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La libération des Pays-Bas

Des véhicules amphibies « Buffalo » transportant des troupes au-delà de l'Escaut jusqu'en Hollande

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Introduction

L’histoire militaire du Canada compte de nombreux chapitres suscitant la fierté, mais la libération des Pays-Bas est l’un des plus connus et des plus importants. Les Néerlandais n’ont jamais oublié les efforts déployés par nos valeureux soldats pour libérer leur pays après de dures années d’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.

Une Europe occupée

De 1939 à 1945, la Seconde Guerre mondiale allait avoir une incidence considérable sur la vie de millions de personnes, autant pour celles qui allaient porter l’uniforme et servir leur pays que celles qui allaient devoir endurer de grandes souffrances une fois leur pays devenu le théâtre des combats.

En Europe, les pays allaient tomber les uns après les autres aux mains des forces d’invasion de l’Allemagne nazie durant les premières années du conflit. Au milieu des années 1940, la majeure partie de l’ouest du continent, dont les Pays-Bas, allait être conquise et occupée. Il faudra des années de lutte acharnée pour que les Alliés mettent sur pied les ressources nécessaires et renversent le cours de la guerre. Le 6 juin 1944, jour connu sous le nom de jour J, marqua le début de la campagne visant à libérer la « forteresse Europe », à partir de l’ouest, lorsque les forces alliées débarquèrent en Normandie (France). Les armées libératrices avancèrent bientôt vers le nord et l’est, mais les Pays-Bas, dont le territoire exigeant est parsemé de canaux, de digues et de terres inondables, s’avéreront être un champ de bataille très difficile à remporter.

La bataille de l'Escaut

Au milieu de septembre 1944, les Alliés lançaient l’opération Market-Garden, attaque audacieuse des forces terrestres et aériennes derrière les lignes ennemies dans l’est des Pays-Bas. Le but était de mettre rapidement fin à la guerre en coupant en deux les positions allemandes dans le nord-ouest de l’Europe. Les Allemands allaient cependant opposer une résistance assez forte pour mener l’audacieuse offensive à l’échec. Il devint vite évident que le conflit allait perdurer.

Pour continuer d’exercer des pressions sur les forces allemandes, les Alliés avaient besoin d’un moyen fiable d’assurer le ravitaillement de leurs troupes au-delà des lignes de front du nord-ouest de l’Europe. Pour ce faire, il leur faudrait prendre un grand port maritime sur le continent. C’est ainsi que l’importante ville portuaire belge d’Anvers fut capturée presque intacte au début du mois de septembre 1944, non sans complications. Anvers se situe à quelque 80 kilomètres de la mer du Nord et n’est accessible que par la rivière Escaut, cours d’eau qui était toujours aux mains des forces ennemies à l’époque.

Comme une grande portion de cette partie de l’Escaut traverse les Pays-Bas, c’était en menant un combat acharné que la Première Armée canadienne allait ouvrir la voie pour chasser les Allemands de ses rives à l’automne 1944. Nos troupes réussirent à ouvrir le port d’Anvers au ravitaillement allié – étape clé dans la libération du nord-ouest de l’Europe –, mais non sans en payer le prix. Plus de 6 000 soldats canadiens furent tués, blessés ou faits prisonniers au cours de cette amère campagne.

L’« hiver de la faim »

Des soldats du North Shore (New Brunswick) Regiment traversent un canal à Zutphen, aux Pays-Bas, le 7 avril 1945.

Conscients que le conflit s’étirerait jusqu’en 1945, les soldats canadiens prirent position sur le saillant de Nimègue, dans l’est des Pays-Bas, près de la frontière allemande. Les Alliés allaient minutieusement planifier la campagne visant à mettre fin à la guerre en Europe au cours de la nouvelle année, mais ce délai aura de lourdes conséquences pour le peuple néerlandais, lequel avait déjà enduré l’occupation brutale de l’ennemi pendant plus de quatre ans.

L’hiver de 1944-1945, connu sous le nom de l’« hiver de la faim », fut une période terrible pour beaucoup de gens dans le pays. Les réserves de nourriture étant épuisées, certaines personnes furent réduites à manger des bulbes de tulipes dans une ultime tentative de survie. Il n’y avait plus de carburant et les moyens de transport étaient presque inexistants. Des milliers de civils néerlandais connurent une mort tragique dans les parties occupées de la nation.

En février 1945, après avoir aidé à maintenir la ligne de front aux Pays-Bas pendant trois mois, la Première Armée canadienne prit part à une offensive alliée féroce sur un terrain boueux et inondé pour chasser les Allemands du front de Nimègue et les renvoyer de l’autre côté du Rhin. La grande poussée qui libérerait tout le nord-ouest de l’Europe commençait enfin.

