondville, Québec. He studied at St. Frederick’s College in Drummondville. When war was declared, he wanted to be a machine gunner on an airplane but his vision prevented it. He obtained a position as a weapons technician; so he filled planes with ammunition instead of emptying their machine guns! His war effort happened in Yorkshire (England) with the 426 and 408 Squadrons (Thunderbird and Goose), where he worked as a weapons technician, filling the bellies of planes with bombs. He remained in England after the war to destroy defective bombs. The stories he tells us about his experience during the war are full of emotions and make one think.
Transcript
Manipuler des bombesMoi, j’étais armurier. Moi, ma job là, c’était de « fuser » les bombes pis d’les placer à bord d’l’avion. C’était impressionnant parc’que quand on… la première fois que j’suis allé là, moi, en arrivant à la barrière, y avait un sergent qui était là, puis tout d’suite y a « callé » mon nom, pis y m’dit, là, y dit : « Tout c’que t’as dans tes poches… briquet, cigarettes, clés… toute chose qui peut caus… occasionner certaines frictions, ça, ça va (dans) ton carreau. » Moi j’avais – j’m’en rappelle – j’avais le vingt-sept. Y dit : « Mets ça dans l’vingt-sept, là, pis ça, inquiètes toi pas, y a pas personne qui touche à ça. Tu ramasses tout quand tu sors. » Pis c’était le même rituel à tous les jours. On vidait nos poches en rentrant en d’dant. Ben, c’est compréhensif, parc’que la bomb dump avait, quoi, à peu près trois-quart de mille de large, à peu près un mille et d’mi d’long. Ça, c’était des bombes entassées là, c’qu’on app’lait les gantry, parc’qu’y pouvait avoir une couple de cent bombes. Pis là, y avait un mur de ciment qui était abrillé d’terre pour couper au cas d’explosion, au cas d’accident, quelque chose. Ça fait qu’c’était immense c’qu’on avait là. Les bombes eux autres mêmes, c’est pas dangereux tant qui sont pas le… tant qui sont pas armées, mais par contre, quand tu commences à jouer avec un détonateur… un timing là. Tu mettais le timing dessus, disons deux heures, trois heures. Ça, y avait toujours possibilité que ça fasse défaut, ça, ces choses-là. C’est arrivé une fois à nous autres sur un deux mille livres, pis là tout d’suite… y a un type qui est parti en courant pis là, y est allé peser sur le piton rouge, pis là ça pas été long que… on a tout’… on a été « ordé » de tout’ « clairer » la place, pis là y a, ben, le crew, les spécialistes là, sont arrivés, puis y ont sorti la bombe de d’là, ils l’ont emm’né dans le demolishing pit, pis… une charge dessus, pis y l’ont fait sauter.La guerre est finie mais il reste des bombes.Après la guerre, c’est qu’on été une bonne secousse… on a passé not’ temps à faire « exploder » des bombes qui étaient défectueuses. On avait un pit là, qui avait été creusé avec des bulldozers là, pis – le demolishing pit – pis y avait un mur de ciment en avant, fait qu’on mettait les bombes dans l’fond, pis là on mettait la fuse dessus, pis là, en courant on montait en haut, pis on allait s’cacher en arrière du mur de ciment, pis… Pis après ça, y en a des bombes aussi, pas loin d’la base, qui étaient… qui avaient été marquées qu’y avaient pas fait explosion, alors y a des fois qu’on était obligé d’sortir d’la base pis aller creuser, pis aller sortir les bombes allemandes de d’là, pis d’les amener au demolishing pit, pis les faire sauter. On’n a trouvé des méchantes en catastrophe. Une p’tite église protestante là, pas loin d’la base, y en avait deux en-d’ssous. Y ont jamais sauté. Mais c’t’une job, quand tu commences à creuser au travers de… pardon… d’la roche, pis tout, pis pour aller chercher ça là, sortir ça de d’là, t’sais pas c’qui peut arriver. Tu l’sais pas si réellement la bombe elle est morte ou bien si elle l’est pas, t’sais.