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Description
En entreprenant son long voyage de Kingston (Canada) jusqu’en Écosse, Roger Charbonneau nous raconte comment il a gagné beaucoup d’argent en jouant aux cartes.
Roger Charbonneau
Roger Charbonneau was born in Hull. In the spring of 1941, he enlisted in the Canadian Army. He did his basic training in Ottawa and then did his signalman’s course in Kingston. He fought in Europe, where he took part in many dangerous missions, including all of the Normandy Campaign and a mission in Nijmegen (Holland) where four of his comrades lost their lives.
Transcript
LA CHANCE DU DÉBUTANTSur le train, avant d'arriver à Halifax, on jouait aux cartes. J’ai parti de chez moi pour me rendre à Kingston. Puis de Kingston, là, j'ai pris le train, on commençait à jouer aux cartes. Et puis j'avais 11,80 dollars et quelques sous sur moi. C'est tout ce que j'avais d'argent canadien, j'avais donné le restant à mes parents. Puis j'ai gagné, j'ai gagné, j'ai gagné et puis on a embarqué sur le bateau puis j'ai gagné encore. Puis on a embarqué sur le train en Écosse puis j'ai gagné encore. Finalement, j’étais rendu j'avais 2800 quelques dollars canadiens que j'avais gagnés aux cartes. Les gars, ils commençaient à se douter que j'étais un sharp shooter, tu sais. J'ai dit : Non. J’ai dit : Je ne brasse pas moi, brassez vous autres. Je gagnais pareil, tu sais. Et puis là, j’ai été voir le colonel puis je lui ai demandé au colonel qu'est-ce que je devrais faire pour me débarrasser de ça, cet argent-là. Il dit : Give it to me! (rires!)J'ai dit : Non, non. J’ai dit : Je veux l'envoyer à mon père de quelque manière. Ça fait que là, il a appelé le paymaster et puis le paymaster, je lui ai donné l'argent, il m'a donné un reçu, il dit : Dans trois, quatre jours, ça va être rendu à votre père. Moi j’ai écrit une lettre, mais seulement que le paymaster d’Ottawa, il a reçu la lettre ou l'argent avant que la lettre aille à mon père. C'est quand mon père a reçu ça, la lettre. Il s'assoit avec ma mère puis : Qu'est-ce qu'il a fait? Il a-tu fait un méchant coup? Ma mère, elle disait : Bien non, voyons! Ton garçon, c'est un gars honnête, tu sais. Ça fait que quand il a été appelé pour aller chercher le chèque, ils ne lui ont pas dit que c'était un chèque. Il s'est assis, là, puis ils ont dit : Fumez-vous, Monsieur Charbonneau? Il dit : Oui. Bien, prenez une cigarette. Il a allumé une cigarette puis là ils lui ont tendu une enveloppe puis il y avait le chèque pour 2800. Oubliez pas que c'était de la grosse argent dans ce temps-là. Mais moi, pourquoi garder ou dépenser cet argent-là ou la changer en livres sterling? Je n'en avais pas de besoin en réalité. Mon père arrive avec ça à ma mère, tu sais, puis ma mère, elle dit : Qu'est-ce qu'il y a? Qu'est-ce qu'il y a? Il dit : Regarde, ton fils nous envoie 2800, un chèque. Là ma mère : Qu'est-ce qu'il a fait pour ça? Il ne peut pas travailler! Mon père a dit : Il a joué aux cartes puis il a gagné.Il y a un vieux proverbe qui dit beginner’s luck. Ça fait que je lui ai écrit après ça, deux, trois jours après, mon père a reçu ma lettre puis sur la lettre, je lui dis quoi faire pour l'argent. J’ai dit : Pour commencer papa, tu vas aller t'acheter un ca… un chapeau, un pardessus puis un bel habit puis des beaux… des belles bottes d'hiver. Tu vas faire la même chose à maman : un chapeau… Et dans ce temps-là, il y avait les manteaux de drap, mais avec une collerette de fourrure puis il y avait des manchons. Je ne sais pas si tu as vu ça un manchon. Il y avait des gants, mais ils mettaient ça là-dedans pour se tenir les mains chaudes, tu sais. Et puis mes deux sœurs, mon petit frère, bien il les a tous habillés et il restait un peu d'argent. Il a dit : Je ne lui dirai pas qu'il en reste. Il dit : On va garder ça mais qu’il revienne. Ils ont mis ça, il y avait à peu près 100 piastres, 125 piastres, ils l'ont mis à la banque et puis quand je suis revenu, un beau party que j'ai eu.