La campagne de libération

Au début d’avril 1945, la Première Armée canadienne allait entreprendre l’évacuation des Allemands du nord-est des Pays-Bas. Souvent aidées par les renseignements fournis par les combattants de la résistance néerlandaise, les troupes canadiennes avançaient rapidement et sans relâche, reprenant communautés, canaux et terres cultivées sur leur passage. À la mi-avril, les forces britanniques et canadiennes avaient libéré la ville d’Arnhem en combattant pendant deux jours de maison en maison. Quelques jours plus tard seulement, ils avaient libéré Apeldoorn. Ils poursuivirent leur progression vers la mer du Nord en passant par Zwolle et Groningen. Les Canadiens maintenaient la pression, mettant leur vie en jeu, même s’il était évident que les forces ennemies, qui s’affaiblissaient rapidement, allaient bientôt devoir se rendre de toute façon. Ils estimaient que les Néerlandais, qui souffraient depuis longtemps, ne pouvaient tout simplement plus attendre d’être enfin libres. Les Canadiens tentèrent d’utiliser tirs d’artillerie et bombardements aériens destructeurs de façon judicieuse pour ne pas gravement endommager l’infrastructure du pays et rendre encore plus difficile la tâche pour les populations locales de reconstruire leur vie après la guerre.

Ville après ville, les hommes, femmes et enfants néerlandais, ravis d’être enfin libérés, applaudissaient les troupes canadiennes sur leur passage. Un citoyen, adolescent à l’époque, s’en souvient : « À l’approche du char (canadien) […], les gens se sont tus, puis le silence fut brisé par un cri, comme s’il émanait du sol. Et c’est à ce moment que les gens commencèrent à grimper sur le char en pleurant. Nous suivions les chars et les jeeps en courant partout dans la ville. »

Il s’agira toutefois d’une campagne difficile et remplie de stress pour nos troupes, car il était difficile de prédire la réaction des Allemands à l’attaque des Canadiens une fois arrivés dans une ville ou un village occupé. Parfois, les forces ennemies résistaient farouchement, alors que d’autres fois, elles battaient en retraite sans qu’un seul coup de feu ne soit échangé. Cette incertitude eut une lourde incidence psychologique chez nos soldats dans les dernières semaines de la guerre, car personne ne voulait perdre la vie alors que la victoire semblait si proche.

En avril, les Canadiens commencèrent aussi à avancer dans la partie ouest des Pays-Bas : région très peuplée comprenant les grandes villes d’Amsterdam, Rotterdam et La Haye. Les troupes canadiennes étaient prêtes à poursuivre leurs assauts, mais craignaient sérieusement qu’une telle attaque n’incite les forces allemandes désespérées à percer toutes les digues et à inonder complètement ce bas territoire. Pour alléger la pression, une trêve fut conclue plus tard dans le mois, après l’arrêt temporaire de l’avancée des Alliés. En retour, les Allemands allaient permettre aux approvisionnements de secours d’atteindre les citoyens néerlandais qui souffraient encore, pris au piège derrière les lignes ennemies. En signe de reconnaissance, certains Néerlandais peignirent les mots « Merci aux Canadiens! » sur le toit de leur maison à l’intention des troupes canadiennes chargées de larguer la nourriture et les autres fournitures tant attendues.

Grâce au travail acharné, au courage et aux immenses sacrifices de nombreux soldats canadiens et autres soldats alliés, les forces ennemies toujours présentes dans le pays se rendirent le 5 mai 1945, libérant enfin tout le territoire des Pays-Bas. L’ensemble des forces allemandes du continent se rendirent sans condition le 7 mai 1945, et le lendemain fut déclaré Jour de la Victoire en Europe (V.E.).

Sacrifices

Des citoyens néerlandais heureux accueillent des soldats canadiens après la libération de la ville de Zwolle, le 14 avril 1945.

Les combats aux Pays-Bas furent souvent âpres, mais les militaires canadiens réussirent ultimement à libérer le peuple néerlandais et à mettre fin à la Seconde Guerre mondiale en Europe. Cette grande victoire leur coûta toutefois très cher. Plus de 7 600 Canadiens perdirent la vie au cours des efforts déployés pour libérer le pays et furent enterrés loin de leur foyer et de leurs proches. D’autres rentrèrent chez eux le corps et l’esprit meurtris pour le reste de leur vie.

Héritage

L’immense bravoure de nos soldats et les sacrifices consentis sur le champ de bataille ne sont pas les seuls secours que notre pays offrit aux Pays-Bas pendant la Seconde Guerre mondiale. Certains membres de la famille royale néerlandaise durent également trouver refuge au Canada pendant le conflit, et la princesse Margriet vit le jour à Ottawa en 1943. Ces liens puissants contribuèrent à nouer une chaleureuse relation d’amitié et de respect entre les peuples du Canada et des Pays-Bas, lien qui existe toujours aujourd’hui. Les tulipes, cadeau du peuple néerlandais, qui fleurissent à Ottawa chaque printemps, ainsi que le soin et l’attention qu’accordent les enfants néerlandais aux lieux de sépulture des morts de la guerre dans leur pays, témoignent de ce lien durable. Malgré le lourd prix payé, les Canadiens sont fiers d’être considérés comme des libérateurs aux Pays-Bas.

Le Canada se souvient

Le programme Le Canada se souvient d’Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et en temps de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l’héritage qu’ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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