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Description
Après avoir servi un peu plus de deux ans sur quelques bateaux dans la mer des Caraïbes, M. Lemieux revient au Canada, s’inscrit au dépôt d’équipage Viger de Montréal et se retrouve rapidement dans le bassin de Bedford (Nouvelle-Écosse), à bord du navire marchand Bloomfield Park.
Transcript
Lorsque le convoi a été formé, le lendemain on est parti, et puis on avait chacun nos positions.Tu sais comment ça marchait dans un convoi là, t’avais le commodore, le commodore là ça c’était le bateau marchand lui qui faisait le, qui… la navigation. Pis, après ça là, si j’étais à gauche du commodore moi là, là, ma seule chose que j’avais à faire c’était de me tenir en ligne avec, durant, à une certaine distance. Pis l’autre qui était à côté de nous autres, après nous autres. Fait qu’on s’en allait toutes comme ça. Pis l’autre bord là, c’était, à droite. La même chose, mais une autre aile. Pis celui qui était en arrière du commodore là, lui il gardait sa distance avec le commodore, pis les autres gardaient les distances avec celui qui était en arrière du commodore, pour garder l’ordre dans ça, dans le convoi.Les bateaux, les corvettes étaient sur le bord, les destroyers étaient en avant qui patrouillaient en arrière, et puis c’est comme ça qu’on s’en allait.Mais au large d’Islande, on a pogné une tempête. Quand je vous dis une tempête, là s’en était une vraie. Trois jours de temps pas de cook dans’cuisine. Y’était impossible de faire de cookery là, tu… le bateau prenait des bandes à peu près comme ça. Tu pouvais mettre un pied su’l mur pis un pied su’l plancher.Pour manger, ben on s’en allait dans’cuisine pis on se prenait un pain pis un pot de beurre de peanut, on se croisait les jambes comme ça, alentour du poteau de la table qui était vissé dans le plancher, pour pas se ramasser dans’murs.Pis là, lorsqu’on avait assez mangé, on réussissait à se rendre à notre poste de travail de peine et de misère.Fait que là, au bout de trois jours là, le temps s’est calmé, et puis on a continué vers l’Angleterre. Pis lorsqu’à peu près à une centaine de milles de l’Angleterre, les navettes anglaises sont venues à notre rencontre. Et puis y’avaient des ballons, des gros ballons là, soufflés au gaz, avec un wire après les navettes anglaises. Ils venaient nous porter ça à bord pis là, là, c’était à peu près deux-cents pieds au-dessus du bateau là. Toutes les bateaux avaient ces ballons-là au-dessus là.Ça c’était pour empêcher les avions allemands de voler bas, un low flying pour pouvoir avoir une cible plus, plus juste. Ça pouvait couper les ailes pis ça pouvait endommager l’hélice. Y’en avait d’ailleurs partout au-dessus de l’Angleterre.