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Description
M. Pouliot raconte son retour en Amérique jusqu’à Québec où les héros célèbrent la victoire avec leurs familles lors de la journée Civique.
Paul-Émile Pouliot
Paul-Emile Pouliot was born into a family of eight children in Québec City in August 1922. After graduating from a course in business, he worked for a spruce beer manufacturer for some time before voluntarily enlisting in April 1943. After completing his training, he was sent to England in early 1944. He was sent to the Royal 22e Régiment as an augmentee and was assigned to Company B under the command of Major Pierre Potvin. He participated in several battles, including the fight for Rimini. He was selected to work in the information section at the batallion command station. Once the Italy campaign was completed, he accompanied the batallion towards northwestern Europe in the spring of 1945. After the war ended, he returned to Canada and was demobilized in April 1946.
Transcript
Le retour au bercail Les inspections de nos stocks étaient toutes terminées. Y disent : « Vous avez encore une semaine icit... » Là, nous-autres, la 22ième, comme de raison, on n’était pas des enfants d’chœur, on a m’né du trouble à Glasgow. Là, on a fait du trouble, dans les bars, tout ça, pis... Les commandants arrivent – les officiers pis les commandants étaient pour nous autres – le commandant y dit, après y dit au chef de d’ça, celui des officiers supérieurs, y dit : « Le 22ième, y était supposé d’partir telle date, puis vous le r’tardez d’une semaine et d’mie. Pis vous passez d’autres régiments avant lui, hein ? Faites-y attention là, y ont sorti hier au soir... » Ha ! D’un coup, oup ! On l’a su vingt-quatre heures après... « Chez vous, gang de s’rins ! » [rires]. En arrivant à Halifax, on avait nos ceintures de sauvetage. J’va t’dire comme l’gars, on les avait gardées à peu près vingt jours su’ l’dos, y étaient pas mal sales pis pas mal « maganées ». À Halifax, on t’a tout j’té ça en dehors du bateau, pis y’avait des.... j’me rappelle... y’avait un officier prévôt là, là, t’sais, les Police Corps, y avait l’bras en l’air, pis y montrait que’que chose, t’sais. Tout d’un coup, y a reçu une ceinture dans l’bras, criss, y tourne avec t’sais. Pis là, tous les ceintures étaient là… Y ont pas aimé ça. On avait été réprimandé pour ça, [inaudible] tirait su’ les ceintures. C’était terrible. Pis là, on est arrivé à Halifax, là on a pris l’train.On a été reçu en héros, faut dire comme l’gars, parc’que y… On a pas été bousculés, pis là on a débarqué à l’Anse-au-Foulon, dans l’bas des plaines. Là, dans l’bas des plaines, y avait des camions pour nous autres. Y nous ont pas fait monter les plaines d’Abraham à pied. On a monté su’ les plaines avec des camions, des gros [« soixante-cinq »] y avait là. Y chargeaient ça d’hommes, pis « envoye en haut ! », pis y faisaient des voyages. Pis en haut là, on s’est tout’ mis en rang là... Y en manquait pas mal, on était peut-être... sept, huit-cents. Et, comme de raison, on a fait d’la marche à partir des plaines d’Abraham à s’rendre à la Citadelle. Ça on a fait ça à pied. Pis on... comme les gars... c’était pas... on avait une fanfare à l’avant, comme de raison, pis c’tait pas la vraie drill là. C’était un peu... Et pis on saluait l’monde qui était sur l’bord des trottoirs, parc’que l’monde avait eu congé cette journée-là, quand on est arrivé, le 22ième. Y’avait une journée civile, qu’y appellent, civique, que’que chose comme ça là. Là, y avaient donné congé à tout... Y avait beaucoup d’monde. Les frères et tout ça, les sœurs étaient là. Pis « Nos p’tits Canadiens... », pis tout ça, « Y arrivent... »Mais moi, j’ai pas resté à la Citadelle. Mon père, ma mère, pis tout ça, pis mes frères... Mes frères, ben mes sœurs aussi… Y avait un party à maison. Pis mon père avait mis l’drapeau sur la rue [d’Lasalle], y avait attaché un câble là, pis y avait mis les drapeaux anglais, pis l’drapeau français, pis les décorations d’la fête du [inaudible] étaient là. [rires]. Je r’venais d’l’Angleterre, j’tais un vétéran, dire comme le gars, un héros, on pourrait dire. Pis là, l’soir, y’a eu un gros party à maison pis, avec mes oncles, mes tantes, y sont v’nus à maison pour voir. Pis j’leur ai raconté ce qui y avait, sans péter trop d’broue là, j’veux dire comme le gars, pour pas leur faire peur.