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Description
Gilles Lamontagne décrit la longue marche qu’il fait avant d’être libéré par les soldats anglais.
Gilles Lamontagne
Born in Montréal, April 17, 1919. He studied at Brébeuf college and at école des Hautes études commerciales. He joined the Royal Canadian Air Force (RCAF) in May 1941. In March 1942, having got his pilot’s licence, he left for Great Britain. In October of that year, he was assigned to 425 Bomber Squadron, the Alouettes, made up mostly of French Canadians. In March 1943, his aircraft was attacked by a German fighter. He parachuted into a field in Holland and was then captured by the Germans. He spent 27 months in prisoner camps. For having saved his crew, he was cited in the Orders of the Day for bravery and was included on King George VI’s honours list in January 1945. He left the Service in August 1945 and established himself in Québec City. In 1951, he re-enlisted in the Air Force Reserve, where he served until 1959. Since 1987, he has been honorary Colonel of the Canadian Air Force Reserve.
Transcript
LA LONGUE MARCHEFin d’avril 1945, j'étais Fallingbostel quand l'ordre est arrivé d'évacuer le camp parce qu'encore, l'étau se resserrait et là, on a marché pendant 33 jours. Apportez ce que vous pouvez et on marche, les chiens et les gardes chaque côté et on marchait 15-20 kilomètres par jour. Le soir, ils choisissaient une grange et ils nous foutaient dans la grange : Débrouillez-vous. De temps en temps, on avait un paquet de la Croix-Rouge qui nous arrivait, je sais pas comment. Et plusieurs sont tombés pendant cette marche-là. Quand tu tombais à côté, on ne les revoyait pas. C'était la fin. On s'en allait vers Lübeck. L'idée des Allemands, c'était de nous embarquer dans un bateau à Lübeck et nous envoyer en Norvège pour se servir de nous comme négociation, mais on ne s'est jamais rendu là. On ne s'est jamais rendu jusque-là. Le dernier jour qu'on a marché, évidemment ça devenait de plus en plus serré. On voyait les Allemands qui paniquaient un peu autour de nous autres et puis on était rendus pas loin de… On venait de traverser l'Elbe, là, vers Lübeck et puis un soir, ils nous ont mis dans une grange comme d'habitude, les chiens autour et les gardes, et puis à un moment donné, on s'est levé le lendemain matin, on s'est réveillé, on regarde dehors, il y a quelqu'un qui dit : Hey, the guards are gone! Il n'y avait plus de garde, il n'y avait plus rien. Puis je me rappelle encore, parce que c'est un son qui m'est resté dans la tête pendant je sais pas combien de temps. On a entendu les crissements des chars d'assaut qui approchaient de notre lieu de grange, où on avait couché. Et le crissement des chars d'assaut, tu sais, qui arrivent, là, ça c'est un son que je me souviendrai toujours parce qu'on se dit… Bon! D’abord, premièrement, on disait, on présumait que c'était des alliés, mais ça aurait pu être les Russes. Alors là on présumait lesquels, tu sais? Alors, t'as une espèce de hantise, de stress, mais c'était la neuvième armée, ninth armor corps anglaise qui était dans le nord qui nous a libérés. Et après ça, ils nous ont transportés, on s'en allait en Angleterre, de l’aérodrome en Allemagne. Halifax, qui n'était pas en opération, avait été mobilisée pour nous transporter en Angleterre et ça c'est alentour, j'ai été libéré le 5 ou le 6 mai je pense. Alors le 8, on devait s'en aller en Angleterre lorsqu'on a reçu l'ordre, l'avion dans lequel on était empilés, quoi, un Halifax, pour un transport, nous avertissent qu'on atterrit à Bruxelles. Il dit : On s'en va en Angleterre, on s’en va à Bruxelles. Il dit : Oui, mais on vient de recevoir l'ordre que l'armistice était en train de signer et qu'aucun vol n'est permis à travers l'Europe pour, jusqu'à demain. Alors on a passé la nuit dans des baraques d'armée belges qui ont été inspectées et tout ça. On est même sortis puis tout le monde fêtait.