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Mon passage en Hollande

Des héros se racontent - libération des Pays-Bas

Mon passage en Hollande

Transcription
J’ai couché dans plusieurs granges qui appartenaient à les Hollandes, donc en passant en travers d’Hollande pour aller à la rivière. C’est du bon monde. Puis eux autres ils ne couchent pas comme nous autres dans les chambres là. C’est pareil comme si tu ouvrais la porte du garde-robe et puis tu couchais dedans. Plusieurs des grosses familles là, c’était équipé de même. Tu glissais la porte puis tu rentrais te coucher, puis le matin tu glissais la porte, puis tu sortais de là. Interviewer : Ça vous a surpris... Ouais. Je suppose que dans les villes c’était pas pareil, je le sais pas moi. C’est dans les villages; les maisons pis les granges c’est tout bâti ensemble, hein. Les ani... Pour aller nourrir les animaux le matin, ils n’allaient pas dehors, ils traversaient la maison pour aller dans la grange. Puis ils portaient tous des sabots de bois là. Fait que il n’y avait pas de... Interviewer : Avez-vous déjà essayé ça des sabots, des sabots de bois ? Ouais, bien j’ai pas aimé ça. Interviewer : Quel effet que ça fait ? Tes pieds grouillent pas là-dedans, hein. Les pieds grouillent pas là-dedans, je les perdais. Ils restaient là, pis je m’en allais. J’avais pas le tour de marcher avec ça. On entendait les Allemands chanter puis parler, sur le bord. Les Canadiens faisaient la même chose, jouaient de la musique puis ils s’amusaient. À cause qu’ils avaient arrêté pour les fêtes. Ça fait que, t’entendais les Allemands chanter Lili Marleen et puis tous sortes de records qu’ils mettaient sur leurs speakers pour décourager les autres là. Fait que ça n’a pas marché. Ça n’a pas marché, on a resté là pareil. Interviewer : Vous souvenez-vous si vous avez eu un repas, un repas un peu spécial parce que c’était Noël, ou... ? Non. C’était la can. La can, oui. La can et pis les barres de chocolat. T’avais pas de manger là. Et les barres de chocolat qu’ils nous donnaient là, ça durait 24 heures. Une barre te durait une journée. Fait que t’as pas besoin t’arrêter, puis te cuire de quoi à manger là, t’as pas le temps. Dans chaque camp que j’allais, quand on changeait de place là, j’allais voir le docteur pour des morpions. Mes couvertes étaient pleines de morpions, puis moi aussi. J’en avais jusqu’à dans les sourcils ici. T’avais quelques maudits cochons qui ne se lavaient pas, puis ils avaient pas laver leur couverte. Ça fait que chaque fois, j’étais mal chanceux pour ça, pour moi. Là ils te donnaient une bouteille de, de, d’huile pour les lampes là pis là ils disaient « Vas dans l’shower pis vide ça dessus toi comme il faut, partout là, pis frotte-toi, pis prend une bonne douche. » Puis après que t’as fait ça, puis que t’as pris une bonne douche... t’en avais plus. Puis tu parles de quoi qui pique. On the parade square « Hey Poirier! What’s the matter with ya? Stand up straight! What’s the matter with ya? » « I have a dose of crabs. What do you want? » « Get out! » I never had them since. Oh well, go in the army you get all kinds of stuff eh. La pire place qu’on a... que j’ai, que j’ai aperçu là c’était dans les dykes de Hollande. In the dykes, that was a bad place. Interviewer : Parlez m’en. Qu’est-ce qu’il y a... on était dans l’eau là, les dykes, puis il n’y avait pas de place à se cacher là, on n’avait rien en tout. Fait qu’il fallait qu’on dorme dans les mêmes trous que les Allemands avaient dormi. Tu te réveilles le matin puis t’as deux, trois Allemands qui sont morts au ras de toi là. Les Allemands étaient sur la course là, les Américains étaient sur un bord, nous autres sur l’autre, les Anglais sur l’autre puis ça boltait eux-autres là. Ils voulaient traverser le Rhyne River avant que les troupes arrivent. Fait qu’ils se sont dépêchés, puis ils ont traversé la rivière, mais ils ont défait les ponts. Puis là bien, c’était les Canadiens là, les engineers, fallait qu’ils construisent un pont pour traverser. Fallait qu’on attende nous autres là, là. On était là quasiment trois semaines, un mois... à attendre qu’ils fassent le pont pour que nous autres on traverse avec les tanks puis... On pouvait pas traverser là à pied. They hauled us out of there. Cause nous autres, après qu’on a fait l’invasion nous autres là, le général Montgomery nous a dit « Rentrez là... 22 miles... tenir ça pour un mois. » puis après ça on s’en allait chez nous. Ça c’était toutes des menteries ça. J’ai pas été chez nous, on était là-dedans quasiment dix mois. Anyways, I was glad to be back to England, j’étais content de retourner à l’Angleterre.
Description

De la frontière française au Rhin, des bons souvenirs aux mauvais, M. Poirier nous guide pas à pas et avec humour à travers son expérience en Hollande.

Valmont Poirier

M. Valmont Poirier est né à Dalhousie (Nouveau-Brunswick) le 11 février 1924. Le manque d’emploi le fait déménager à Vancouver pour devenir bûcheron. C’est alors qu’il joint le régiment des Seaforth Highlanders en 1943. Dès le commencement, M. Poirier est confronté à la misère de guerre. Néanmoins, rien n’aurait pu le préparer pour la débarquement de Normandie. M. Poirier voit son premier jour de combat sur la plage d’Omaha. Il reste dix mois au front, traversant la France, la Belgique et la Hollande. Il passe même le jour de Noël parmi les Hollandais. M. Poirier termine son service militaire à Aldershot (Angleterre) où il entraîne des officiers qui ont à surveiller le Palais de Buckingham. Une courte escale à New York et M. Poirier rejoint sa famille au Nouveau-Brunswick une fois la guerre terminée.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Durée :
5:24
Personne interviewée :
Valmont Poirier
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Campagne :
Hollande/Pays-Bas
Branche :
Armée
Unité ou navire :
Seaforth Highlanders
Grade militaire :
Soldat
Occupation :
Farrier

Droit d’auteur ou de reproduction

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