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Description
M. Labelle décrit certaines situations où il a été témoin de violences lors de sa rotation au Congo en 1960.
Transcript
Intervieweur : Expliquez-moi pourquoi on envoie le Corps de prévôté au Congo à cette époque-là, dites-moi pourquoi vous êtes envoyés là.
Nous autres on était pour la discipline et on était des francophones, 95% c’était des francophones, il n’y avait qu’un anglais dans la gang. Tout se passe en français au Congo, il n’y avait pas d’anglais là. Il y avait nous autres les Canadiens, il y avait des Hindous, puis il y avait des Danois. Les Hindous travaillaient tout seuls, ils étaient au 3e étage, nous autres au 2e étage, puis au premier étage c’était les Danois. Nous autres on travaillait plutôt avec les Danois. Une patrouille c’était un Canadien et un Danois. Ou 2 Canadiens.
Intervieweur : La situation était tendue au Congo, vous pouvez nous expliquer pourquoi c’était comme ça?
C’était la révolte. Dans ce temps-là, l’indépendance était en juin 1960 mais il y avait encore du tirage et des vols. Ils nous volaient nos camions à nous autres, pas le mien, mais les camions de l’ONU on nous volait ça. Tous les soirs, ça tirait et ça tirait. Des soirs on se cachait, des fois même, il y a un gars qui était pris dans un bar et on a été obligés d’aller le chercher. Ça prenait des volontaires, ça tirait partout. J’ai dit je vais y aller moi, avec un autre. On est partis, on était toujours volontaires, on pensait jamais au danger.
Intervieweur : Vous êtes arrivé au Congo dans une époque où c’était dangereux d’être là?
Dangereux, parce qu’il y a des contingents après nous autres, c’est devenu moins dangereux. Je connais un gars qui dit qu’il n’est pas au courant de ça. Il y a un gars qui a été prisonnier 3 fois. C’est moi qui est allé le chercher 3 fois. La 4e fois, je n’ai jamais été capable d’aller le chercher. Il s’est fait pogner, c’était deux Canadiens et deux Danois dans une petite toilette pendant 24 heures. Dans ce temps-là, même des Canadiens se faisaient battre. Il y avait un capitaine de la cuisine il s’est fait battre, ils lui ont enlevé son revolver, lui ont enlevé les armes, ils ont marché nu pieds, ça faisait dur.