Warning!
This video is only available in French.
Warning!
This video contains graphic content that may offend some viewers. Viewer discretion is advised.
Description
M. Croteau nous exprime avec émotion comment il se sent lorsque la guerre est terminée et qu’il doit revenir à la vie normale. Il exprime ses sentiments à propos du jour du Souvenir qui revient chaque année…
Herman Croteau
Mr. Herman Croteau grew up in a family of 18 children in Victoriaville. When his father had to sell his butcher shop, the family settled in Drummondville, Québec. He studied at St. Frederick’s College in Drummondville. When war was declared, he wanted to be a machine gunner on an airplane but his vision prevented it. He obtained a position as a weapons technician; so he filled planes with ammunition instead of emptying their machine guns! His war effort happened in Yorkshire (England) with the 426 and 408 Squadrons (Thunderbird and Goose), where he worked as a weapons technician, filling the bellies of planes with bombs. He remained in England after the war to destroy defective bombs. The stories he tells us about his experience during the war are full of emotions and make one think.
Transcript
Sentiments lorsque la guerre est terminéeOn est désorienté, on est perdu, pis y nous manque quelque chose. J’sais ben, c’est peut-être l’idée d’être tellement habitué d’être avec des copains, puis… Je sais pas, c’est… c’est… Mais c’est… pour être dur, c’est dur. C’est très dur.Pis j’ai commencé à poser ben des questions pis d’me dire à moi-même : « Combien de bombes à peu près que j’ai mis à bord d’un avion, pis combien d’innocents qui ont été tués en Allemagne par ça. » Ça, ça… Ça a dérangé. Ouais… Ça a dérangé beaucoup beaucoup beaucoup. Parc’que les faits sont là, c’est… T’sais, tu bombardes pas un pays pis, pareil comme c’qui est arrivé à Hiroshima pis Nagasaki, hein ? Y a pas seulement qu’des soldats qui sont morts là, y’a des familles complètes, des enfants, une affaire terrible. Fait qu’nous autres, c’était la même chose. Si on avait deux squadrons nous autres, de vingt-sept avions… par squadron – fait qu’ça fait cinquante-quatre – supposons que y en avait toujours à peu près soixante pour cent qui montait, pis qu’y ont chacun seize bombes de cinq-cents livres, ça fait du méchant feu ça. Y a des fois, ben, qu’y avait des bombes de deux-mille livres, pis des fois ben… c’tait des deux-cent-cinquante quand… y allaient bombarder en avant des troupes pour « nettoyer », comme y disaient là, pour nettoyer le ch’min en avant des troupes. Des deux-cent-cinquante… D’ailleurs, c’qui est arrivé une fois, c’est que, malheureusement, on a plusieurs de nos p’tits Canadiens qui ont été bombardés par… Y ont été tués par nos propres bombes parc’que y étaient avancés plus loin que… plus loin qu’y étaient au courant, pis c’est des choses qui arrivent, c’est des accidents.60 ans plus tard… je me sens comment ? Même aujourd’hui, des fois, c’est très dur. Moi, le temps le plus dur pour moi, c’est la parade du 11 novembre. Quand les clairons partent, c’est… Justement on a eu une funérailles, v’là une dizaine de jours là, mon copain là, Gaston Gleason, qui est mon voisin au camp… qui était mon voisin au camping aussi là, pis y’a eu une funérailles légionnaire. On était tout… On d’vait être à peu près… ah… une cinquantaine, en uniforme de légion, avec toutes les médailles, pis quand le type en avant a sorti l’clairon là… Sacrifice… « Pourquoi nous ? » J’ai aucune idée... J’m dit tout le temps, d’une année à l’autre, ça va s’passer, mais ça fait soixante ans pis c’est encore pareil. Pis là, là, ça s’en vient. Va falloir passer au travers une autre fois.