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Analyse documentaire portant sur la gestion de cas – Fondement pour poursuivre la recherche

Citation : Thompson J. M., MacLean MB, Pedlar D. Analyse documentaire portant sur la gestion de cas – Fondement pour poursuivre la recherche (Sommaire). Anciens Combattants Canada. Charlottetown. 12 Février 2009; 4 p.

Cat No. (papier) : V32-219/1-2009F
ISBN (papier) : 978-1-100-95560-5

Cat No. (PDF) : V32-219/1-2009F-PDF
ISBN (PDF) : 978-1-100-95561-2

La Direction de la recherche d’Anciens Combattants Canada (ACC) a entrepris cette analyse documentaire portant sur la gestion de cas en vue de se préparer à aider ACC dans le cadre des travaux de recherche à venir, au besoin.

Les questions de recherche ont été élaborées de concert par les auteurs avant d’entreprendre l’analyse et ont été modifiées pendant que l’analyse était en cours et à mesure que les enjeux se précisaient. Voici les questions de recherche :

  1. Que révèlent les données probantes publiées au sujet de la nature de la gestion de cas? Plus précisément :
    1. Quelles sont les définitions de la gestion de cas?
    2. Quelles sont les fonctions de la gestion de cas?
    3. Comment la gestion de cas est-elle organisée dans divers milieux et pour diverses affections physiques et mentales?
  2. Quelles orientations pourraient s’avérer utiles pour les recherches ultérieures dans le domaine de la gestion de cas à ACC?

    La présente analyse documentaire a été réalisée en collaboration avec une seule analyste de la santé ayant une longue expérience des organismes des gouvernements provinciaux et fédéral, un médecin agréé ayant acquis 20 années d’expérience médicale dans le domaine de la médecine familiale, et un chercheur dont la longue carrière à ACC comprend le contact direct avec les clients à titre de gestionnaire de cas. Nous avons effectué une recherche semi-systématique de la littérature en consultant la base de données PubMed et en utilisant le moteur de recherche Google, de même que les listes de références de divers rapports d’ACC et d’autres rapports. Nous avons inclus tous les types de littérature dans le cadre de la revue préliminaire, y compris des articles descriptifs, des avis d’un seul expert ou des énoncés d’avis consensuel de la part de divers experts, des rapports gouvernementaux non publiés et des publications évaluées par les pairs. Une attention particulière a été portée sur les évaluations critiques des données probantes effectuées par les pairs lorsqu’elles étaient disponibles. Nous avons eu tendance à exclure expressément les exemples d’approches de mise en oeuvre de la gestion de cas qui ne s’appliquaient pas directement à la prestation de services ou de soins de santé aux vétérans.

    Cette analyse documentaire était limitée. Les livres n’ont pas fait l’objet d’une recherche systématique, et il existe de nombreux écrits sur la gestion de cas. De très nombreux ouvrages portent sur l’efficacité, la sécurité et l’évaluation économique de la gestion de cas pour des milieux et des troubles très précis, et nous n’étions pas en mesure d’examiner tous ces documents en détail. Nous nous sommes plutôt concentrés sur les examens. Les données probantes ont été classées de façon informelle, selon une méthodologie normalisée, et la synthèse était narrative.

    Fonctions de base de la GC :

    1. Élaboration concertée d’un plan d’intervention individualisé.
    2. Suivi des progrès du client par rapport au plan d’intervention.
    3. Désengagement planifié.

    Comme c’est le cas pour d’autres domaines complexes de systèmes de soins de santé de conception moderne, la documentation sur la gestion de cas est un mélange de description et d’avis individuel et d’avis d’experts ayant fait consensus, étayés par des données probantes hétérogènes et par des preuves scientifiques incomplètes. Cette situation n’est pas différente de celle qui prévaut pour les approches globales en matière de gestion de l’invalidité (Thompson et MacLean 2009), sauf en ce qui concerne les données probantes sur la gestion de cas, où même les avis d’experts sont quelque peu fragmentés.

    Un consensus s’est toutefois dégagé en ce qui concerne les fonctions de base de la gestion de cas : élaboration concertée d’un plan d’intervention individualisé, suivi des progrès du client par rapport au plan d’intervention et désengagement planifié.

    Anciens Combattants Canada (ACC) offre des services de gestion de cas aux anciens combattants depuis la mise en oeuvre de la Charte des anciens combattants il y a 60 ans, soit lors de la Seconde Guerre mondiale, lorsque des auxiliaires médicaux sociaux et des officiers chargés des pertes militaires coordonnaient les services pour les clients et leurs familles. Des médecins de famille canadiens ont officialisé les concepts de la gestion de cas dans les années 1960 afin de créer la discipline de la médecine familiale, administrée par le Collège des médecins de famille du Canada. Au cours des années 1970, la gestion de cas pratiquée par les infirmières, les travailleurs sociaux et des personnes occupant d’autres professions a évolué afin de répondre aux besoins urgents des patients et des établissements de soins, des hôpitaux pour malades aigus, des systèmes de prestation de soins de santé mentale et des services d’indemnisation des accidentés du travail.

