Revenu avant et après la libération : Études sur la vie après le service militaire 2016 – Sommaire

Objectif

Cette étude sur le revenu des vétérans est une composante du programme de recherche Études sur la vie après le service militaire, qui vise à comprendre la transition de la vie militaire à la vie civile. Le présent rapport décrit les tendances du revenu, avant et après la libération, pour les vétérans de la Force régulière et leur famille.

Méthodes

Statistique Canada a produit des tableaux agrégés à partir d'un couplage de dossiers sur les libérations militaires, sur la situation des clients d'Anciens Combattants Canada et sur les fichiers d'impôts pour 42 645 vétérans de la Force régulière libérés entre 1998 et 2014. Le revenu des vétérans (avant impôt) a été examiné pour l'année précédant la libération, la période moyenne de trois ans après la libération, et jusqu'à 16 ans après la libération. Des données sur le revenu imposable ont été recueillies, à l'exclusion des prestations d'invalidité versées par Anciens Combattants Canada (ACC).

Résultats

La cohorte de la Force régulière de la population à l'étude était principalement constituée d'hommes (87 %) et la majorité d'entre eux étaient âgés de 30 ans et plus (73 %), comptaient 20 ans de service ou plus (54 %), étaient des militaires du rang (MR) subalternes ou supérieurs à la libération (57 %), et n'étaient pas des clients d'ACC (63 %).

Le revenu moyen pour l'année précédant la libération était de 65 470 $ (en dollars constants de 2014), augmentait durant l'année de la libération, ce qui était en grande partie attribuable à l'indemnité de départ, puis diminuait l'année suivante, passant à 62 040 $. Le revenu d'après la libération rejoignait le revenu d'avant la libération trois ans après celle ci et continuait d'augmenter. Les gains d'après la libération étaient la principale source de revenus, suivis des pensions et des transferts du gouvernement. Même si les transferts du gouvernement (assurance-emploi, aide sociale, supplément de revenu garanti) augmentaient après la libération, leur réception était généralement temporaire.

La diminution moyenne du revenu pour les membres de la Force régulière, à partir de l'année précédant la libération jusqu'à trois ans après la libération, était de 3 %. Les vétérans de sexe féminin avaient subi une baisse de 21 % de leur revenu, comparativement à une diminution de 1 % chez les vétérans de sexe masculin. Les vétérans de sexe féminin ne gagnaient qu'environ 60 % de ce que gagnaient leurs homologues masculins, quel que soit leur secteur d'emploi (sauf l'exploitation minière). Les vétérans libérés pour des raisons médicales (19 %) et ceux qui ont servi de 2 à 9 ans (16 %) ont également connu des baisses de revenu plus marquées.

Le taux de faible revenu atteignait un point culminant (6 %) durant la première année suivant la libération, avant de redescendre graduellement à 3 % quelques années après la libération. La majorité des vétérans (15 %) ayant connu une situation de faible revenu au moins un an après la libération n'étaient pas des clients d'ACC. Les vétérans ayant été libérés à titre de recrues (38 %), pour des raisons involontaires (37 %) ou ayant servi pendant moins de deux ans (37 %) sont ceux qui ont connu les taux les plus élevés de faible revenu au moins une année après leur libération. Toutefois, les taux de faible revenu se sont avérés passablement faibles chez les vétérans ayant été libérés à l'âge de la retraite (1 %), ceux qui étaient âgés de 50 ans et plus à la libération (2 %) et les officiers supérieurs (2 %).

La grande majorité (93 %) des vétérans gagnaient des revenus d'emploi après la libération. Chez les vétérans qui participaient au marché du travail, ceux qui avaient les revenus moyens les plus élevés exerçaient des professions médicales avant la libération, et ceux qui avaient les revenus les plus faibles faisaient partie du groupe professionnel des armes de combat. Le premier employeur des vétérans était la fonction publique, comptant pour plus du tiers des emplois occupés par des vétérans qui travaillaient au cours de l'année suivant la libération. On a constaté de grandes variations au chapitre des revenus d'emploi dans l'ensemble des industries. Ceux qui travaillaient dans les secteurs de l'exploitation minière, des services publics et des services professionnels ont affiché les gains les plus élevés, tandis que ceux qui travaillaient dans les secteurs des services d'hébergement et de restauration, du commerce de détail et de l'agriculture affichaient les gains les plus faibles. Il n'était pas rare que les vétérans changent d'employeurs – moins de la moitié des vétérans ont travaillé pour le même employeur au cours des trois premières années suivant la libération.

Les familles des vétérans de la Force régulière misent en grande partie sur le revenu à titre de vétéran tant avant qu'après la libération, le revenu de vétéran comptant pour 70 % du revenu familial total. Le revenu du conjoint a augmenté de 11 % pour passer de 33 000 $ au cours de l'année précédant la libération du vétéran à près de 37 000 $ en moyenne, au cours des trois premières années suivant la libération. De nombreuses familles avaient vécu un changement de situation pendant les trois premières années après la libération, près d'un répondant sur dix ayant divorcé et un sur cinq s'étant marié ou ayant commencé à avoir des enfants.

Les vétérans qui ont terminé le Programme de réadaptation d'ACC avaient récupéré l'équivalent de presque tout leur revenu d'avant la libération au cours des deux premières années après avoir suivi le programme et, à la longue, leur revenu total excédait celui d'avant la libération. Cependant, les revenus d'emploi n'ont atteint que 50 % des taux de remplacement du revenu.

Les taux de remplacement des revenus d'emploi chez les jeunes vétérans handicapés étaient beaucoup moins élevés que ceux de leurs homologues non blessés. Le taux de remplacement des revenus d'emploi chez les vétérans âgés de moins de 40 ans qui ne recevaient pas de prestations d'invalidité était de 135 %, tandis que le taux de remplacement chez les vétérans qui recevaient des prestations d'invalidité était de 41 % à 91 %. Cependant, la récupération des revenus était plutôt polarisée. Bon nombre de ceux dont les évaluations indiquaient une invalidité légère connaissaient un faible taux de récupération des revenus d'emploi (moins de 50 %) et bon nombre de ceux dont l'évaluation de l'invalidité était très élevée connaissaient des taux élevés de récupération des revenus (supérieurs à 100 %).

Conclusion

En général, le revenu des vétérans après la libération n'avait presque pas diminué, et bien peu d'entre eux ont connu une baisse de revenus après la libération. Certains groupes, comme les vétérans plus âgés et les officiers supérieurs, étaient peu susceptibles d'avoir un faible revenu. Toutefois, la situation de plusieurs groupes justifie des recherches plus poussées et un examen plus approfondi, notamment celle des femmes, des jeunes vétérans, des vétérans libérés pour des raisons médicales et des vétérans qui ont participé au Programme de réadaptation.

Date de modification :