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Description
Le 18 août, alors que tous les hommes se préparent pour le raid du lendemain, M. Nadeau doit convaincre ses supérieurs de le laisser combattre.
Transcript
Le dix-huit y’ont pris tout ce qu’il restait des fusiliers Mont-Royal… y’ont même pris les cuisiniers, les chauffeurs de camions… y’ont formé une deuxième compagnie C avec tous les éléments du quartier général du bataillon… on avait des paie-maîtres, on avait des cordonniers… tous ces gars-là ! Y’en a de ces gars-là qui avaient jamais tiré une balle depuis qu’y’étaient outre-mer.Ils voulaient pas me prendre le dix-huit parce que j’avais eu douze jours de repos. J’avais été accidenté le douze, je pouvais même pas mettre mon ceinturon.Ça fait que j’ai crié, j’ai tempêté pis éventuellement, ils m’ont dit : « Va mettre ton équipement pis si t’es capable… » il dit « …on t’embarque. » Ça fait que j’ai donné un peu de lousse à ma ceinture pis j’suis allé me représenter.Ça fait que y’ont formé une deuxième compagnie C, que j’me suis trouvé à être avec eux-autres.Moi j’avais un bicycle. Ils voulaient que je fasse l’estafette. Pis c’te maudit bicycle-là (rire) je l’ai encore au fond d’la gorge ! (rire) Y’était ben trop grand pour moi, ben trop haut. J’étais pas capable de pédaler, rien que le bout des pédales. Ça fait que j’me suis mis à faire comme dans ma jeunesse; pédaler en-dessous de la barre horizontale.(rire) Pis j’étais dans la cour, avant le… après le souper c’est-à-dire, pis le colonel (rire) Ménard, il dit : « Arrêtez-moi ce fou-là. » (rire)Fait que je débarque du bicycle, je salue. Il dit : « Qu’est-ce que vous faites là ? »J’ai dit : « J’vais vous le montrer, mon colonel. » Pis j’me mets à côté du bicycle pis le maudit siège m’allait à la taille, pis j’dis à une gars, j’dit : « Regarde-moi, j’suis pas capable de toucher aux pédales… » (rire) « …rien quand elle est en haut ! »Ça fait qu’il part à rire. Il dit : « Pensez-vous d’être capable de faire votre travail… » il dit « …mais qu’on arrive à Dieppe ? »(rire) J’ai dit : « M’a faire mon possible. » Ça fait que je suis parti avec mon maudit bicycle. On a monté à bord des camions.Pis tout ce que j’avais récolté comme munition c’était soixante-et-une balles. J’ai été obligé d’en bummer une cartouchière, y’en a des gars qu’y’en avaient cinq, six sur eux-autres, y’étaient surchargés les gars. Pis moi, j’avais pas eu le temps ! Le temps était de partir, pis avant d’avoir rafistolé le bicycle pour… y’était dans une caisse quand je l’ai pris.En tout les cas on était bien prêt. Y’avait un paquet d’armes toutes empilées dans la cour et puis n’importe qui prenait ce qu’il voulait. J’ai jamais vu un free for all comme ça !En tous les cas, quand j’suis embarqué dedans le camion, j’suis embarqué le premier… le dernier j’veux dire ! Et puis quand on a débarqué au port pour embarquer sur les bateaux, ben j’ai resté en arrière avec mon bicycle. Y’avait pas de place en avant, j’aurais embêté tout le monde en débarquant. Fait que je suis resté sur le pont arrière toute la traversée.