    Bien que les fonctions liées à la planification des interventions, au suivi et au désengagement soient les mêmes pour toutes les approches de mise en oeuvre de la gestion de cas, d’autres fonctions sont différentes.

    Il n’existe aucun modèle unique de gestion de cas, bien que tous les modèles reposent sur les mêmes fonctions de base, à savoir identification du client, rapports de collaboration entre le gestionnaire de cas et le client, évaluation des besoins, élaboration concertée d’un plan d’intervention, service de facilitation, collaboration interdisciplinaire, suivi du plan d’intervention et désengagement. Dans le plan d’intervention, on fait clairement la distinction entre la gestion de cas et les autres services de soutien. Les approches précises de mise en oeuvre varient en fonction de la nature de la clientèle et du milieu.

    La gestion de cas en matière de soins de santé ne relève d’aucune profession du domaine des soins de santé en particulier. Des infirmières, des travailleurs sociaux, des ergothérapeutes, des médecins et d’autres professionnels de la santé exercent diverses formes de gestion de cas. Pour certains, comme les médecins de famille, des normes ont été établies pour leur profession pour des types uniques de gestion de cas. La gestion de cas est normalisée au Canada et aux États-Unis par des associations régionales et nationales qui deviennent de plus en plus organisées, avec des examens d’accréditation.

    La GC est considérée par la majorité des experts comme un moyen efficace de promouvoir la santé des patients, des dispensateurs de soins et des familles devant composer avec des défis déconcertants liés à une foule de problèmes sociaux et de problèmes de santé physique et mentale dans des milieux très variés.

    On a eu recours à la gestion de cas dans des milieux très variés, tels que des hôpitaux, des services de consultation externe, des milieux de travail et des administrations militaires et des anciens combattants, pour venir en aide à des personnes qui doivent composer avec un large éventail d’affections physiques et mentales. Il y a un large consensus entre les experts, et des preuves scientifiques limitées, à l’appui de l’opinion selon laquelle, en général, une gestion de cas coordonnée axée sur le client et sur la collaboration peut être bénéfique pour des patients/clients ayant des problèmes de santé complexes, leurs familles et leurs dispensateurs de soins, de même que pour les organismes qui leur offrent des services. Les avantages pour les patients/clients peuvent comprendre un meilleur accès à des soins de santé de qualité, une satisfaction accrue, une amélioration de l’état de santé, et des résultats améliorés pour la famille et sur le plan social. Les avantages de la gestion de cas peuvent comprendre l’état de santé améliorée du client et des résultats améliorés sur le plan social, une prestation des services améliorée, une amélioration de l’efficacité de l’utilisation des ressources, et une conformité optimale entre la prestation des services et les objectifs de l’organisation.

    Les données probantes sur la rentabilité du processus de GC sont de nature variée et concernent principalement un seul aspect : des problèmes graves de santé mentale.

    Il y a peu d’écrits sur l’évaluation économique de la gestion de cas, et aucun examen systématique sur la qualité des évaluations n’est disponible. Des sommaires de neuf articles trouvés dans la base de données PubMed comprenant une analyse de coûts ont été examinés; seulement quatre d’entre eux étaient des évaluations économiques complètes, c.-à-d. une analyse des coûts et des conséquences. Bon nombre d’entre eux n’étaient que de simples descriptions des coûts. Les données probantes sur la rentabilité du processus de gestion de cas sont de nature variée et concernent principalement un seul aspect : des problèmes graves de santé mentale. La qualité du nombre restreint d’évaluations économiques est inconnue puisqu’il faudrait procéder à un examen complet de la qualité pour la connaître.

    Les approches de mise en oeuvre de la gestion de cas d’ACC pour les programmes modernes, tels qu’ils sont décrits dans le Manuel des politiques – Programme pour anciens combattants, volume 1, sont conformes aux données probantes relevées dans le cadre de la présente analyse documentaire. Bien qu’elle n’ait pas été nommée gestion de cas en 1945, l’approche du ministère des Anciens Combattants en matière de réadaptation pour les anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale était également conforme aux principes reconnus plus tard comme étant ceux de la gestion de cas moderne.

    Autres pistes de recherche :

    1. Méthode pour recenser les clients ayant besoin de services de GC.
    2. Recours à la casuistique (groupes de clients).
    3. Adoption d’un plan de traitement unique.

    Cette analyse documentaire nous a fourni un fondement pour suggérer trois pistes de recherche ultérieure éventuelle, à savoir : le recensement des clients susceptibles de tirer profit de la gestion de cas; l’administration des programmes de gestion de cas en ayant recours à la casuistique (groupes de clients); et des façons de contribuer à l’élaboration d’un plan de traitement unique, en collaboration avec d’autres organismes qui fournissent également des services de gestion de cas à des patients/clients communs.

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